MARSEILLE : Sébastien CHAZE : « Ce qui manque, ce sont les…
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MARSEILLE : Sébastien CHAZE : « Ce qui manque, ce sont les moyens d’y croire jusqu’au bout »
L’Adie organise du 2 au 6 février une semaine de sensibilisation dans les Bouches-du-Rhône pour lever les freins à l’entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires.
C’est un paradoxe tenace qui mine l’économie locale. Selon le baromètre Bpifrance 2025, seulement 3 % des habitants des quartiers relevant de la politique prioritaire de la ville (QPV) sont à la tête d’une entreprise, contre 16 % sur le reste du territoire. Pourtant, l’envie est là : un porteur de projet sur cinq poussant la porte de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) dans le département est issu de ces quartiers.
Pour combler ce fossé, l’association lance une vaste opération de terrain à partir du lundi 2 février. L’objectif est clair : démontrer que le manque de réseau ou de capitaux ne doit plus être une fatalité. Sébastien Chaze, Directeur régional de l’Adie en Provence-Alpes-Côte d’Azur, analyse cette situation : « Dans ces territoires qui cumulent les handicaps, les idées ne manquent pas, l’innovation est partout : dans la musique, la danse, la cuisine, le cinéma, le langage, les solidarités, et bien sûr dans l’entrepreneuriat. Ce qui manque, ce sont les moyens d’y croire jusqu’au bout – l’accès au financement, l’accompagnement, la présence humaine qui fait passer du rêve à l’action ».
Une dynamique de croissance spectaculaire.
Les résultats sont pourtant déjà probants. Avec 631 porteurs de projets financés en 2025 dans les Bouches-du-Rhône, dont 273 résidant en QPV, l’association enregistre une augmentation de près de 107 % de son activité dans ces territoires en un an. Pour soutenir cette accélération, l’Adie s’appuie sur des dispositifs spécifiques comme le prêt Jump (financé dans le cadre du programme Entrepreneuriat Quartiers 2030) et une prime d’État de 1 000 euros pour les jeunes créateurs.
Pour aller encore plus loin, des ateliers gratuits sont organisés toute la semaine prochaine à travers le département, d’Arles à Salon-de-Provence, en passant par Martigues, Aubagne et Châteaurenard. Ces rencontres visent à lever les freins psychologiques et administratifs, souvent cités comme les obstacles majeurs avant même la question financière.
Témoignage : Yassine, du fournil au Comedy Club.
Pour illustrer cette dynamique, l’exemple de Yassine, 32 ans, est emblématique. Dans le 13ème arrondissement de Marseille, entre Val Plan et Château-Gombert, il a ouvert l’Italian Food Restaurant, un lieu hybride qui s’est imposé comme un point névralgique du lien social.
Yassine, qui vit dans le quartier de Notre-Dame à Gardanne, connaît bien les quartiers et en perçoit tout le potentiel. Dans la vie active depuis l’âge de 16 ans, il exerce pendant plus de dix ans le métier exigeant de boulanger-pâtissier. Après une expérience dans le secteur de la fibre, il découvre le goût de l’indépendance.
« Ici, les gens sont obligés d’aller en centre-ville pour aller au restaurant. Il fallait absolument apporter de la diversité à l’offre de loisirs pour changer le visage du quartier. Là, ils mangent bien, au pied de chez eux », explique l’entrepreneur.
Pour consolider son projet et racheter les parts de son associé, Yassine a sollicité l’Adie. Grâce à un prêt Jump, il a investi dans le matériel, la sonorisation et l’aménagement pour développer un concept de comedy-club. « L’Adie, ce n’est pas juste un microcrédit. Ça m’a permis de me libérer », confie-t-il. Aujourd’hui, il emploie deux personnes et vient d’ouvrir un second établissement. Sa philosophie résume l’esprit de cette semaine de mobilisation : « Ce n’est pas en quittant le quartier qu’on change les choses, c’est en le faisant monter avec nous ».
Un appel aux politiques pour 2026.
Au-delà de l’accompagnement individuel, l’association souhaite peser sur le débat public à l’approche des prochaines échéances électorales. L’enjeu est urbanistique : réimplanter de l’activité au cœur des cités.
« Nous appelons les candidats futurs élus à innover dans la conception des opérations d’aménagement, de rénovation urbaine et dans la gestion du parc locatif, afin d’ouvrir effectivement et de rendre accessible aux entrepreneurs des quartiers les locaux en rez-de-chaussée », a déclaré Frédéric Lavenir, Président de l’Adie.
Le programme des ateliers dans les Bouches-du-Rhône :
* Arles : Lundi 2 février (14h-16h) au Centre social Mas Clairanne. (Inscription : https://www.adie.org/ateliers-webconferences/?id=a0wbE000001FlkQQAS&type=ateliers-en-presentiel)
* Marseille : Lundi 2 février (15h00) chez Italian Food (13ème arr.) pour rencontrer Yassine. (Inscription : https://www.adie.org/ateliers-webconferences/?id=a0wTp000001JrUfIAK&type=ateliers-en-presentiel)
* Aubagne : Mercredi 4 février (9h30-12h) à l’Association Effi-Science. (Inscription : https://www.adie.org/ateliers-webconferences/?id=a0wTp000001LxcPIAS)
* Port-Saint-Louis-du-Rhône : Mercredi 4 février (9h30-12h30) à la Maison pour tous. (Inscription : https://www.adie.org/ateliers-webconferences/?id=a0wTp000001K90BIAS)
* Châteaurenard : Jeudi 5 février (9h-11h) au Pôle Emploi. (Inscription : https://www.adie.org/ateliers-webconferences/?id=a0wbE000001EW7VQAW&type=ateliers-en-presentiel)
* Martigues : Jeudi 5 février (14h-17h) chez MIKADO. (Inscription : https://www.adie.org/ateliers-webconferences/?id=a0wbE0000014ZGLQA2&type=ateliers-en-presentiel)
* Salon-de-Provence : Vendredi 6 février (9h30-12h30) à la Permanence Adie. (Inscription : https://www.adie.org/ateliers-webconferences/?id=a0wTp000001KBhtIAG&type=ateliers-en-presentiel)
Pour plus d’informations sur l’association et ses actions : https://www.adie.org


