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TOULON : Le Salon de l’Agriculture s’annonce …

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Floriane Dumont
12 Fév 2024

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TOULON : Le Salon de l’Agriculture s’annonce électrique !

Après les manifestations, les rassemblements, les blocages et les barrages filtrants, les agriculteurs gardent un goût amer d’inachevé, se doutant qu’à l’avenir, les politiciens les trahiraient de nouveau.

Tandis que les 27 états membres de l’Union européenne se réunissaient à Bruxelles, des milliers d’agriculteurs manifestaient pour exercer une pression sur les dirigeants européens.

Face à la colère des agriculteurs, Emmanuel Macron a dit avoir interrompu les négociations de l’accord commercial du Mercosur.

En réalité, la Commission a assuré qu’il n’en était rien, espérant conclure les négociations avant juin prochain.

Un accord de libre-échange de plus, qui contribuera à la mort de l’agriculture française et européenne, éternelle sacrifiée de la politique commerciale de Bruxelles.

Sous l’ère Macron, les accords de libre-échange ont proliféré. Ces dix dernières années, des accords ont été signés avec le Chili, le Canada, l’Ukraine, etc. L’Ukraine, surnommée le grenier de l’Europe, est le principal producteur mondial de céréales. Mais, depuis 2022, le pays dépend de Bruxelles pour exporter son blé, son maïs et ses poulets.

En outre, des ententes avec la Nouvelle-Zélande et le Kenya ont été mises en place pour l’importation de viande, avec des conditions préjudiciables pour les éleveurs français.

Pourtant, la France devrait être en force sur ces dossiers. Notre pays ne devrait importer que les produits agricoles que nous ne produisons pas. Mais, ce n’est pas le cas ! Loin de là ! Les hommes politiques devraient mieux protéger nos productions de la mondialisation, de cet ultra-libéralisme qui a mis notre économie par terre.

Ainsi, imitons les USA qui ont mis en place, depuis très longtemps, un vrai protectionnisme (America First, une très ancienne doctrine).

Dans la commande publique, que ce soit la restauration collective, les écoles, les maisons de retraite ou les hôpitaux, la préférence nationale devrait être privilégiée avec l’achat de produits agricoles français.

En 1970, la France comptait 2 millions d’exploitations agricoles. Aujourd’hui, la France n’en compte plus que 400 000 ! De plus, les importations représentent 60% des fruits et 40% des légumes, alors que le pays était auto-suffisant il y a vingt ans encore.

Plus grave : En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours.

Pour les agriculteurs, il faut mettre fin à cette dérive fédéraliste de l’Union européenne, souhaitée par Macron, car elle étouffe l’Europe d’accords déloyaux et de normes bureaucratiques excessives et inapplicables.

C’est avec raison que le monde agricole est exaspéré, subissant un double discours gouvernemental, qui compatit à leur malheur en France, tout en approuvant des décisions néfastes à Bruxelles.

D’ores et déjà, si la situation n’évolue pas et si des efforts concrets ne sont pas réalisés, la FNSEA donne rendez-vous au Gouvernement au Salon de l’Agriculture qui s’annonce électrique !

Venir « caresser le cul des vaches », comme aimait à le dire Jacques Chirac, ne sera pas suffisant pour calmer la colère du monde agricole !

Bernard BERTUCCO VAN DAMME (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR).