PARIS : Marcel ZELMANOVITCH : « S’imprimer, comme les…
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PARIS : Marcel ZELMANOVITCH : « S’imprimer, comme les traces d’un passage »
La Galerie Diurne présente jusqu’au 28 février les œuvres de Marcel Zelmanovitch et Patrick Lainville dans une exposition dialogue sur la trace et la mémoire.
Il ne reste plus que quelques semaines pour découvrir l’exposition « Les ombres sur les murs » à la Galerie Diurne, au cœur de Saint-Germain-des-Prés. Jusqu’au 28 février 2026, les trois espaces de la galerie, situés aux 45, 50 et 52 de la rue Jacob, accueillent un dialogue saisissant entre les tapis tableaux et peintures de Marcel Zelmanovitch et les sculptures de fer de Patrick Lainville. Une exploration poétique de la trace, du temps et de la lumière.
Le tapis tableau, une signature artistique
Fondateur de la Galerie Diurne en 1982, Marcel Zelmanovitch est un artiste peintre et créateur textile qui explore depuis plus de quarante ans le lien entre la peinture et la matière. De cette recherche est né le concept de « tapis-tableaux », de véritables œuvres d’art tissées comme des toiles, destinées à être accrochées au mur. Pour maîtriser entièrement son processus créatif, il a développé son propre atelier à Katmandou, lui offrant une liberté totale dans l’exploration des fibres, des matières et des nuances. La Galerie Diurne est devenue une référence dans le monde des arts décoratifs, affirmant son identité autour d’un langage esthétique inspiré de l’abstraction française des années 1950 et de l’art primitif.
Une quête de la trace, de la préhistoire à l’intime
La série « Les ombres sur les murs », dessinée en 2023, trouve son origine dans une réflexion profonde de l’artiste sur la notion de trace, mêlant inspiration préhistorique et expérience personnelle. Marcel Zelmanovitch livre un témoignage poignant sur la genèse de ces œuvres, nées d’une prise de conscience de la fragilité de l’existence.
« Il y a quelque temps j’ai reçu d’assez mauvaises nouvelles de ma santé. Pour m’oublier un peu j’ai travaillé l’exposition que je présente dans nos galeries de la rue Jacob. J’ai réalisé une série de dessins simples dont certains pourraient être des signes laissés sur des murs par de lointains ancêtres, et j’ai reproduit toute la série sur un beau papier légèrement rugueux un peu comme une pierre lissée par le temps. Dans un deuxième temps, j’ai peint certains dessins de la série sur une toile de jute brute. Enfin, les autres dessins de la série ont été tissés dans nos ateliers avec des techniques et des matériaux différents pour chaque modèle. Bref, toute notre expérience de 43 ans d’artisanat du tapis pour donner une autre vie à ces dessins. Le tout comme les traces d’un passage », explique Marcel Zelmanovitch.
Cette volonté de « s’imprimer » plutôt que de simplement « s’exprimer », inspirée par la grotte de Pech-Merle et les œuvres laissées par nos ancêtres, confère à l’exposition une dimension universelle et émouvante.
Le cycle du jour et de la nuit
En parallèle de cette série, la galerie du 52 rue Jacob expose un diptyque intitulé « presque le jour, presque la nuit ». Ces deux peintures captent les instants fugaces de l’aube et du crépuscule, lorsque la lumière sculpte ou efface le paysage.
« Ces moments-là, presque la nuit et presque le jour, m’ont fait percevoir la manière dont la lumière façonne notre perception des choses. […] C’est le plus quotidien, le plus banal et le plus éternel des mouvements. Le rythme de notre vie », précise l’artiste.
Patrick Lainville, la force du fer en dialogue
Pour accompagner ses œuvres textiles et picturales, Marcel Zelmanovitch a de nouveau invité le sculpteur Patrick Lainville. L’artiste salue le travail de ce « forgeron, artisan, artiste et créateur » qui façonne le fer avec une force physique brute, tout en y insufflant une finesse inattendue. Les sculptures de Lainville, puissantes et verticales, offrent un contrepoint saisissant à la douceur des tissages.
« Ils seront le contrepoint générateur d’équilibre entre la douceur des tissages et la force du fer », souligne Marcel Zelmanovitch.
Ce dialogue entre les matières et les techniques enrichit la thématique de la trace, ancrant l’exposition dans une dualité entre pérennité et éphémère.
Informations pratiques :
Exposition « Les ombres sur les murs » jusqu’au 28 février 2026.
Galerie Diurne, 45-50-52 rue Jacob, 75006 Paris.
Ouvert du lundi au samedi de 10h30 à 18h30.
Pour plus d’informations : www.diurne.com et www.marcel-zelmanovitch.com.