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NANTES : François ALFONSI : « Non au dégel du corps électoral en Kanaky-Nouvelle Calédonie »
Régions et Peuples Solidaires dénonce une loi sur le corps électoral en Nouvelle-Calédonie, la jugeant contraire aux accords de Nouméa.
À l’approche des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, la fédération Régions et Peuples Solidaires (R&PS), par la voix de son président François Alfonsi, a vivement condamné l’adoption par l’Assemblée nationale d’une proposition de loi organique modifiant le corps électoral. Voté la semaine passée malgré l’opposition du Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS), ce texte est perçu comme une menace directe pour l’avenir du processus d’autodétermination.
Une rupture historique avec les accords de Nouméa
Selon la fédération, ce vote marque une « rupture historique avec le processus de décolonisation et d’accès à la pleine souveraineté de la Kanaky-Nouvelle Calédonie ».
Le communiqué rappelle que les accords de Matignon (1988) puis de Nouméa (1998) avaient précisément instauré un gel partiel du corps électoral pour les scrutins locaux. Cette mesure visait à protéger la représentation du peuple kanak dans un contexte de forte immigration en provenance de la métropole. La nouvelle loi, en intégrant des « natifs » non-kanaks et d’autres résidents arrivés après 1998, vient remettre en cause ce principe fondamental.
La crainte d’une minoration du peuple kanak
Le cœur de l’argumentation de R&PS réside dans la menace que représente l’élargissement du corps électoral pour le peuple autochtone. La fédération dénonce un « mouvement de colonisation de peuplement qui fait que les Kanaks sont aujourd’hui minoritaires dans leur propre pays ».
Dans ce contexte, la stabilité des listes électorales est considérée comme la « pierre angulaire du processus de décolonisation ».
Tout en reconnaissant que l’élargissement du corps électoral est une « nécessité pour faire nation », l’organisation estime que le calendrier est préjudiciable.
Le faire avant l’aboutissement du processus de décolonisation reviendrait, selon elle, à « amplifier la minoration des Kanaks et condamner à l’échec le processus d’autodétermination ».
Une fracture communautaire accentuée
Régions et Peuples Solidaires et ses parlementaires estiment que cette proposition de loi ne fait qu’« accentuer la fracture entre les communautés Kanaks et métropolitaines au profit de ces dernières ». La décision de Paris est ainsi perçue non comme un acte d’apaisement, mais comme une manœuvre politique qui risque d’envenimer les tensions locales à un moment crucial pour l’avenir de l’archipel.
À propos de Régions et Peuples Solidaires
Régions et Peuples Solidaires se définit comme la fédération des partis politiques régionalistes et autonomistes de France. Elle vise à promouvoir la diversité culturelle et linguistique ainsi que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
La fédération réunit de nombreuses formations politiques, parmi lesquelles le Partit Occitan (Occitanie), Unser Land (Alsace), 57-Le Parti des Mosellans (Moselle), l’Union Démocratique Bretonne (Bretagne), Femu a Corsica et le Partitu di a Nazione Corsa (Corse), Oui au Pays Catalan et Unitat Catalana (Catalogne), le Parti Nationaliste Basque et Euskal Herria Bai (Pays Basque), ainsi que Sabaudia – Mouvement Région Savoie (Savoie).
Le Congrès Mondial Amazigh y est membre associé, tandis que le Parti Réunionnais bénéficie du statut de membre observateur. Le siège de la fédération est situé à Nantes.
Pour plus d’informations, le site internet de l’organisation est accessible à l’adresse suivante : www.federation-rps.org.
via Presse Agence.

