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PARIS : Examens – L’usage risqué de psychostimu…

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PARIS : Examens – L’usage risqué de psychostimulants par les étudiants inquiète les spécialistes

À l’approche des examens, une étude révèle que 38% des jeunes recourent à des stimulants, une pratique dangereuse encouragée par les réseaux sociaux.

À quelques semaines des épreuves de fin d’année, la pression monte chez les étudiants et, avec elle, une tendance alarmante : le recours croissant à des substances pour booster les performances intellectuelles. Une nouvelle étude exclusive, menée par l’entreprise de soutien scolaire « Les Sherpas » et dévoilée ce mardi 5 mai 2026, révèle que 38 % des jeunes de 14 à 20 ans consomment des produits stimulants avant leurs examens. Si le café (17,9 %) et les vitamines (14,9 %) restent majoritaires, près de 4 % d’entre eux avouent utiliser des médicaments, une pratique qui expose à des risques sanitaires sérieux.

Face à ce phénomène, les professionnels de santé et les spécialistes de l’éducation tirent la sonnette d’alarme sur l’urgence d’une information scientifique claire et accessible pour contrer la désinformation qui prolifère en ligne.

Une quête de performance alimentée par les réseaux sociaux

La recherche d’une concentration accrue et d’une capacité de travail augmentée pousse certains étudiants à se tourner vers des solutions radicales, notamment l’usage détourné de psychostimulants comme la Ritaline, initialement prescrite pour le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Cette pratique est largement encouragée et banalisée sur les réseaux sociaux, en particulier TikTok et Instagram.

Des hashtags comme #nootropics cumulent des millions de vues, tandis que des conseils dangereux circulent librement, à l’image de phrases comme « Prends de la Ritaline et du Red Bull pour étudier une semaine entière en une journée ».

Cette normalisation d’un usage hors cadre médical alimente un marché parallèle et expose une population jeune et vulnérable à des conséquences potentiellement graves.

Témoignage : « On réfléchit plus vite »

Cette réalité est corroborée par les étudiants eux-mêmes. Valentin, interrogé par RMC, ne peut envisager ses révisions sans stimulants. « Je révise souvent à la dernière minute. Ça m’oblige donc souvent à me coucher tard. Donc je suis obligé de prendre du café le matin. Ça me maintient plus éveillé. Ça m’arrive aussi parfois de prendre des boissons énergisantes. On réfléchit plus vite, je trouve et la mémoire est plus vive », témoigne le jeune homme. Une autre étudiante en master évoque même l’alcool le soir pour « réguler le stress ».

Un de ses camarades confirme la circulation des médicaments sur les campus : « Personnellement, je n’en prends pas, mais je sais que ça circule. Je pense que même dans notre classe, il y en a qui en prennent pour que les révisions soient plus faciles tout simplement ».

Ritaline : un « effet magique » illusoire et dangereux

Les experts sont unanimes : les bénéfices attendus de ces « smart drugs » sont une illusion qui cache des risques bien réels. Sébastien Weibel, professeur de psychiatrie à Strasbourg et spécialiste du TDAH, déconstruit le mythe. « Il n’y a pas d’effet magique. Ce n’est pas un médicament qui rend plus intelligent. Ça change juste un peu le ratio entre attention qui se disperse et attention focalisée », explique-t-il. Selon lui, cette hyper-focalisation se fait au détriment de la flexibilité mentale, sans augmentation réelle des performances globales.

« C’est comme si on montait un thermostat dans une pièce déjà chaude. Ça n’a pas beaucoup d’utilité, au contraire, ça a plutôt des effets négatifs », illustre le professeur.

L’addictologue Nicolas Thiercelin alerte quant à lui sur les effets secondaires : « palpitations, troubles du rythme cardiaque, crises d’angoisse et puis une forme de descente, un crash émotionnel et une humeur très dépressive à l’arrêt du traitement », sans oublier un risque élevé d’addiction.

L’étude complète est disponible sur le site de RMC (https://rmc.bfmtv.com/actualites/societe/education/il-n-y-a-pas-d-effet-magique-pour-gagner-en-concentration-des-etudiants-se-tournent-vers-la-ritaline_AV-202605050244.html).

L’alternative des compléments alimentaires : un marché à décrypter

Face aux dangers des médicaments détournés, beaucoup d’étudiants se reportent sur le marché florissant des compléments alimentaires. D’après une étude parue en 2025 dans les *Cahiers de Nutrition et de Diététique*, 61 % des Français en avaient consommé dans les 24 derniers mois. Magnésium, oméga-3, vitamines B, rhodiola, ashwagandha ou gummies « focus » envahissent les rayons avec des promesses de concentration et de vitalité.

Dans ce contexte, le laboratoire français ImmuBio (https://www.immubio.fr/), spécialisé dans les probiotiques, appelle à la plus grande vigilance.

Maureen Paulius, docteure en Pharmacie au sein du laboratoire, insiste sur la nécessité de distinguer les aides nutritionnelles des solutions miracles.

« Il est essentiel de rappeler qu’un complément alimentaire n’est pas un produit anodin, et que l’usage hors cadre médical d’un médicament psychostimulant soumis à prescription expose à des risques bien réels. Le rôle de la science est précisément d’aider à faire la différence entre un soutien nutritionnel pertinent, encadré et raisonné, et des promesses de performance qui peuvent conduire à des usages inadaptés, voire dangereux », souligne-t-elle.

L’enjeu est donc de mieux informer les jeunes pour leur permettre de faire des choix éclairés pour leur santé, loin des allégations marketing et des conseils hasardeux des influenceurs.