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TOULOUSE : Ces enfants « co-victimes » des violences conj…

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TOULOUSE : Ces enfants « co-victimes » des violences conjugales

« 80 % des victimes de violences conjugales sont également des mères. Et 150 000 enfants en France subissent la violence conjugale qui règne dans leur foyer ».

L’étude menée en Haute-Garonne sur la place des enfants dans les parcours de sortie des violences conjugales débute par ces chiffres alarmants. Elle a été présentée aux élues Sandrine Floureusses et Marie-Claude Farcy et aux professionnels, le 23 mai 2024, en salle de l’Assemblée.
Éloquent. Comme le silence lors de la présentation d’Auréline Cardoso Khoury, sociologue, spécialiste du travail social d’accompagnement des femmes victimes de violences, était éloquent. Tout comme les résultats de l’étude « La place des enfants dans le parcours de sortie des violences conjugales » : si l’on admet peu à peu que l’enfant ne soit plus « témoin passif » mais « co-victime », l’ampleur des violences conjugales et donc l’impact sur son développement est encore difficile à concevoir.
Comment soutenir les mères victimes de violences conjugales ?

Le rapport sur la place des enfants insiste sur plusieurs points essentiels. Rassurer les mères, les aider à rompre le silence en les assurant qu’elles seront crues et entendues. Qu’elles n’aient plus peur de perdre la garde de leur enfant si elles parlent. Faire alliance avec elles et sécuriser l’exercice de la parentalité dès les premiers temps de la séparation, parce que les violences continuent ou s’aggravent après la séparation.

Et déconstruire le mythe des fausses allégations : elles ne représenteraient que 1 à 4 % des cas de dénonciation de violences d’un parent sur l’enfant dans des contextes de séparation. Comme l’a rappelé Auréline Cardoso Khoury, « Les enfants sont un levier pour les femmes victimes de violence. C’est quand elles craignent pour leurs enfants qu’elles se décident à partir ». Il faut donc créer un cercle vertueux pour les mères victimes. Considérer la mère et l’enfant comme un duo à protéger.

Ernestine RONAI, responsable de l’Observatoire départemental des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis, a utilisé une image saisissante : « Il faut penser la culture de la protection comme une anticipation du risque. Ce n’est pas parce qu’on n’en fait pas la preuve, que la violence n’a pas eu lieu. En tant que professionnel, nous avons plus de risques à ne pas protéger par crainte d’une fausse allégation, qu’à protéger une mère et ses enfants ».

Enfin, Edouard DURAND, magistrat, expert, membre de l’Observatoire national de la Protection de l’Enfance, ancien président de la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) a témoigné : « Pendant 3 ans, j’ai écouté les adultes que ces enfants sont devenus, dire leur enfance sous nos yeux. Et depuis quelques semaines je retrouve les enfants au moment où ils vivent les violences, sous nos yeux, et je suis effaré. À chaque fois que nous laissons un enfant en présence d’un violent conjugal sans surveillance, nous faisons courir le risque à l’enfant. Implicitement, nous lui disons « la transgression de la loi est sans conséquence ». Protéger, c’est anticiper le risque et non attendre qu’il survienne. »

SOURCE : Conseil départemental de la Haute-Garonne.