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JÉRUSALEM : Arab BARGHOUTI : « Le seul moyen de lui sauver…

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JÉRUSALEM : Arab BARGHOUTI : « Le seul moyen de lui sauver la vie est d’exiger sa libération immédiate »

L’avocat et le fils du leader palestinien emprisonné Marwan Barghouti dénoncent de violentes agressions et demandent sa libération immédiate.

À la veille du 24ème anniversaire de son incarcération, le 15 avril, la situation de Marwan Barghouti, figure emblématique de la cause palestinienne, suscite les plus vives inquiétudes. Son avocat a révélé, à l’issue d’une visite le 12 avril, que son client avait subi trois agressions violentes au cours des dernières semaines, jetant une lumière crue sur les conditions de détention dans les prisons israéliennes.

Un schéma de violences répétées

Les faits rapportés par la défense dessinent une escalade inquiétante. Le 8 avril dernier, à la prison de Ganot, Marwan Barghouti aurait été sévèrement battu, laissé ensanglanté pendant plus de deux heures et privé des soins médicaux qu’il réclamait. Auparavant, le 25 mars, il aurait été agressé lors d’un transfert entre les prisons de Megiddo et Ganot. La veille, le 24 mars, une unité de gardiens accompagnée d’un chien serait entrée dans sa cellule à Megiddo. L’avocat rapporte que Barghouti a été plaqué au sol et que le chien l’a attaqué à plusieurs reprises.

Ces événements s’ajoutent à une longue liste d’abus documentés depuis octobre 2023, incluant des passages à tabac, des transferts punitifs constants et un isolement prolongé qui ont considérablement affaibli son état de santé. En septembre 2024, une agression lui aurait causé des côtes fracturées et de multiples blessures.

« Un risque immédiat de préjudice grave ou de mort »

Pour son avocat, Ben Marmarelli, la vie de son client est directement menacée. Il dénonce un traitement qui met en péril son intégrité physique et psychologique.

« Ces récentes attaques s’inscrivent dans un schéma d’abus qui s’intensifie rapidement : la violence, la négligence médicale et l’isolement cellulaire prolongé exposent mon client à un risque immédiat de préjudice grave ou de mort. Tant que Marwan sera détenu dans une prison israélienne, il n’y aura aucun moyen de garantir sa sécurité. Dans une atmosphère où Israël est encouragé dans ses abus envers les prisonniers, la seule façon de protéger Marwan est d’obtenir sa libération immédiate », a commenté Ben Marmarelli.

L’appel de la famille face à un « système carcéral forcené »

Cet appel à la libération est relayé avec force par la famille du prisonnier. Son fils, Arab Barghouti, exprime le cauchemar vécu par ses proches et pointe la responsabilité directe des autorités pénitentiaires, supervisées par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir. Ce dernier, qui fait l’objet de sanctions de la part du Royaume-Uni, du Canada et d’autres pays pour ses incitations à la violence, a été filmé menaçant directement Marwan Barghouti dans sa cellule.

« Depuis 24 ans, mon père est emprisonné pour avoir cru en la liberté de la Palestine et en une paix juste. Cette conviction est son seul crime — et aux yeux de ses geôliers, elle justifie un châtiment sans fin : agressions, chiens d’attaque, années d’isolement cellulaire. Aucune famille ne devrait vivre ce cauchemar. Il est clair qu’il n’y a aucune protection pour lui dans ce système carcéral forcené supervisé par Ben Gvir, un homme qui a publiquement appelé à la mort de mon père. Le seul moyen de lui sauver la vie est d’exiger sa libération immédiate, avant qu’il ne soit trop tard », a déclaré Arab Barghouti.

Un prisonnier au statut politique international

Souvent qualifié de « Mandela palestinien », Marwan Barghouti est considéré comme le leader politique le plus populaire de Palestine. Arrêté le 15 avril 2002 à Ramallah, il a été condamné à l’issue d’un procès largement dénoncé par la communauté internationale comme étant inéquitable et politiquement motivé. L’Union Interparlementaire, qui représente plus de 180 parlements nationaux, avait conclu à de « nombreuses violations du droit international », rendant impossible de considérer que M. Barghouti avait bénéficié d’un procès équitable (http://archive.ipu.org//hr-e/190/Pal02.htm).

Ces récentes agressions s’inscrivent dans un contexte de violence accrue contre les prisonniers palestiniens. Récemment, un expert de l’ONU a averti que les mauvais traitements étaient devenus une « doctrine d’État » en Israël, transformant « les prisons en instruments de génocide et de torture ».