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PARIS : France-Algérie – Le mouvement Peuple Pied-Noi…

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PARIS : France-Algérie – Le mouvement Peuple Pied-Noir dénonce une réconciliation sans mémoire

Le mouvement Peuple Pied-Noir réagit à la volonté de réconciliation d’Emmanuel Macron avec Alger et exige la reconnaissance de ses droits historiques.

Dans un communiqué publié ce mercredi 6 mai 2026, le mouvement Peuple Pied-Noir (PPN) a vivement réagi aux récentes déclarations du président de la République concernant les relations franco-algériennes. L’association, qui représente une partie des Français rapatriés d’Algérie et leurs descendants, exprime son « étonnement » face à la confirmation de la volonté d’Emmanuel Macron de poursuivre une politique de réconciliation avec le gouvernement algérien, telle que rapportée dans l’édition du journal *Le Monde* datée du 5 mai. Le PPN estime que cette démarche diplomatique occulte une partie essentielle de l’histoire et les souffrances endurées par sa communauté.

Une démarche diplomatique jugée incomplète

Pour le Comité exécutif du PPN, la réconciliation entre les deux États ne peut se faire au détriment de la mémoire et de la justice pour ceux qu’il nomme les « 1,5 million de victimes de l’indépendance ».

Le mouvement, qui se définit comme le porte-voix d’un « peuple » à l’histoire singulière, craint que les enjeux mémoriels spécifiques aux Pieds-Noirs ne soient une nouvelle fois marginalisés dans les discussions officielles entre Paris et Alger.

Intitulant leur communiqué « France-Algérie : Les cocus de l’histoire », les représentants de l’association manifestent un sentiment d’abandon et de trahison, considérant que leur histoire est systématiquement sacrifiée sur l’autel des impératifs diplomatiques et des relations d’État à État.

Des revendications mémorielles et juridiques précises

Au-delà de la simple protestation, le Peuple Pied-Noir formule une série de demandes claires et structurées, posant des conditions à toute réconciliation qu’il jugerait légitime. Le mouvement attend des autorités françaises qu’elles portent ces exigences dans le dialogue avec l’Algérie.

Dans son communiqué, le Comité exécutif du PPN détaille ses attentes : « la reconnaissance du peuple pied-noir, la vérité historique, la préservation des cimetières d’Algérie, le recensement des disparus et tous les droits inhérents aux Accords d’Evian de 1962 ».

Cette dernière référence est cruciale, car elle ancre les revendications dans un cadre juridique international. Signés le 18 mars 1962, ces accords devaient notamment garantir la sécurité des biens et des personnes ainsi que leurs droits civiques, des dispositions que le mouvement estime n’avoir jamais été pleinement respectées.

Un appel direct à l’exécutif

Le communiqué est signé par les membres du Comité exécutif du PPN, notamment Eric Wagner, Jean-Paul Gavino, Christian Schembré et Pierre Courbis, qui interpellent directement le chef de l’État. En exigeant le « droit de mémoire », ils réclament une place officielle dans le récit national et dans les commémorations liées à la guerre d’Algérie et à ses conséquences. La demande de préservation des cimetières souligne une préoccupation concrète et affective pour des milliers de familles dont les sépultures ancestrales se trouvent de l’autre côté de la Méditerranée. De même, le recensement des disparus vise à faire la lumière sur le sort de nombreux Européens dont la trace a été perdue durant la période trouble de la fin de la guerre et des premiers mois de l’indépendance algérienne.

Par cette prise de position ferme, le mouvement Peuple Pied-Noir entend rappeler au gouvernement que la page de l’histoire franco-algérienne ne pourra être tournée sans que toutes ses victimes et tous ses acteurs ne soient entendus et reconnus.

via Press Agence.