TOULON : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il…
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TOULON : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage »
Cette locution proverbiale pourrait parfaitement s’appliquer à la politique actuelle du logement, dans le neuf comme dans la rénovation.
Nous avons déjà dit, et d’autres avant nous, l’apport du bâtiment à l’économie. Pourtant, ce principe ne semble pas partagé par tous. Et l’idée reçue d’une production du logement sous perfusion des aides et qu’il faudrait débrancher, continue de prospérer dans les hautes sphères de l’Etat alors qu’elle reste contributrice nette à son budget. Tentons d’illustrer ce paradoxe teinté d’absurdité.
Prenons la rénovation énergétique pour commencer. La rallonge budgétaire de 1,6 milliard d’euros accordée par le Gouvernement au
dispositif MaPrimeRénov’ portait son budget total à 4 milliards d’euros pour l’année 2024.
Une décision que la Fédération avait salué tout en dénonçant les critères de plus en plus restrictifs pour accéder à ces aides. Pourquoi constituer une telle enveloppe que l’on ne pourrait consommer ? Une sorte de jeu du pompon que l’on n’attraperait jamais dans les manèges pour enfants… bref, un dispositif inopérant. Sauf que nous ne sommes pas des gosses !
D’ailleurs, le ralentissement de la rénovation énergétique constaté ce début d’année ne démentait pas les craintes de la profession. Et ce qui devait arriver arriva… prenant pour argument la révision à la baisse de la croissance française en 2024, Bruno Le Maire annonce un plan de 10 milliards d’euros d’économies dont 1 milliard repris sur le budget MaPrimRenov’. Reprendre d’une main ce qui a été donné de l’autre, quel cynisme !
Autre exemple avec le Prêt à Taux Zéro (PTZ). En « recentrant » le PTZ sur les zones tendues pour, soi-disant, le rendre plus efficace, la loi de finances pour 2024 l’a en réalité exclu de la maison individuelle et de 93% du territoire, privant au passage les foyers les plus jeunes et les plus modestes de cette aide fondamentale pour accéder à la propriété. Si rien n’est fait pour rétablir le PTZ partout et pour tous, il y a fort à parier que la prochaine loi de finance scellera définitivement son sort en prétextant l’absence de résultats d’un PTZ qui aura été vidé de son sens.
Quand on veut tuer son chien… vous connaissez la suite ! Actuellement, le PIB de la France est toujours en croissance, mais il ralentit, freiné par la consommation des ménages qui a décroché pour s’afficher en baisse. Or, le logement (achat ou rénovation) est la composante principale de cette consommation des ménages qui plombe le PIB. En synthèse, le logement souffrant est en train de rendre malade notre économie. Le constat est grave mais paradoxalement, il peut nous sauver.
La réussite d’une politique se juge, paraît-il, sur ses résultats : les permis de construire et les ouvertures de chantier sont au plus bas depuis plus de 30 ans et la rénovation énergétique marque le pas… On continue ?
Jean-Jacques Castillon, président de la Fédération du BTP du Var
SOURCE : BTP83 : La lettre du mois de mars 2024

