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VERSAILLES : Bruno DOUCENDE : « Un investissement annoncé n’est pas une valeur créée »
En marge du sommet Choose France, PMI France alerte sur l’écart entre les milliards d’investissements promis et la valeur réelle pour l’économie.
Lundi 01 juin 2026 – Alors que le sommet « Choose France » de Versailles célèbre une nouvelle fois des milliards d’euros d’investissements étrangers promis sur le sol français, une voix dissonante se fait entendre. Celle de PMI France, le réseau mondial des professionnels de la gestion de projet, qui met en garde contre une vision réductrice du succès économique. Pour l’organisation, l’indicateur clé n’est pas le montant annoncé, mais la capacité du pays à transformer ces promesses en valeur durable, un défi qui passe par une discipline souvent négligée : la conduite de projet.
Des milliards qui cachent la forêt
Derrière l’enthousiasme des chiffres, la réalité est plus complexe. PMI France, par la voix de son porte-parole Bruno Doucende, rappelle que tous les investissements ne se valent pas. L’exemple des data centers, grands gagnants des récentes annonces, est frappant : ils représentent des capitaux considérables pour une création d’emplois permanents relativement faible une fois l’infrastructure bâtie.
« La bonne question n’est pas de savoir combien de milliards ont été promis, mais quelle valeur réelle pour le territoire, et à quel coût », souligne l’organisation.
Cette analyse pousse à redéfinir la notion même de réussite, résumée dans une formule percutante.
« Choisir la France attire le capital, réussir en France crée de la valeur ».
Le succès : une question de valeur, pas seulement de livraison
L’association professionnelle insiste sur une distinction cruciale. Un projet réussi n’est pas simplement un projet livré dans les temps et les budgets impartis. Si le respect des coûts et des délais relève d’une bonne exécution, le véritable succès se mesure à l’aune de la valeur finale générée. Celle-ci doit impérativement dépasser l’ensemble des efforts et des dépenses engagés pour y parvenir.
Or, de nombreux grands projets, y compris industriels, sont menés à leur terme sans jamais atteindre ce seuil de rentabilité globale, que ce soit en termes économiques, sociaux ou environnementaux. Ils sont livrés, mais n’apportent pas la valeur escomptée, devenant des coquilles vides malgré des investissements massifs.
Un déficit de méthode alarmant
Ce décalage entre la promesse et la réalité s’explique en grande partie par un manque de maturité dans la gestion de projet. Les chiffres du premier Baromètre PMI France 2025, mené auprès de 716 professionnels du secteur, sont sans appel. Près d’un répondant sur cinq déclare que moins de la moitié des projets aboutissent à un véritable succès dans son organisation.
Plus inquiétant encore, 38 % des entreprises en France n’auraient aucune méthode de gestion de projet formalisée. Un chiffre à mettre en perspective avec les données internationales du PMI, selon lesquelles les organisations structurées par des méthodologies claires augmentent leurs chances de réussite de 28 %. Les chefs de projet eux-mêmes, premiers acteurs sur le terrain, appellent à dépasser le simple pilotage par les coûts et les délais pour se concentrer sur la création de valeur alignée avec les objectifs stratégiques de l’entreprise.
La conduite de projet, clé de voûte de la réindustrialisation
Pour PMI France, la conclusion est claire : le chaînon manquant entre le capital attiré par « Choose France » et la valeur créée pour le pays est la maîtrise de la conduite de projet. Ni les avantages fiscaux, ni la simplification administrative, bien que nécessaires, ne peuvent se substituer à cette compétence fondamentale. C’est elle qui permet de structurer, piloter et sécuriser un investissement pour qu’il tienne ses promesses. Le véritable indicateur de la réindustrialisation ne serait donc pas le montant des chèques signés à Versailles, mais bien le taux de réussite des projets qui en découlent.
via Presse Agence.

