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CANNES : Laurent HOTTIAUX : « L’État assume toutes ses responsabilités sur les croisières et l’eau »
Suite aux critiques formulées par le maire David Lisnard lors de sa cérémonie de vœux, le préfet des Alpes-Maritimes a tenu à rétablir certains faits concernant la régulation maritime et la gestion hydrique.
La cérémonie de vœux du maire de Cannes, David Lisnard, qui s’est tenue samedi 31 janvier, a donné lieu à une passe d’armes institutionnelle par communiqués interposés. Si le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, était présent lors de l’événement et a salué « les relations de confiance » avec la municipalité, il a néanmoins souhaité réagir fermement aux propos de l’édile concernant deux dossiers majeurs : l’accueil des navires de croisière et la réutilisation des eaux usées.
Une réglementation d’État plus stricte que le projet municipal.
Lors de son allocution, David Lisnard a regretté que l’État ne l’autorise pas à mettre en œuvre une réglementation locale qu’il juge plus restrictive concernant les croisières. Une affirmation contestée par la préfecture, qui rappelle que le département est pionnier en la matière.
« L’État a pris et assume toutes ses responsabilités », a martelé Laurent Hottiaux. Le préfet s’appuie sur un arrêté interpréfectoral signé le 9 décembre 2025 avec le préfet maritime de la Méditerranée. Ce texte impose désormais une limitation stricte : une moyenne annuelle de 2 000 passagers débarqués par jour d’escale, avec un plafond exceptionnel à 3 000 passagers. De plus, les navires de plus de 1 300 passagers sont limités à un seul par jour (et 15 par mois en haute saison).
La représentation de l’État pointe une contradiction dans le discours municipal. Selon les services préfectoraux, l’arrêté en vigueur est « donc plus restrictif que l’initiative municipale prise par le maire de Cannes ». Le préfet souligne que le projet de la mairie (faisant l’objet d’un avenant) permettrait le débarquement « jusqu’à 6 000 passagers par jour ». Ce différend a d’ailleurs conduit à un déféré préfectoral devant le tribunal administratif pour contester l’initiative du maire.
L’eau : entre innovation et réalité climatique.
Le second point de friction concerne la gestion de la ressource en eau. David Lisnard a déploré une frilosité de l’État concernant la Réutilisation des Eaux Usées Traitées (REUT), estimant que l’administration privilégie la restriction à l’innovation.
Là encore, Laurent Hottiaux s’inscrit en faux, rappelant que les Alpes-Maritimes sont le premier département de France en nombre d’autorisations de REUT pour le lavage de voiries, l’arrosage d’espaces verts ou le nettoyage de bateaux. « La gestion de la ressource en eau est une priorité de l’État », a assuré le préfet.
Toutefois, le représentant de l’État a tenu à rappeler la réalité climatique : avec une baisse prévisible de 20 % des débits des cours d’eau dans les années à venir, la technologie ne peut être la seule réponse. « La REUT ne peut constituer l’unique voie à privilégier […] Elle ne doit pas se substituer à la trajectoire de sobriété du Plan Eau du Gouvernement », a précisé Laurent Hottiaux, insistant sur la nécessité d’une gestion équilibrée de ce bien commun.