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PARIS : Intelligence Artificielle – L’usage de…

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PARIS : Intelligence Artificielle – L’usage de l’IA a plus que doublé en un an dans les entreprises

Une étude Odoxa pour Saegus révèle une explosion de l’IA en entreprise, mais la formation et la confiance peinent à suivre ce rythme effréné.

À l’occasion du Saegus Summit qui se tient ce mardi 14 avril sur le thème « l’IA : dites-le avec démos », l’institut Odoxa dévoile une enquête exclusive pour Saegus qui met en lumière une adoption massive de l’intelligence artificielle dans le monde du travail. En l’espace d’un an seulement, la part des salariés français utilisant l’IA a plus que doublé, passant de 12 % à 26 %. Cette croissance spectaculaire s’accompagne toutefois de défis majeurs en matière de formation, de gouvernance des données et de craintes grandissantes pour l’emploi.

Une adoption fulgurante mais désordonnée

Le sondage, réalisé auprès de 1 000 salariés utilisant l’IA, montre une démocratisation rapide de ces outils. La dynamique est particulièrement forte chez des populations jusqu’ici plus en retrait : l’usage a été multiplié par trois chez les femmes et par plus de quatre chez les 50 ans et plus.

Cependant, les entreprises peinent à encadrer ce déploiement. Alors que 44 % des utilisateurs avaient reçu une formation de leur entreprise en 2025, ils ne sont plus que 26 % en 2026. Si le nombre total de salariés formés progresse légèrement en volume (passant de 5 % à 7 % de l’ensemble des salariés), la proportion d’utilisateurs livrés à eux-mêmes explose. Conséquence directe : 61 % des usagers déclarent se servir de l’IA sans aucune formation, et 79 % ont recours à des outils qui ne sont pas fournis ou validés par leur employeur. L’IA générative (création de texte, image, code) reste l’usage principal et progresse encore (59 %, +5 points), devant l’automatisation des tâches administratives (38 %) et l’analyse de données (34 %).

Un potentiel encore largement sous-exploité

Malgré cette expansion rapide, le sentiment général est que le meilleur reste à venir. Une écrasante majorité des utilisateurs (92 %) est convaincue de n’exploiter qu’une partie du potentiel de l’IA. Cette perception est partagée par les entreprises, puisque 51 % des salariés estiment que leur direction va continuer à encourager l’usage de l’IA, contre seulement 12 % qui anticipent des restrictions.

Un exemple concret de cette marge de progression est la création d’agents IA personnalisés : seuls 17 % des utilisateurs s’y sont déjà essayés. Ce chiffre double (33 %) parmi les salariés ayant bénéficié d’une formation en entreprise, soulignant le rôle crucial de l’accompagnement pour débloquer des usages plus avancés et à plus forte valeur ajoutée.

Craintes croissantes et plébiscite pour la régulation

Cette démocratisation s’accompagne d’inquiétudes de plus en plus vives. La principale crainte concerne l’utilisation des données : 57 % des usagers avouent ne pas savoir comment sont traitées les informations qu’ils soumettent via leurs prompts, un chiffre en hausse de 14 points en un an. L’inquiétude pour l’emploi est également en forte hausse : 62 % des Français (+5 pts) et 53 % des utilisateurs (+8 pts) pensent que l’IA détruira plus d’emplois qu’elle n’en créera.

Face à ces risques, le cadre réglementaire européen, l’IA Act, est très bien accueilli. Loin d’être perçu comme un frein, il est soutenu par 75 % des utilisateurs qui le jugent utile, voire « indispensable » pour 79 % d’entre eux afin de garantir la sécurité et la confidentialité. Enfin, l’étude révèle la domination des outils non-européens (utilisés par 83 % des usagers contre 38 % pour les IA européennes), la performance (79 %) et le coût (55 %) primant largement sur le critère de la nationalité (29 %).

L’enquête complète est disponible en téléchargement sur le site d’Odoxa (https://www.odoxa.fr/wp-content/uploads/2026/04/Odoxa-pour-Saegus-Mars-2026.pdf).