Editorial des ministres
Près de la moitié des soignants ont déclaré être tombé malades au cours des trois derniers mois, soit près du double des salariés (27 %).
A force de servir les autres, on peut s’oublier soi-même
De fait, notre système de santé peut épuiser ceux sur lesquels il repose. Et notre système de santé ne peut être fort avec des professionnels malades, épuisé ou en souffrance. C’est une question d’éthique, d’efficacité et de cohérence. Autrement dit, prendre soin de ceux qui prennent soin est la condition de tout le reste.
C’est pourquoi des efforts ont été réalisés
La stratégie nationale de 2016, l’observatoire dédié à la qualité de vie des professionnels de santé sont des jalons réels de cet effort. Mais la lucidité oblige à dire qu’ils n’ont pas suffi. Le rapport ministériel sur la santé des professionnels de santé publié en 2023 nous appelait à aller plus loin.
C’est pourquoi ce plan s’ancre dans une méthode :
S’appuyer sur les initiatives de terrain déjà conduites, identifier les mesures immédiatement mobilisables, et articuler son action avec celle de nos autres engagements, concernant notamment les violences, les addictions, la santé mentale ou la parentalité. Avec l’appui précieux de Philippe Denormandie et Nicolas Delmas, nous avons pu identifier ces mesures et les effets d’entraînement qu’elles peuvent engendrer.
Loin d’une approche descendante, elles ont été concertées avec l’ensemble des acteurs du système de santé.
Quatre priorités structurent ce plan :
- Outiller et accompagner les professionnels, y compris
les étudiants. - Prévenir, notamment en santé mentale, ce qui suppose
un changement culturel dans les organisations de soins. - Réduire les risques professionnels, par la prévention et un dialogue
social renforcé à l’hôpital comme dans le médico-social. - Et enfin, inscrire la santé des soignants dans la durée comme une priorité institutionnelle, un engagement de fond qui doit survivre à l’application de ce plan.
C’est pourquoi le comité piloté par Philippe Denormandie et Nicolas Delmas a vocation à poursuivre ses travaux. Il devra notamment intégrer de nouvelles actions sur la parentalité, les conduites addictives, l’alimentation ou la santé des jeunes professionnels de santé. Nous souhaitons que l’ensemble des acteurs du système de santé soient mobilisés pour y proposer leurs solutions.
Mais nous décidons aujourd’hui de tracer un chemin. Celui d’un engagement qui doit devenir structurant. Il en va de la santé des professionnels, et de celle de notre système de santé.

