PARIS : Prix du gaz – Une hausse de 25 % à 50 % menac…
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PARIS : Prix du gaz – Une hausse de 25 % à 50 % menace les foyers français
Selon Hello Watt, la crise au Moyen-Orient pourrait faire flamber les factures de gaz de 10,3 millions de foyers français.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient font peser une menace directe sur le portefeuille de millions de Français. Selon une étude publiée par la société Hello Watt, la récente volatilité des marchés de l’énergie pourrait entraîner une augmentation de 25 % à 50 % des factures de gaz. Début mars, le prix du gaz sur les marchés européens a en effet connu une flambée de +70 %, avec des pics atteignant +130 %, annonçant une pression durable sur les budgets des ménages.
Concrètement, ce sont 10,3 millions de foyers raccordés au gaz qui sont concernés, auxquels s’ajoutent 2,6 millions d’utilisateurs de fioul, frappés encore plus durement. Pour un foyer de quatre personnes se chauffant au gaz, le surcoût annuel pourrait s’élever de 260 € à plus de 525 €. La situation est d’autant plus critique que 60 % de ces ménages disposent d’un contrat à prix indexé, les laissant sans aucune protection face à cette flambée.
Un contexte de hausse structurelle
Cette nouvelle crise vient s’ajouter à une augmentation déjà bien installée. Entre mars 2020 et mars 2026, la facture de gaz d’un foyer type a doublé, passant de 630 € à 1 260 € par an pour une consommation de 10 000 kWh.
Cependant, la situation actuelle diffère de la crise énergétique de 2022. À l’époque, les prix de l’électricité et du gaz augmentaient de concert, ne laissant aucune alternative viable. Aujourd’hui, d’après l’analyse d’Hello Watt, le contexte a changé : l’électricité française, portée par un parc nucléaire fonctionnel et le développement des énergies renouvelables, offre des tarifs plus stables et compétitifs. Le tarif réglementé de vente de l’électricité est resté stable en février 2026, et certaines offres de marché proposent même des réductions significatives.
Le Nord et l’Est en première ligne
L’impact de cette hausse ne sera pas uniforme sur tout le territoire. Pour identifier les zones les plus vulnérables, Hello Watt a développé un indice d’exposition croisant la part des logements chauffés au gaz et la consommation moyenne par foyer. Il en ressort que les départements du Nord et du Nord-Est sont les plus exposés.
La Moselle arrive en tête de ce classement, avec plus de 40 % de ses foyers se chauffant au gaz pour une consommation moyenne élevée de 12 MWh par an. Elle est suivie de près par le Nord et la Meurthe-et-Moselle, qui cumulent les mêmes facteurs de risque.
Des solutions pour se protéger à court et long terme
Face à cette menace, des solutions existent. À très court terme, la mesure la plus simple est de se prémunir contre la volatilité des prix. « La hausse des marchés ne se répercute pas immédiatement sur la facture des particuliers, mais le rattrapage est inéluctable pour ceux qui ont une offre à prix indexé. Il y a une fenêtre de tir critique pour agir maintenant, et sécuriser son prix du gaz avec une offre à prix fixe, avant que les fournisseurs ne soient contraints d’augmenter leur prix », explique Maxime Detony, Directeur de l’activité Énergie d’Hello Watt. L’entreprise a d’ailleurs constaté une augmentation de près de 90 % des souscriptions à des contrats de gaz depuis le début du conflit, signe d’une prise de conscience des consommateurs.
À moyen et long terme, la solution la plus pérenne réside dans le changement du système de chauffage. Le passage d’une chaudière à gaz à une pompe à chaleur (PAC) air-eau est désormais présenté comme l’option la plus efficace. Contrairement à une idée reçue, une PAC moderne, correctement dimensionnée, est performante même dans un logement qui n’est pas parfaitement isolé, comme l’a confirmé un avis de l’ADEME en octobre 2025.
La pompe à chaleur, un investissement rentable
L’investissement dans une pompe à chaleur, bien que conséquent, est soutenu par des aides publiques significatives. Les certificats d’économies d’énergie (CEE) sont accessibles à tous les niveaux de revenus, et peuvent atteindre 5 000 € pour les ménages les plus aisés. Couplées à MaPrimeRénov’, les aides pour les foyers les plus modestes peuvent couvrir jusqu’à 10 800 € du coût d’installation.
Une simulation réalisée par Hello Watt montre qu’avec une hausse du gaz de 25 %, une pompe à chaleur divise par deux le coût annuel du chauffage. Le retour sur investissement, estimé à sept ans en moyenne, se raccourcit à mesure que le prix du gaz augmente. « En 2022, les Français n’avaient aucune solution de repli : le gaz et l’électricité flambaient en même temps. Aujourd’hui, l’électricité est redevenue bien plus compétitive. Pour les foyers chauffés aux énergies fossiles, passer à la pompe à chaleur est désormais le moyen le plus concret de se protéger durablement », conclut Pierre-François Morin, Directeur de l’activité Rénovation énergétique d’Hello Watt.
Hello Watt (https://www.hellowatt.fr/), à l’origine de cette étude, est une entreprise spécialisée dans la maîtrise de la consommation d’énergie pour les particuliers, proposant un suivi via une application mobile et l’installation d’équipements de rénovation énergétique. L’étude complète est disponible sur son site.


