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PARIS : Finances publiques – La dette s’envole…

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PARIS : Finances publiques – La dette s’envole à un niveau record malgré le matraquage fiscal

La Cour des comptes dresse un bilan sévère : malgré 23 milliards d’impôts en plus, la dette explose et le déficit reste le plus élevé de la zone euro.

C’est un rapport au vitriol que publie ce matin la Cour des comptes. Alors que les finances publiques tricolores tentent de se relever après deux années qualifiées de « noires » en 2023 et 2024, le bilan dressé par les magistrats de la rue Cambon pour ce début d’année 2026 est particulièrement préoccupant. Si l’hémorragie du déficit semble contenue, le patient français est loin d’être guéri et la dette atteint des sommets vertigineux.

Le constat est chiffré : le déficit public pour 2025 devrait s’élever à 161 milliards d’euros, soit 5,4 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Une amélioration en trompe-l’œil de 0,4 point par rapport à 2024, qui cache une réalité bien plus complexe sur la structure de l’effort budgétaire réalisé par l’exécutif.

Un ajustement porté uniquement par l’impôt

Loin des promesses initiales d’économies drastiques, la modeste réduction du déficit constatée en 2025 repose quasi exclusivement sur une augmentation de la pression fiscale. Les objectifs affichés à l’automne 2024 prévoyaient un effort partagé entre 40 milliards d’euros d’économies et 20 milliards de hausses d’impôts. La réalité est tout autre : la réduction du déficit est « exclusivement imputable à 23 milliards d’euros de hausses d’impôts », tranche la Cour des comptes.

Du côté de la dépense, la machine continue de s’emballer. La dépense publique primaire (hors charge de la dette) a progressé de 1,3 % en volume, un rythme bien supérieur à la croissance économique du pays (0,9 %). Si l’État et les collectivités locales ont réussi à freiner leurs dépenses, la sphère sociale reste le moteur de cette dérive : les dépenses sociales ont bondi de 2,2 % en volume, tirées par une assurance-maladie en accélération constante.

La France, mauvais élève de la zone euro

Cette gestion budgétaire a un coût immédiat sur la crédibilité de la France. Avec un déficit public restant le plus élevé de la zone euro en 2025, l’Hexagone fait figure de lanterne rouge. Plus inquiétant encore, la dette publique ne se stabilise pas : elle grimpe de 3,1 points pour atteindre le niveau record de 116,3 % du PIB, soit 3 465 milliards d’euros. C’est un niveau supérieur au pic enregistré durant la crise sanitaire de 2020.

La France se classe désormais au troisième rang des pays les plus endettés de la zone, juste derrière la Grèce et l’Italie. Cette dégradation n’est pas sans conséquences sur les marchés financiers. « Les taux français sur les obligations d’État à 10 ans […] s’établissent en février 2026 à un niveau très proche des taux exigés en Italie et en Grèce », alerte le rapport. La signature de la France se dégrade, rendant le refinancement de la dette de plus en plus onéreux.

2026 : une année à hauts risques

Pour l’année en cours, la Cour des comptes ne cache pas son scepticisme. L’objectif affiché d’une nouvelle réduction du déficit à 5,0 % du PIB repose sur des hypothèses jugées fragiles. Le gouvernement table sur un effort partagé entre 12 milliards de nouvelles hausses d’impôts et 11 milliards d’économies.

Cependant, les magistrats financiers identifient des « risques importants ». Du côté des recettes, les stratégies d’adaptation des contribuables face aux surtaxes pourraient réduire les rentrées fiscales. Du côté des dépenses, l’absence de réformes structurelles majeures laisse craindre de nouveaux dérapages, notamment dans la santé. Même si l’objectif de 2026 était atteint, le ratio de dette continuerait sa course folle pour frôler les 119 % du PIB en fin d’année.

Le mur de la dette : 100 milliards d’intérêts en 2029

L’institution présidée par le Premier président Pierre Moscovici tire la sonnette d’alarme sur l’effet « boule de neige ». La charge de la dette, c’est-à-dire les seuls intérêts payés aux créanciers, a déjà augmenté de 5 milliards d’euros en un an pour atteindre 65 milliards en 2025. À l’horizon 2029, cette facture pourrait dépasser la barre symbolique des 100 milliards d’euros annuels.

Cette somme colossale viendra inévitablement « contraindre de manière croissante le reste de la dépense publique et les marges de manœuvre pour financer les priorités nationales », prévient le rapport. En clair : l’argent versé aux marchés financiers manquera à l’éducation, à la justice ou à la transition écologique.

Le rapport complet est disponible via le lien suivant : Lire le rapport.