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PARIS : Produits de la mer – Les Français, grands con…

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PARIS : Produits de la mer – Les Français, grands consommateurs mais piètres connaisseurs

Une étude révèle le paradoxe des Français : s’ils plébiscitent les produits de la mer, leur méconnaissance des origines et des filières reste profonde.

Si 92 % des Français consomment des produits de la mer, cette adhésion de façade masque une réalité bien plus complexe, faite d’idées reçues, de méconnaissance et de contradictions. C’est le constat dressé par une récente étude OpinionWay, menée pour le compte de Seafood Scotland, l’interprofession de la pêche et de l’aquaculture écossaises. Réalisée en février 2026 auprès d’un échantillon représentatif de plus de 1 000 personnes, l’enquête met en lumière les défis majeurs que doit relever la filière pour s’ancrer durablement dans les habitudes de consommation, notamment auprès des jeunes générations.

Un plébiscite en trompe-l’œil

Malgré une image très positive, associée au plaisir (76 %), à la santé (61 %) et à la qualité (48 %), les produits de la mer peinent à s’imposer comme un choix quotidien. Ils ne représentent que la troisième source de protéines la plus consommée (14 %), loin derrière la viande (51 %) et les œufs (24 %). Pour les moins de 35 ans, ils tombent même à la quatrième place. Deux freins majeurs expliquent cette situation. Le premier est économique : 75 % des Français estiment qu’une consommation régulière de poisson et de crustacés nécessite des moyens financiers importants, une perception particulièrement prégnante dans le contexte inflationniste actuel. Le second frein est d’ordre pratique : 34 % des sondés, et jusqu’à 51 % des 25-34 ans, jugent ces produits « difficiles à cuisiner ». Cette barrière technique et psychologique freine le passage à l’acte, alors même que le potentiel de croissance est réel : 60 % des Français se déclarent prêts à remplacer la viande par du poisson.

Origine et labels : entre exigence et confusion

L’étude révèle un autre paradoxe de taille : alors que l’origine est un critère d’achat pour près d’un Français sur deux (49 %) et que les labels influencent le choix de près de sept consommateurs sur dix, les connaissances concrètes sont extrêmement lacunaires. L’Écosse, pourtant un fournisseur majeur du marché français, en est l’exemple frappant. 85 % des personnes interrogées ignorent que le saumon écossais a été le premier produit alimentaire non français à obtenir le prestigieux Label Rouge, et ce dès 1992. De même, 87 % ne savent pas que l’Écosse est le premier fournisseur mondial de langoustines, assurant les trois quarts de la production. Enfin, seulement 21 % ont conscience que la France est le premier marché mondial pour le saumon écossais. Cette méconnaissance se double d’une confusion face à la signalétique : plus de la moitié des Français (52 %) jugent les labels trop nombreux et difficiles à comprendre (54 %), ce qui nuit à leur efficacité comme outil d’aide à la décision.

Le défi des jeunes et les idées reçues sur l’aquaculture

La conquête des jeunes consommateurs apparaît comme le chantier prioritaire de la filière. Plus réticents à substituer la viande par le poisson, ils sont aussi les plus concernés par les préjugés, notamment sur l’aquaculture. L’étude montre que les idées reçues ont la vie dure : 82 % des Français pensent, à tort, que le poisson sauvage est systématiquement meilleur pour l’environnement que le poisson d’élevage, et 62 % ignorent que la moitié des produits de la mer consommés dans le monde provient de l’aquaculture. Toutefois, une évolution se dessine. Les moins de 35 ans perçoivent plus favorablement l’élevage, l’associant à la durabilité (23 %) et à la modernité (23 %). « C’est une tendance de fond qui a toute son importance car elle dessine un consommateur en train de se réconcilier avec l’idée qu’un poisson d’élevage peut être un choix engagé, savoureux et responsable », analyse Marie-Anne Omnes, responsable trade marketing Europe pour Seafood Scotland. Ce changement de perception est une opportunité pour des acteurs comme Seafood Scotland (www.seafoodscotland.org), qui s’engagent dans des pratiques durables (gestion des stocks, certifications, traçabilité) pour répondre aux attentes des consommateurs.

Ces enjeux seront au cœur des discussions du salon Seafood Expo Global, le rendez-vous mondial de l’industrie, qui se tiendra à Barcelone du 21 au 23 avril prochains.