PARIS : Prix «Le choix des familles», Sarah El HAIRY salue…
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PARIS : Prix «Le choix des familles», Sarah El HAIRY salue ceux qui sont entrés en résistance
Face à la montée de la culture « no kids », la Haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Hairy a distingué 50 établissements qui font le pari audacieux et exigeant de l’accueil familial.
C’est un discours aux allures de manifeste qu’a prononcé Sarah El Hairy, ce lundi 2 février 2026. Venue récompenser 50 établissements lauréats du prix « Le Choix des Familles », la Haute-commissaire à l’Enfance n’a pas mâché ses mots face aux professionnels de l’hôtellerie et de la restauration réunis pour l’occasion. Dans un secteur parfois tenté par la segmentation et le calme absolu, elle a tenu à valoriser une autre voie : celle du vivre-ensemble.
Contre la culture de l’exclusion.
« Depuis quelques années, une tendance s’installe », a constaté Sarah El Hairy. Sous couvert de termes marketing comme « confort » ou « expérience premium », une réalité plus crue émerge : celle de l’exclusion progressive des enfants. C’est ce qu’on appelle la culture du « no kids », où les plus jeunes sont tolérés à peine, voire indésirables.
Face à cette lame de fond, la Haute-commissaire a salué l’engagement des lauréats présents : « Volontairement ou involontairement, vous êtes entrés en Résistance ». En acceptant les familles, ces professionnels affirment que les enfants ne sont pas une nuisance, mais la vie même. Ce prix, basé sur la parole directe des parents, ne récompense pas un simple tampon administratif, mais un ressenti sincère : celui de ne pas être « de trop ».
Une exigence professionnelle et humaine.
Loin de l’image d’Epinal, l’accueil des familles représente un véritable défi RH et opérationnel pour les équipes en salle, en cuisine ou à la réception. Sarah El Hairy a tenu à rappeler la réalité du terrain : « Un enfant, ça bouge. Ça parle. Ça pose des questions. Ça vit ».
Choisir d’accueillir plutôt que d’exclure demande une technicité et une patience particulières. Cela implique « une chaise haute de plus, un espace pensé intelligemment, un personnel formé ». C’est une « bienveillance assumée » même lorsque le service est bousculé. Pour la Haute-commissaire, cette approche n’est pas une perte de qualité, bien au contraire : « C’est élever le niveau d’exigence ». Dans un contexte de tension sur les métiers de service, ce discours redonne ses lettres de noblesse à l’hospitalité : l’humain prime sur la facilité.
Un message de société face aux dérives.
Le discours a également pris une tournure politique et sociétale. Sarah El Hairy a profité de cette tribune pour égratigner la SNCF et ses récents débats sur le confort lié à l’absence d’enfants. « Quand une grande entreprise publique laisse entendre que le confort pourrait passer par l’absence d’enfants (…) c’est un message sociétal », a-t-elle déploré, refusant une vision où le progrès se construirait en rendant les plus jeunes invisibles.
Pour les professionnels distingués, l’enjeu dépasse donc la simple logique économique. Accueillir un enfant aujourd’hui, c’est peut-être accueillir le futur chercheur qui trouvera un traitement contre Alzheimer ou « un nouveau Pasteur ». C’est surtout refuser de segmenter la société.
Une coalition pour l’avenir du tourisme.
Pour pérenniser cette dynamique, Sarah El Hairy a annoncé la signature d’un partenariat stratégique avec le label « Famille Plus ». Porté par l’Association nationale des élus des territoires touristiques (ANETT), ce label fédère déjà plus de 3 000 commerçants engagés sur 102 territoires, de la mer à la montagne.
En rejoignant ce mouvement, les lauréats intègrent une véritable « coalition » d’acteurs. Une manière de prouver, comme l’a conclu la Haute-commissaire, que l’excellence touristique et la bienveillance familiale ne sont pas incompatibles, et que ces établissements ont choisi « le bon côté de l’histoire ».