MARSEILLE : Victor Hugo Espinosa : « Prévenir le pire, c’es…
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MARSEILLE : Victor Hugo Espinosa : « Prévenir le pire, c’est agir maintenant ! »
À la veille d’une conférence sur les risques estivaux, un expert alerte sur l’urgence d’une action préventive face aux incendies et canicules.
Alors que la période estivale approche, les risques de sécheresse, de canicules et de feux de forêt redeviennent une préoccupation majeure. Pour aborder ces enjeux climatiques et sanitaires, la fédération L’Air et Moi organise une conférence interactive en ligne ce mercredi 27 mai 2026. Cet événement réunira des experts de premier plan pour débattre des solutions préventives, dans un contexte où l’inaction n’est plus une option.
La conférence, qui se tiendra de 18h à 19h30, verra la participation de Victor Hugo Espinosa, fondateur de L’Air et Moi, Dominique Robin, directeur général d’AtmoSud, Isabella Annesi Maesano, professeur d’épidémiologie environnementale à l’INSERM, Issa Bado, spécialiste des négociations internationales à l’IFDD (Canada), et Fabienne Gilot, coordinatrice du club pour l’Unesco transhumances et traditions.
Un constat alarmant et un appel à l’action
L’urgence est martelée par Victor Hugo Espinosa, ingénieur spécialiste en risques majeurs, qui dans un récent communiqué dénonce « l’inaction des politiques ». Se basant sur son expérience de plus de 30 ans, il rappelle des chiffres alarmants : entre 300 et 400 millions d’hectares brûlent chaque année dans le monde, émettant des milliards de tonnes de CO₂. Le pourtour méditerranéen, incluant la France, est particulièrement exposé, avec des centaines de milliers d’hectares partis en fumée annuellement.
Le dérèglement climatique intensifie ces phénomènes. En France, les canicules sont aujourd’hui cinq fois plus fréquentes qu’avant 1989, et plus de 60 départements peuvent être concernés simultanément lors d’épisodes extrêmes. « La multiplication des feux témoigne de l’urgence climatique. Il est vital que les politiques publiques s’engagent plus fortement dans la lutte contre le réchauffement », insiste Victor Hugo Espinosa.
Éducation et urbanisme : les piliers de la prévention
Face à ce péril, l’ingénieur propose une stratégie axée sur deux piliers : l’éducation et la révision des politiques d’aménagement du territoire. Il estime que la sensibilisation à la « culture du risque » est le parent pauvre des politiques publiques, alors qu’elle est la plus efficace et la moins onéreuse. « En France, nous avons environ 15 millions d’enfants et de jeunes que nous pourrions sensibiliser », explique-t-il. Selon lui, cette démarche permettrait de toucher la moitié de la population française et d’éviter plus de 50 % des départs de feux, souvent dus à l’imprudence. Il cite en exemple le Japon, où cette culture du risque est intégrée au quotidien et limite considérablement les pertes humaines et matérielles.
Le second axe majeur est l’urbanisme. Victor Hugo Espinosa dénonce avec virulence la délivrance de permis de construire dans des zones à risques. « Je suis indigné de voir que certains politiques continuent à donner des permis de construire, souvent par trop de complaisance », déclare-t-il. Il préconise une révision des diagnostics de risques, une mise à jour des cartographies et, dans les cas les plus extrêmes, l’expropriation pour cause de « non-assistance à personne en danger ». Il demande la création d’une commission d’enquête parlementaire pour évaluer ces risques sur le territoire national.
Canicules : des initiatives locales à généraliser
La lutte contre les canicules passe également par un aménagement urbain adapté. Le communiqué met en lumière plusieurs initiatives en Provence-Alpes-Côte d’Azur : les parcours fraîcheur à Marseille (projet Cool Noons), la cartographie des îlots de chaleur à Nice, ou encore la désimperméabilisation des sols à Gap.
Cependant, ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur du défi. Victor Hugo Espinosa met en garde contre le « greenwashing » et appelle à s’inspirer de solutions éprouvées dans d’autres villes européennes comme Madrid, Barcelone ou Amsterdam. Selon les projections de Météo-France, des pics à 50 °C sont probables dès 2050 si le réchauffement climatique n’est pas maîtrisé.
La conférence de ce mercredi vise à explorer ces solutions et à mobiliser les acteurs pour une action concrète et immédiate. L’événement est accessible à tous en direct sur la chaîne YouTube de la Fédération L’Air et Moi : https://www.youtube.com/@federationlairetmoi4671/streams.
Le communiqué complet de Victor Hugo Espinosa, « Prévenir le pire, c’est agir maintenant ! », est accessible en ligne (https://airandme.org/partages/VHE-2025/VHE20250815-Communique-Presse-Incendies-Canicules.pdf).
via Press Agence.

