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VERSAILLES : Bruno DOUCENDE (PMI France) : « Un investissem…

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VERSAILLES : Bruno DOUCENDE (PMI France) : « Un investissement annoncé n’est pas de la valeur créée »

PMI France alerte car derrière les milliards du sommet Choose France, la maîtrise de projet pour transformer les promesses en valeur reste le grand oublié.

Alors que le sommet « Choose France » bat son plein à Versailles, célébrant une nouvelle pluie de milliards d’investissements étrangers, une voix dissonante se fait entendre. Loin de l’euphorie des annonces, PMI France, le réseau mondial des professionnels de la gestion de projet, met en lumière ce qu’il qualifie de « point aveugle » du modèle : la transformation d’une promesse d’investissement en une réussite économique et sociale concrète pour le territoire.

Selon l’organisation, l’indicateur principal ne devrait pas être le montant des capitaux promis, mais la capacité du pays à piloter les projets pour qu’ils créent une valeur durable, supérieure aux coûts engagés.

Des milliards qui ne se valent pas

Le premier constat porté par PMI France est que tous les investissements n’ont pas le même impact. Le sommet met en avant des projets massifs dans les secteurs de l’intelligence artificielle et des data centers, qui, s’ils sont capitalistiques, sont souvent peu créateurs d’emplois permanents une fois la phase de construction achevée.

« La bonne question n’est pas de savoir combien de milliards ont été promis, mais quelle valeur réelle pour le territoire, et à quel coût », souligne Bruno Doucende, porte-parole de PMI France.

Cette analyse invite à dépasser la simple communication sur les chiffres pour s’interroger sur l’utilité finale des projets financés, leur intégration dans l’écosystème local et leur contribution à long terme à la réindustrialisation du pays.

Le succès d’un projet : au-delà de la simple livraison

Pour l’organisation, une confusion majeure persiste entre un projet livré et un projet réussi. Respecter les délais et les budgets relève de la bonne exécution, une condition nécessaire mais insuffisante. Le véritable succès, insistent les experts, se mesure à la valeur finale générée, qui doit impérativement dépasser les efforts et les dépenses consentis.

« Un projet n’est réussi que si la valeur délivrée dépasse l’effort engagé, pas s’il est simplement annoncé, ni même simplement livré », précise Bruno Doucende.

Or, de nombreux grands projets, en France comme ailleurs, sont livrés conformément au cahier des charges initial sans jamais atteindre leurs objectifs stratégiques ou créer la valeur escomptée, devenant des coquilles vides sur le plan économique.

Un déficit alarmant de méthode en France

Cette déconnexion entre l’annonce et le résultat s’explique en partie par un manque de maturité dans la gestion de projet. Les chiffres du premier Baromètre PMI France 2025, mené auprès de 716 professionnels du secteur, sont éloquents. Près d’un répondant sur cinq estime que moins de la moitié des projets menés dans son organisation sont des succès. Plus préoccupant encore, 38 % des entreprises en France n’auraient aucune méthode de gestion de projet formalisée.

Ce constat national contraste avec les données internationales. Selon l’étude « Pulse of the Profession » du PMI, les organisations qui s’appuient sur des méthodologies structurées augmentent leurs chances de réussite de 28 %. Les chefs de projet eux-mêmes appellent à un changement de paradigme, souhaitant passer d’un pilotage obsédé par les coûts et les délais à une approche centrée sur la valeur métier.

La conduite de projet, chaînon manquant de la souveraineté

En définitive, PMI France martèle que ni les avantages fiscaux ni la simplification administrative ne peuvent remplacer la compétence clé qu’est la conduite de projet. C’est elle qui constitue le pont indispensable entre le capital attiré et la valeur créée.

« Choisir la France attire le capital, réussir en France crée de la valeur », conclut Bruno Doucende.

Dans cette perspective, le véritable enjeu de la réindustrialisation ne serait pas tant d’attirer les investisseurs que de se doter des compétences et des méthodes pour transformer leurs milliards en succès tangibles et pérennes. Un défi de gouvernance et de management qui reste, selon l’organisation, le grand impensé du sommet de Versailles.

via Presse Agence.