PARIS : Etats généraux de la santé – Un virage préven…
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PARIS : Etats généraux de la santé – Un virage préventif et environnemental
Alors que le débat budgétaire enflamme l’opinion et que les Français redoutent le déclassement de leur modèle social, une coalition inédite de sept organisations lance une consultation nationale pour refonder notre système de santé.
Paris, lundi 17 novembre 2025. C’est dans un climat de gravité, teinté d’une urgence démocratique, que le coup d’envoi a été donné. Face à un Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 qui cristallise les angoisses — 88 % des citoyens craignent une dégradation de la qualité des soins selon le dernier sondage Odoxa — la société civile a décidé de ne plus attendre. Sous l’impulsion d’Éric Chenut, président de la Mutualité Française, et d’un collectif puissant réunissant syndicats et acteurs de la protection sociale, les « États généraux de la santé et de la protection sociale » ouvrent une brèche dans le débat public. L’ambition est claire : sortir de la comptabilité pour revenir à l’humain, et surtout, changer radicalement de paradigme en intégrant l’environnement et le travail au cœur de la santé.
Sortir du « tout curatif » : une révolution culturelle.
Ce grand format marque une rupture. Jusqu’ici, les débats sur la santé se limitaient trop souvent aux murs de l’hôpital et au prix des médicaments. La vision défendue par Éric Chenut et ses partenaires est infiniment plus vaste et ambitieuse. En élargissant le périmètre des discussions à la « Santé environnementale », à la « Santé au travail » ou encore à la « Petite enfance », les organisateurs posent un diagnostic lucide : notre système s’épuise à soigner des pathologies que nous aurions pu éviter.
Il s’agit de briser le prisme réducteur de la seule approche budgétaire pour embrasser une vision holistique. La santé ne se joue pas uniquement dans un cabinet médical, mais dans l’air que nous respirons, dans les conditions de travail des salariés et dans l’accompagnement de nos aînés. En intégrant des thématiques comme la prévention et les risques climatiques, ces États généraux répondent à une aspiration moderne : celle d’une écologie de la santé. La Mutualité Française, premier acteur privé de prévention, martèle cette nécessité de passer d’un système de soins à un véritable système de santé global. Comme le souligne le dossier de presse, tous les sujets seront mis sur la table, « sans tabou ni totem », pour comprendre les racines des maux français plutôt que de simplement panser les plaies.
Une coalition inédite pour porter la voix des territoires.
La force de cette initiative réside dans l’hétérogénéité et la puissance de ses co-porteurs. Ce n’est pas une démarche isolée, mais un front commun. Aux côtés de la Mutualité Française, on retrouve l’Association des Assureurs Mutualistes, la FEHAP (Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne), l’Uniopss, l’UNPS (Union Nationale des Professions de Santé), ainsi que deux poids lourds du syndicalisme : la CFDT et l’Unsa.
Cette alliance entre professionnels de santé, gestionnaires d’établissements et représentants des salariés garantit une approche transversale. Lorsque la CFDT ou l’Unsa parlent de santé, elles parlent de souffrance au travail, de pénibilité et de reconversion. Lorsque la FEHAP ou l’Uniopss prennent la parole, elles évoquent la réalité du terrain médico-social et du handicap. Cette diversité assure que la consultation ne sera pas une discussion d’experts désincarnée, mais bien une remontée d’expérience du réel.
Pour garantir la probité de cette démarche titanesque, deux figures incontestables du monde médical ont été nommées garants : les professeurs Agnès Buzyn et Antoine Flahault. Leur rôle sera de veiller à la transparence et à l’intégrité d’un processus qui se veut irréprochable sur le plan éthique.
Un calendrier démocratique en trois actes.
Loin d’être une opération de communication éphémère, ces États généraux s’inscrivent dans le temps long, celui de la construction politique. Le dispositif dévoilé ce 17 novembre 2025 se déploie sur une année entière, rythmé en trois phases distinctes :
D’abord, la phase consultative, ouverte dès à présent et jusqu’au 17 février 2026. Via la plateforme numérique *www.placedelasante.fr*, chaque citoyen, chaque soignant, chaque acteur de l’accompagnement est invité à déposer ses idées. C’est le temps de l’écoute massive.
Ensuite, viendra le temps de la co-construction, de mars à juillet 2026. Les contributions seront décortiquées lors d’ateliers en régions et par des groupes de travail nationaux. Une convention démocratique sera même convoquée en juillet 2026, un moment fort de délibération citoyenne.
Enfin, la phase de convergence, à l’automne 2026, permettra de synthétiser ces travaux lors d’un forum national pour aboutir à des propositions concrètes.
Cette méthodologie rigoureuse répond à une demande criante des Français. Selon le sondage Odoxa réalisé pour l’occasion, 82 % d’entre eux estiment que c’est en consultant directement les citoyens que l’on trouvera les meilleures solutions, bien loin devant la confiance accordée à l’État (26 %).
L’horizon 2027 : peser sur la présidentielle.
Il ne faut pas s’y tromper : derrière la démarche citoyenne se profile un enjeu politique majeur. Les organisateurs ne cachent pas leur ambition de peser sur les prochaines échéances électorales, et notamment la présidentielle de 2027. Les chiffres sont là pour appuyer cette stratégie : 96 % des Français font de la préservation du système de santé un enjeu clé du scrutin, et 83 % assurent que les propositions des candidats dans ce domaine détermineront leur vote.
En lançant cette machine de guerre intellectuelle et sociale fin 2025, Éric Chenut et ses alliés préparent le terrain. Ils veulent offrir aux futurs candidats un « clé en main » de réformes, non pas imaginées dans des bureaux parisiens, mais issues du terrain. C’est un avertissement clair au pouvoir politique : la société civile est prête à prendre ses responsabilités là où la puissance publique semble parfois à court d’idées ou de moyens.
Conclusion : Un sursaut vital pour le bien commun.
En définitive, ces États généraux de la santé et de la protection sociale sont bien plus qu’une consultation : c’est un acte de résistance constructive. Face au pessimisme ambiant — 82 % des Français pensent que le système deviendra plus inégalitaire — ce collectif oppose la force de l’intelligence collective. En réintégrant les enjeux environnementaux et professionnels au cœur de la santé publique, ils dessinent les contours d’une protection sociale du 21ème siècle : préventive, solidaire et universelle. La balle est désormais dans le camp des citoyens. Comme le clame le slogan de la campagne : « Notre système de santé a besoin de vos idées ». Il appartient à chacun de s’en saisir pour que la santé reste, demain comme hier, notre bien commun le plus précieux.