PARIS : UDI – Les enjeux budgétaires pour notre pays
Partager :

PARIS : UDI – Les enjeux budgétaires pour notre pays
Le cap fixé est le bon : sera-t-il tenu ? Vincent Delahaye, Sénateur de l’Essonne, membre de la commission des finances au Sénat et Conseiller municipal de Massy (91) donne son avis sur la question.
Vincent Delahaye : « Le Premier ministre a fait preuve de courage pour s’attaquer au mal français. Redresser les finances publiques est une nécessité absolue. Pour cela, il faudrait baisser la dépense et cesser d’augmenter les impôts. Les pays étrangers qui ont suivi cette voie s’en portent très bien. Mais la France n’y arrive pas.
Est-ce pour cette fois-ci ? On doit l’espérer, mais on peut aussi en douter. Et que ceux qui craignent l’austérité se rassurent : la dépense publique devrait encore augmenter de 29 milliards l’an prochain.
Le plan d’efforts de 43,8 milliards permettrait de limiter cette augmentation, mais comporte tout de même un tiers (14 milliards) d’augmentations d’impôts. Et malheureusement, ce sont ces seuls impôts supplémentaires qui risquent de rester à la fin de l’examen du budget par le Parlement, alourdissant encore le fardeau qui pèse sur l’économie française alors qu’il faudrait l’alléger.
Les propositions paraissent, au premier abord, équilibrées et concerner tout le monde. « L’année blanche » va toucher avant tout les plus modestes. Mais le gel du barème de l’impôt sur les revenus porte sur la moitié des Français les plus aisés, et surtout sur les hauts revenus. Prévue pour disparaître, la taxe différentielle sur les hauts revenus devrait finalement être maintenue. La forfaitisation de l’abattement de 10% des retraités à 2 000€ par personne va peser sur les plus grosses retraites. Sans parler de la lutte contre l’optimisation fiscale.
Pourtant, à y regarder de plus près, une fois encore, les collectivités locales seront les premières visées : leurs dépenses devront diminuer de 2 milliards pendant que celles de l’État et de ses opérateurs devraient augmenter de 22 milliards et celles de la Sécurité sociale de 9 milliards. Pas très juste, avec un risque majeur d’affaiblissement de la démocratie locale.
Globalement, nos dépenses augmenteront à cause de l’Union européenne, du choix de renforcer nos efforts de défense et des intérêts de notre dette. À force d’augmenter considérablement celle-ci avec nos déficits, la charge d’intérêts va vite devenir le premier poste de notre budget. Quel brillant résultat que de donner autant d’argent aux marchés financiers au détriment des priorités qui devraient être les nôtres !
Est-il bien moral de laisser des montagnes de déficits et de dettes aux générations futures ? Un élu doit préparer l’avenir, montrer le chemin, avoir une cohérence et s’y tenir. L’opinion qui évolue tous les jours et les sondages qui l’accompagnent ne peuvent et ne doivent pas servir de boussole. Un élu doit travailler pour les générations futures. Ces générations qui aujourd’hui sont largement mises à contribution sans perspective clairement définie. Pourvu que la raison l’emporte enfin ! (On peut toujours rêver.) »

Source : UDI – Les infos de l’été.
