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PARIS : S’inspirer de modèles forts pour reprendre le fil…

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PARIS : S’inspirer de modèles forts pour reprendre le fil de notre destin

Il y a de multiples causes au déclin anthropologique des Européens.

Ce dernier naît aussi de l’oubli du passé. Sans mémoire, on ne sait plus d’où l’on vient, on ne sait plus qui l’on est, on ne sait plus de quoi l’on est capable. Pire : notre Histoire diffamée, nos ancêtres culpabilisés, on souhaite disparaître. Et à 23 ans, on en vient à se faire ligaturer les trompes ou à promouvoir l’extinction en publiant sur les réseaux sociaux les bienfaits de sa vasectomie “engagée”… Trop nombreuses sont les manifestations de cet instinct de mort qui parcourt les nouvelles générations.

Notre histoire ce n’est pas le relativisme culturel ou le cosmopolitisme enseignés par l’Éducation nationale, qui n’est pas plus éducation, qu’elle n’est nationale. Notre histoire est spécifique. Elle n’est pas non plus abstraction, nos valeurs fondatrices sont concrètes et s’incarnent. Contre le déclin qui nous menace, pour reprendre le fil du destin qui devrait être le nôtre, il faut les réactiver. Tel sera l’objet de mon propos.

Aimer la France, la patrie. Défendre, se battre pour une idée plus grande que soi… en voilà des mots qui nous font vibrer ! Or, ils ne parlent pas, il ne parlent plus à tout le monde: allez les dire à un adolescent de 15 ans et il ne comprendra même pas de quoi vous lui parlez. Mais chantez l’épopée de notre plus sublime héroïne et vous aurez rendu cette idée concrète. Quoi de plus beau qu’une fille de 17 ans qui mène les hommes au combat, qui les fait se relever et gagner les batailles ? Quoi de plus marquant que la flèche qui transperce Jeanne d’Arc, la fait chuter, mais qui ne l’arrête pas ? Tout comme, avant cela, les années qu’elle passe, entêtée, indéfectible, résolue à convaincre qu’elle est là, qu’elle est née pour sauver la France.

Ce qui fera dire à l’historien Jules Michelet : « Souvenons-nous toujours, Français ! que la patrie, chez nous, est née du cœur d’une femme, de sa tendresse, de ses larmes, du sang qu’elle a donné pour nous. » Quel enfant, en entendant ces mots, ne ressent pas l’immédiate fierté d’être français ?

Le sens de l’honneur, la droiture, la noblesse d’âme. Incarner l’exemple par ses qualités. Pas sûre non plus qu’un adolescent nous comprenne. Mais parlez-lui de « monsieur Henri », Henri de La Rochejaquelein, le kalos kagathos vendéen. Le bon et le beau, allié à la fougue de la jeunesse. Dites-lui combien il est chéri par ses gens, ses petites gens pour lesquels il s’est sacrifié. Qu’est-ce que le héros, sinon sacrifice ?

Tous concordent : Henri est beau, grand, blond, jeune… Trop jeune pour les autres Nobles vendéens révoltés et auquel il avait demandé de s’unir. Or, quelques jours après le refus, une horde de paysans munis de fourches, de faux et de quelques fusils, pénètre dans la cour de son petit château : ils viennent quérir leur seigneur. Ils savent que sous ses airs timides, se cache un preux chevalier. Et s’ils savent, c’est parce qu’ils ont une mémoire encore vivante, ils se souviennent ce qu’Aristocrate veut dire… ils auront raison. Le taciturne se révèle un exceptionnel meneur d’hommes en leur lançant : « J’ai contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience ; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. Allons chercher l’ennemi : si j’avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi ! » Des mots, que bien d’autres chefs lui emprunteront plus tard.

Nos annales regorgent de modèles héroïques. Et il y a aussi, loin du fracas des armes, des dévouements plus silencieux, qui ont valu à celles et ceux qui en ont fait montre non moins de gloire. C’est ce que les femmes de la Rome antique nous enseignent.

Rome est exemplarité, abnégation, sens du devoir.

C’est Cornelia Gracchus, quel modèle ! À la fortune et un remariage royal, elle choisit de se consacrer à l’éducation de ses enfants. Pas pour être une gentille maman, mais pour participer à la grandeur de Rome : en incarnant l’éthique sur laquelle cette dernière avait été bâtie et en formant ses futurs citoyens.

Cornelia, fille de l’insigne Scipion, le vainqueur d’Hannibal, avait elle-même grandi dans le culte de l’excellence. Elle veut que ses fils, Tibérius et Caius se montrent à leur tour dignes de la place privilégiée qui est la leur, qu’ils personnifient eux aussi les valeurs ancestrales. Devenus de célèbres tribuns, ils continueront à la consulter fréquemment. Sa renommée sera immense. Une popularité qu’elle ne doit pas seulement à son statut de mère exemplaire, mais aussi et surtout à son savoir et son intelligence.

Ces femmes, brillants modèles, ne sont pas rares. Cornélia, Aurelia, Octavie, Agrippine et les autres prestigieuses matrones sont dévouées à leur époux ou à leurs enfants, mais elles n’en sont pas moins au cœur du pouvoir, les réduire à mères et épouses, c’est en oublier combien elles étaient puissantes. Et que leur carrière politique ne s’exerçait pas qu’en coulisse : elle était chose publique. Femmes de trempe, glorifiées en tant que tel…

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SOURCE : Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne.