PARIS : Vie démocratique – La suppression des CESER s…
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PARIS : Vie démocratique – La suppression des CESER suscite l’indignation de la société civile
Le vote par le Parlement de la suppression des Conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux provoque la vive inquiétude de la Ligue de l’enseignement.
La simplification de la vie économique aura-t-elle raison des espaces de concertation citoyenne ? C’est la question qui secoue de nombreux acteurs de la société civile après le vote intervenu ce mardi 14 avril à l’Assemblée nationale. Dans le cadre du projet de loi de simplification de la vie économique, les parlementaires ont adopté, par 275 voix contre 225, la suppression pure et simple des Conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux (CESER).
Cette décision, loin de passer inaperçue, a immédiatement déclenché une vague de réactions, dont celle, particulièrement ferme, de la Ligue de l’enseignement. Ce mouvement historique d’éducation populaire, laïque et apartisan, a exprimé dans un communiqué sa profonde consternation face à ce qu’il considère comme une atteinte directe aux fondements de la démocratie participative.
Une décision jugée « déplorable »
Pour la Ligue de l’enseignement, cette suppression est un signal extrêmement négatif envoyé aux corps intermédiaires qui animent le débat public. « La Ligue de l’enseignement […] déplore cette décision », affirme l’organisation, qui y voit la manifestation d’un « mépris vis-à-vis des corps intermédiaires et des contre-pouvoirs ».
Jusqu’à présent, les CESER constituaient des assemblées consultatives uniques en leur genre au niveau régional. Composés de représentants d’entreprises, de syndicats, d’organismes et d’associations, ils avaient pour mission d’éclairer les décisions des Conseils régionaux par leurs avis et leurs études sur les grands enjeux locaux. Pour le premier réseau associatif d’éducation populaire en France, ces instances étaient de « véritables instances de démocratie participative », essentielles à la vitalité du dialogue entre les élus, les institutions et les forces vives des territoires.
La démocratie, un coût ou un investissement ?
L’argument principal avancé par les partisans de la suppression repose sur le coût de fonctionnement de ces assemblées et la volonté de rationaliser les structures administratives. Une justification que la Ligue de l’enseignement balaye d’un revers de main, en posant une série de questions fondamentales qui résonnent bien au-delà du seul cadre législatif. « Est-ce la démocratie qui coûte ? Peut-on réduire l’exercice démocratique à un facteur de complexification ? », s’interroge le mouvement.
Ces interrogations ouvrent un débat plus large sur la place accordée à la parole citoyenne dans l’élaboration des politiques publiques. En supprimant les CESER, quelles seront les conséquences pour le dialogue entre les citoyens et leurs institutions ? Comment s’assurera-t-on que la voix des millions de bénévoles et de professionnels du secteur associatif sera toujours entendue et prise en compte ?
Quel avenir pour la concertation ?
Face à ce qui est perçu comme un affaiblissement des structures de concertation, la Ligue de l’enseignement se positionne en première ligne pour défendre un modèle de société où le débat et la co-construction sont la norme. En se proposant de mettre à disposition ses porte-parole, l’organisation entend bien peser dans le débat public et obtenir des réponses claires sur l’avenir des espaces démocratiques en France. La suppression des CESER pourrait ainsi n’être que le début d’une profonde remise en question de l’architecture du dialogue social et citoyen à l’échelle régionale.
via Press Agence.


