PARIS : Fidel MARTIN : « Il est temps de redonner sa chance…
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PARIS : Fidel MARTIN : « Il est temps de redonner sa chance à David face aux Goliath économiques »
Dans une tribune engagée, le président d’Exoé dénonce les avantages structurels des grands groupes qui étouffent l’innovation et les PME.
C’est un constat amer que dresse Fidel Martin, président d’Exoé, en ce mardi 3 mars 2026. Alors que l’économie mondiale poursuit sa mutation, la vieille image d’Épinal du petit entrepreneur agile triomphant du géant pataud semble avoir vécu. Dans une prise de parole incisive, le dirigeant interroge la réalité d’un marché où la concurrence libre et non faussée s’apparente de plus en plus à un leurre.
Selon lui, la fable biblique ne résiste plus à l’analyse économique contemporaine. « Dans le récit biblique, David l’emporte parce que le combat est juste, parce que l’intelligence et l’agilité peuvent triompher de la force brute. Dans l’économie mondiale contemporaine, la fable est bien moins rassurante », introduit-il. Pour le dirigeant, le problème ne réside plus dans le manque d’outils ou d’idées des petites structures, mais dans la définition même des règles du jeu.
Une lutte à armes inégales
Le cœur de l’argumentation de Fidel Martin repose sur l’inventaire des avantages structurels dont disposent les multinationales et grands groupes, souvent désignés comme les « Goliath » modernes. Ce déséquilibre n’est pas seulement une question de taille ou de chiffre d’affaires, mais de capacité d’influence et de protection.
« Les grandes entreprises disposent d’avantages structurels que personne ne conteste plus sérieusement », affirme-t-il. Il pointe notamment du doigt l’arsenal juridique et financier qui permet aux géants de naviguer là où les PME coulent. Ces grands groupes « bénéficient d’équipes juridiques capables d’optimiser fiscalement chaque décision, de services de lobbying influents qui façonnent les régulations à leur profit, et d’un accès au financement quasi illimité ».
A contrario, les petites et moyennes entreprises se retrouvent souvent isolées face aux lourdeurs administratives et aux frilosités bancaires. « Quand les plus petites peinent à convaincre une banque au moindre grain de sable conjoncturel », les grandes structures, elles, dictent souvent leurs conditions.
Deux poids, deux mesures face aux crises
L’analyse se porte également sur la gestion des périodes de turbulences économiques. Le traitement différencié entre les acteurs économiques selon leur taille crée, aux yeux de l’expert, une distorsion majeure de concurrence. La différence de traitement est flagrante lorsque la survie de l’entreprise est en jeu.
« Là où une PME doit se battre pour obtenir un crédit, un délai de paiement ou un soutien public, les géants obtiennent des lignes de financement préférentielles, des aides sectorielles ciblées et, parfois, des plans de sauvetage en cas de crise », déplore Fidel Martin.
Il souligne ici une injustice perçue par de nombreux entrepreneurs : la disparition silencieuse des petites structures face au sauvetage médiatisé des plus grosses. « Quand une petite entreprise fait face à une difficulté, elle disparaît souvent dans l’indifférence générale. Quand un grand groupe vacille, l’État intervient au nom de « l’intérêt général » ».
Le péril de la concentration économique
Au-delà de l’injustice morale, c’est l’efficacité économique de ce modèle qui est remise en question. Cette protection accordée aux plus forts risque, à terme, d’asphyxier le tissu économique local. « Cette différence de traitement crée une distorsion dangereuse. Elle étouffe l’innovation locale, fragilise les écosystèmes territoriaux et concentre toujours davantage de pouvoir économique entre quelques mains », analyse le président d’Exoé.
Il rappelle une réalité statistique souvent oubliée des grands plans de relance : « Ce sont précisément les entreprises de taille intermédiaire et les PME qui créent l’essentiel de l’emploi, irriguent les territoires et portent une vision entrepreneuriale humaine et responsable ». En favorisant systématiquement les monopoles de fait, le système actuel fragilise paradoxalement sa propre base productive.
Pour un rééquilibrage réglementaire
Pour Fidel Martin, il ne s’agit pas de tomber dans une opposition stérile ou caricaturale entre les « gros » et les « petits ». L’objectif n’est pas de pénaliser la réussite des grands groupes, mais de restaurer une équité qui permette à tous de concourir.
« Le véritable enjeu (…) est de rééquilibrer les règles pour que la compétition soit réellement équitable », insiste-t-il. Cela passe par des réformes structurelles profondes : « Cela suppose des politiques publiques plus courageuses, une fiscalité plus juste et une régulation qui protège l’écosystème entrepreneurial dans sa diversité ».
La conclusion de sa tribune sonne comme un avertissement : « Si nous voulons une économie vivante, résiliente et créatrice de valeur partagée, il est temps de redonner sa chance à David. Non pas par romantisme, mais par réalisme : sans lui, Goliath s’endort sur ses lauriers, et tout le monde en paie le prix ».
Un acteur régulé au cœur du système
Cette prise de position émane d’un acteur bien inséré dans le tissu financier. Fondée en 2006, la société Exoé (https://exoe.fr/) est une table de négociation pour les professionnels de la gestion d’actifs. Agréée par l’ACPR et régulée par l’AMF, l’entreprise propose des services d’externalisation technologique et réglementaire pour l’exécution des ordres. Une position qui permet à son dirigeant d’observer au plus près les flux financiers et les disparités d’accès aux marchés entre les différents acteurs de l’économie.

