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TOULON : Catherine CHABAUD : « Il nous faut développer la culture du risque en mer »
À l’occasion de l’inauguration du CROSS Méditerranée rénové, la ministre de la Mer lance une campagne de sécurité face à des chiffres alarmants.
C’est depuis le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) Méditerranée, à La Garde près de Toulon, que la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a choisi ce mardi de lancer la campagne nationale de prévention pour la sécurité des loisirs nautiques. L’inauguration des locaux modernisés de cette institution vitale a servi de cadre à un discours au ton grave, face à une augmentation préoccupante de l’accidentalité maritime.
« La mer peut ne pas pardonner l’imprévoyance », a rappelé la ministre, elle-même navigatrice aguerrie, soulignant que les conséquences du dérèglement climatique ajoutent de nouveaux risques. « Il nous faut développer la culture du risque, qu’il faut faire de la sécurité une culture partagée, une priorité collective, car le risque zéro n’existe pas ».
Hommage aux sentinelles de la mer
Avant de détailler les mesures gouvernementales, Catherine Chabaud a tenu à rendre un hommage appuyé aux équipes du CROSS Méditerranée. « Vous êtes les sentinelles de nos côtes. Votre engagement, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, souvent dans l’urgence et sous pression, sauve des vies ». En 2025, le centre a coordonné plus de 4 500 opérations de secours, impliquant plus de 10 000 personnes.
Cet hommage a été étendu à l’ensemble des acteurs de la chaîne de secours, de la SNSM et ses bénévoles à la Marine nationale, en passant par les sapeurs-pompiers, les SAMU, la gendarmerie maritime ou encore les douanes. « La sécurité en mer, c’est l’affaire de tous. Aucun acteur ne peut agir seul », a insisté la ministre, saluant une « solidarité opérationnelle » exemplaire.
Un CROSS modernisé face à des chiffres alarmants
Les travaux de modernisation du centre, financés dans le cadre du plan France Relance, étaient devenus indispensables pour faire face à la hausse constante des activités nautiques et à l’émergence de nouveaux risques. Mais cet investissement matériel se heurte à une réalité statistique inquiétante. Pour la seule année 2025 et sur la façade méditerranéenne, les autorités ont déploré 87 décès et 4 disparitions.
Les chiffres révèlent une hausse de 13 % des opérations de secours, principalement tirée par la plaisance à moteur (+17 %). La ministre a pointé du doigt des causes souvent évitables : « Trop de départs mal préparés ou de méconnaissance des règles, trop de comportements à risque – alcool, stupéfiants, excès de vitesse, non-port des équipements de sécurité ».
Un « plan de sécurité en mer » pour endiguer l’hécatombe
Face à ce constat, le gouvernement déploie un « plan de sécurité en mer » qui s’articule autour de deux piliers. Le premier est normatif, avec la création imminente par décret de deux nouvelles infractions pour la plaisance à moteur : la conduite en état d’ivresse manifeste et le défaut de maîtrise du navire, qui sanctionnera notamment la vitesse inadaptée ou la mise en danger d’autres usagers. Le projet de loi RIPOST, en cours de discussion parlementaire, viendra renforcer le cadre législatif sur la consommation d’alcool et de stupéfiants en mer. « Naviguer sous emprise, c’est mettre sa vie et celle des autres en danger », a martelé Catherine Chabaud.
Le second pilier est préventif, incarné par la campagne lancée ce jour. Elle se concentre sur six axes prioritaires : le respect des limitations de vitesse, la prévention des noyades, les obligations d’équipement (notamment le coupe-circuit et la combinaison pour les jet-skis), la sécurité des engins à foils, la lutte contre les substances psychoactives et la prévention des chutes à la mer.
Prévention et formation : les clés d’une culture partagée
Pour une diffusion maximale, la campagne s’appuiera sur de multiples supports (guides, vidéos, pages internet) et sur le relais des fédérations sportives, des ports, des loueurs et des bateaux-écoles. Par ailleurs, la ministre a annoncé une refonte des épreuves du permis de plaisance (côtier et hauturier) d’ici le printemps 2027, afin d’y intégrer les nouveaux enjeux environnementaux et de sécurité.
En conclusion, Catherine Chabaud a rappelé que la responsabilité est partagée. « On dit parfois qu’une mer calme n’a jamais fait un bon marin. J’ajouterais qu’un bon marin, sur une mer calme ou moins calme, est avant tout un marin préparé. Faisons en sorte que cette saison estivale soit synonyme de plaisir responsable ». Un appel à la prudence collective pour que la mer reste un espace de liberté et non de drames.
via Press Agence.


