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KEHL : Locations touristiques – L’Europe impose…

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KEHL : Locations touristiques – L’Europe impose de nouvelles règles aux plateformes

Un règlement européen impose dès aujourd’hui plus de transparence aux locations touristiques, annonce le CEC France depuis Kehl.

À l’approche des vacances d’été, un nouveau règlement européen entre en application ce 20 mai 2026, visant à mieux encadrer le marché de la location touristique de courte durée. Portée par une volonté d’harmonisation et de transparence, cette législation impose de nouvelles obligations aux plateformes comme aux propriétaires, avec des conséquences directes pour les voyageurs. Le Centre Européen des Consommateurs (CEC) France, situé à Kehl, ville allemande frontalière de Strasbourg, décrypte ces changements majeurs destinés à assainir un secteur souvent opaque.

Un numéro d’enregistrement pour plus de fiabilité

La principale innovation de ce règlement réside dans l’uniformisation des systèmes d’enregistrement des logements. Si la nouvelle réglementation ne crée pas une obligation générale d’enregistrement à l’échelle de l’Union, elle stipule que, lorsqu’une telle obligation existe au niveau national, régional ou local, les procédures doivent désormais respecter des normes communes. Concrètement, chaque hôte concerné se verra attribuer un numéro d’enregistrement unique, qui devra être clairement affiché sur toutes ses annonces en ligne.

Cette mesure vise à donner aux autorités publiques une meilleure visibilité sur l’activité de location et à lutter contre les annonces illégales qui exacerbent la pression immobilière dans les zones touristiques. Des destinations prisées comme l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce imposent déjà une obligation nationale d’enregistrement.

En France, la situation est plus nuancée : l’enregistrement est obligatoire pour toutes les résidences secondaires mises en location. Certaines communes très touristiques, comme Annecy, Strasbourg ou Cannes, ont étendu cette obligation aux résidences principales. La présence de ce numéro devient donc un premier gage de conformité et de sérieux pour le consommateur.

Plateformes en ligne : une responsabilité accrue

Le règlement met également les plateformes de réservation (Airbnb, Booking, Abritel, etc.) face à leurs responsabilités. Elles ne sont plus de simples intermédiaires passifs. Désormais, elles doivent s’assurer de la fiabilité et de l’exhaustivité des informations fournies par les loueurs, notamment en vérifiant la validité du numéro d’enregistrement. Des contrôles aléatoires devront être effectués.

Si une annonce non conforme est signalée, les autorités locales pourront exiger de la plateforme son retrait ou sa suspension immédiate. Pour les voyageurs, cette évolution est une garantie supplémentaire contre les arnaques et les logements non déclarés. Le risque, cependant, est de voir sa réservation annulée à la dernière minute si le logement se révèle non conforme. Dans ce cas, le CEC France précise que le voyageur est en droit de réclamer un remboursement complet auprès de la plateforme, mais devra trouver une solution de relogement par ses propres moyens.

Conseils pratiques pour une réservation sereine

Face à ce nouveau cadre, la vigilance reste de mise lors de la réservation. Le Centre Européen des Consommateurs recommande plusieurs vérifications.

D’abord, contrôler la présence du numéro d’enregistrement, qui, même lorsqu’il n’est pas obligatoire, atteste de la bonne foi du loueur. Il est également conseillé de ne pas se fier uniquement aux avis et aux étoiles affichés sur les plateformes. « N’hésitez pas à regarder sur d’autres sites et forums si d’autres vacanciers ont donné des appréciations », souligne le CEC France.

D’autres réflexes peuvent éviter les mauvaises surprises : vérifier l’adresse exacte du bien sur un service de cartographie en ligne ou utiliser la recherche d’images inversée pour s’assurer que les photos ne sont pas issues d’une autre annonce. Il est également judicieux de contacter directement le propriétaire ou l’hôtelier. Le règlement européen Digital Markets Act (DMA) autorise désormais les professionnels à proposer des offres plus avantageuses en dehors des plateformes.

Enfin, concernant le paiement, il est crucial de privilégier les sites sécurisés (adresse en « https:// » avec un cadenas) et de se méfier des demandes de virement vers un compte bancaire à l’étranger dont le titulaire n’est pas le propriétaire. Le règlement Digital Services Act (DSA) impose par ailleurs aux plateformes d’identifier clairement l’hôte, une information essentielle en cas de litige.

Le Centre Européen des Consommateurs France, qui appartient au réseau ECC-Net, offre information et assistance aux consommateurs français pour leurs litiges avec un professionnel basé en Europe. Plus d’informations sont disponibles sur leur site officiel.