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AVIGNON : Tiago RODRIGUES : « Célébrons la beauté du doute…

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AVIGNON : Tiago RODRIGUES : « Célébrons la beauté du doute et l’amour des questions »

Pour sa 80e édition du 4 au 25 juillet 2026, le Festival d’Avignon brandit l’étendard du questionnement et met la Corée à l’honneur.

Le Festival d’Avignon a levé le voile sur la programmation de sa 80ème édition, qui se tiendra du 4 au 25 juillet 2026. Placée « sous le drapeau des questions », cette édition anniversaire se veut une célébration du théâtre comme espace de débat et de complexité, à contre-courant des certitudes clivantes. Une ambition portée par son directeur, Tiago Rodrigues, qui invite artistes et spectateurs à un dialogue fertile autour des grands enjeux contemporains.

Une ode au questionnement face aux certitudes

Face à une époque jugée trop prompte aux réponses simplistes, Tiago Rodrigues positionne le festival comme un rempart. « Dans une époque minée par de mauvaises réponses, parfois trop simplistes pour mieux diviser une société déjà dramatiquement polarisée, il est plus que jamais nécessaire de se rassembler pour cultiver l’amour des questions et la beauté du doute », affirme-t-il dans son éditorial. Pour lui, le spectacle vivant est le lieu par excellence où peuvent naître des interrogations complexes, celles qui nourrissent le débat démocratique. « Si rassembler les gens est essentiel, le dissensus l’est tout autant : il est une condition de la démocratie », insiste le directeur. Cette philosophie infusera l’ensemble des 22 jours du festival, qui s’achèvera symboliquement par « L’Aube des questions ». Cet événement verra des dizaines de personnalités du monde artistique, culturel et politique formuler 80 questions depuis la Cour d’honneur du palais des Papes, comme une invitation à penser l’avenir.

Le coréen, une langue invitée « longue distance »

Après l’espagnol et l’arabe, le Festival d’Avignon tourne son regard vers l’Asie en choisissant le coréen comme langue invitée. Un choix qui marque un « désir de changer d’échelle et de géographie », explique Tiago Rodrigues. Loin d’être anodin, il met en lumière une langue à l’histoire singulière, marquée par la « résistance et la résilience ». La programmation reflètera la vitalité de la scène sud-coréenne à travers le théâtre documentaire, la danse, mais aussi des formes plus traditionnelles réinventées, comme le pansori. La littérature ne sera pas en reste, avec la présence exceptionnelle de la lauréate du prix Nobel de littérature, Han Kang, qui présentera une création autour de son œuvre « Oiseau » avec Isabelle Huppert et la metteuse en scène Julie Deliquet.

Une programmation riche, paritaire et renouvelée

Cette 80ème édition s’annonce dense avec 47 spectacles et 2 expositions, totalisant près de 300 représentations. La création y occupe une place centrale : 30 des projets présentés sont des créations 2026, dont 19 en première mondiale. Le festival franchit également un cap historique en matière de parité, avec une majorité d’artistes femmes (55 % des projets portés par des femmes, contre 33 % par des hommes et 12 % par des collectifs). L’ouverture et la découverte sont aussi au cœur du projet, puisque 67 % des artistes programmés fouleront les scènes avignonnaises pour la première fois. Au total, plus de 136 000 places seront mises en vente, soit une augmentation significative par rapport à 2025.

Un festival déployé sur tout le territoire

Ancré dans sa cité, le Festival investira 40 lieux à Avignon et dans les environs, de la mythique Cour d’honneur à la Carrière de Boulbon, en passant par les gymnases de lycées et l’Opéra Grand Avignon. Un spectacle itinérant portera par ailleurs le théâtre au cœur de 14 communes du Vaucluse et du Gard, de Vacqueyras à Saint-Rémy-de-Provence. L’ensemble de la programmation est à découvrir dans le dossier de presse complet, disponible sur le site officiel du festival (https://festival-avignon.com). Les demandes d’accréditation et d’interviews pour les professionnels sont d’ores et déjà ouvertes.