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PARIS : Tanguy DUTHION : « La question n’est plus de savoir comment empêcher l’IA d’entrer dans l’entreprise »
Face à l’usage inévitable d’IA non validées, ou « shadow AI », les entreprises doivent opter pour un encadrement maîtrisé plutôt qu’un blocage illusoire.
Dans une tribune publiée ce mercredi, Tanguy Duthion, CEO d’Avanoo, analyse l’émergence d’un phénomène que les directions informatiques peinent à maîtriser : le « shadow AI ». Sur le modèle du « shadow IT », qui désigne l’utilisation de logiciels non validés par l’entreprise, l’intelligence artificielle s’invite désormais massivement dans le quotidien des collaborateurs, souvent en dehors de tout cadre officiel. Pour l’expert, tenter de l’interdire est une bataille perdue d’avance. Il préconise un changement radical de stratégie : rendre ces usages visibles pour mieux les accompagner.
Un phénomène inévitable et profondément nouveau
Les directions des systèmes d’information (DSI) ont longtemps lutté contre le « shadow IT » par des politiques de contrôle et de blocage. Cependant, l’intelligence artificielle générative a profondément changé la donne.
« Contrairement aux applications SaaS traditionnelles, les outils d’IA générative ne nécessitent aucune installation. Ils sont accessibles instantanément depuis un navigateur ou un smartphone », explique Tanguy Duthion.
En quelques secondes, un salarié peut faire résumer un rapport, analyser un tableur ou générer une présentation sans passer par les canaux officiels. Le principal facteur de cette adoption massive réside dans une inversion inédite des usages : le grand public s’est emparé de ces technologies avant le monde professionnel.
« Aujourd’hui, de nombreux salariés utilisent déjà ces assistants dans leur quotidien. Lorsqu’ils arrivent au bureau, ces réflexes les suivent naturellement », poursuit le CEO.
L’IA devient ainsi un outil de productivité spontané, utilisé par habitude plus que par défiance. Dans ce contexte, vouloir interdire ou bloquer ces services apparaît de plus en plus « irréaliste ».
Confidentialité et gouvernance : les risques d’une adoption invisible
Si les gains de productivité sont réels, l’utilisation non encadrée de l’IA soulève des risques majeurs pour les organisations. Le premier, et le plus critique, concerne la confidentialité des données.
« Lorsqu’un collaborateur soumet un document interne à un service d’IA public pour obtenir un résumé ou une analyse, il peut involontairement exposer des informations sensibles », alerte Tanguy Duthion.
Données clients, informations stratégiques, contrats ou secrets de fabrication peuvent ainsi se retrouver sur des serveurs externes, sans aucune traçabilité. Le second enjeu est celui de la gouvernance technologique. Alors que les DSI ont une vision claire des logiciels et services officiellement déployés, elles sont souvent aveugles face à l’émergence informelle des usages d’IA. Ce manque de visibilité pose un problème organisationnel profond : les entreprises ignorent quelles intelligences artificielles sont réellement utilisées, par qui et pour traiter quelles informations. Le risque n’est plus seulement technique, il devient stratégique.
De la prohibition à l’accompagnement : un changement de paradigme
Face à ce constat, Tanguy Duthion appelle les entreprises à abandonner la logique de prohibition pour une approche d’accompagnement. L’enjeu n’est plus de construire des barrières, mais de rendre les usages visibles afin de les encadrer. Cela passe par la sensibilisation des équipes aux risques, mais surtout par la capacité à identifier les outils réellement utilisés. C’est dans cette optique que des solutions technologiques émergent.
« Ces plateformes permettent aux entreprises de cartographier l’ensemble des outils SaaS et des services d’intelligence artificielle utilisés dans leurs environnements », précise-t-il.
En identifiant les usages réels, y compris ceux qui échappent aux circuits traditionnels, les organisations peuvent reprendre le contrôle. Elles sont alors en mesure de sensibiliser les collaborateurs au bon moment et, surtout, de les orienter vers des alternatives internes sécurisées et validées.
Avanoo (https://avanoo.ai/), l’entreprise dirigée par Tanguy Duthion, se spécialise précisément dans ce type de solutions de supervision.
« Dans un contexte où l’intelligence artificielle devient omniprésente, la question n’est plus de savoir comment l’empêcher d’entrer dans l’entreprise. Elle est de savoir comment accompagner son adoption de manière responsable et maîtrisée », conclut-il.

