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PARIS : Sandrine DORBES : « Le pouvoir d’achat demeure un facteur déterminant »
Une étude de l’agence HOW MUCH révèle que si 52 % des Français n’aiment pas leur travail, 85 % accepteraient un poste déplaisant pour un meilleur salaire.
Le plaisir au travail est-il devenu un luxe que les actifs français ne peuvent plus s’offrir ? Face à un contexte économique où le pouvoir d’achat est une préoccupation centrale, le salaire semble reprendre nettement le dessus sur la quête de sens. C’est le constat majeur d’une nouvelle enquête nationale, menée du 28 avril au 6 mai 2026 par l’agence HOW MUCH (http://www.how-much.fr) auprès d’un échantillon représentatif de 2 615 actifs, qui met en lumière un paradoxe révélateur entre l’aspiration à l’épanouissement professionnel et les impératifs financiers.
« Cette nouvelle étude met en lumière un paradoxe très révélateur de l’époque : les salariés aspirent à plus de plaisir et d’équilibre dans leur vie professionnelle, mais ils restent profondément attachés à la sécurité financière. On parle beaucoup de quête de sens, mais les chiffres montrent que le pouvoir d’achat demeure un facteur déterminant, souvent même décisif. L’engagement ne doit pas reposer uniquement sur le niveau de salaire, mais il ne faut pas non plus l’ignorer. L’enjeu est désormais de construire une proposition de valeur complète, capable de concilier rémunération, intérêt du poste, reconnaissance et perspectives d’évolution », analyse Sandrine Dorbes, experte en stratégie de rémunération et créatrice de HOW MUCH.
Un désamour croissant pour le travail
Le premier enseignement du sondage est sans appel : une majorité de Français n’aime pas son travail. En effet, 52 % des personnes interrogées déclarent ne pas y trouver leur compte, se répartissant entre 29 % qui répondent « non, plutôt pas » et un inquiétant 23 % qui affirment « non, pas du tout ». À l’inverse, seuls 47 % des actifs disent encore y trouver du plaisir, dont 31 % « oui, plutôt » et seulement 16 % « oui, tout à fait ». Ces chiffres soulignent un désengagement notable et placent l’intérêt des missions au cœur des défis pour les entreprises.
Le salaire, arbitre quasi absolu
Malgré ce manque d’enthousiasme, la rémunération reste le levier de décision le plus puissant. L’étude révèle que 85 % des Français accepteraient un travail qui ne leur plaît pas en échange d’un salaire nettement plus élevé. Dans le détail, 19 % le feraient « sans hésiter », tandis que 52 % y consentiraient « si l’augmentation est très importante ». Seuls 12 % des sondés privilégient l’intérêt du travail de manière inconditionnelle.
Cette tendance se confirme lorsqu’on inverse la question : 71 % des actifs ne sont pas prêts à accepter une baisse de salaire pour un métier plus épanouissant. Parmi eux, 38 % refuseraient catégoriquement (« non, jamais ») et 33 % ne l’envisageraient qu’en cas de « forte insatisfaction » dans leur poste actuel. Finalement, à peine plus d’un quart des Français (27 %) se disent prêts à gagner moins pour un métier qui aurait plus de sens.
Le prix élevé du renoncement à la passion
Si le désintérêt professionnel peut se monnayer, le prix à payer doit être significatif. Interrogés sur l’augmentation de salaire qui pourrait les convaincre d’accepter un travail moins intéressant, 35 % des répondants exigent une hausse de plus de 30 %. Pour 19 %, une augmentation de 20 % à 30 % serait nécessaire. Le renoncement à l’épanouissement a donc un coût élevé, confirmant que si l’argent est un moteur, il doit compenser une perte de sens substantielle.
Cette primauté du salaire se reflète dans les parcours professionnels. Seuls 11 % des Français déclarent avoir déjà quitté un emploi mieux payé pour un poste plus épanouissant. Une large majorité (57 %) n’a jamais franchi ce pas ou n’y a même jamais songé sérieusement.
À propos de l’étude
Ce sondage a été réalisé en ligne du 28 avril au 6 mai 2026 auprès d’un échantillon de 2 615 actifs français, représentatif de la population nationale (sexe, âge, région) selon la méthode des quotas. Fondé en 2020 par Sandrine Dorbes, ancienne responsable rémunération dans un grand groupe bancaire, le cabinet HOW MUCH se spécialise dans l’élaboration de politiques salariales visant à concilier performance économique et dialogue social.


