PARIS : Moderne Art Fair, c’est 50 galeries et des expositi…
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PARIS : Moderne Art Fair, c’est 50 galeries et des expositions du 23 au 26 octobre
Dans deux semaines ouvriront les portes de Moderne Art Fair 2025, place de la Concorde à Paris, du 23 au 26 octobre.
Une cinquantaine de galeries présentes :
Les galeries d’art moderne
Dans le premier pavillon, plusieurs galeries spécialisées dans les mouvements d’après-guerre, tels que l’expressionnisme abstrait, présenteront une sélection d’œuvres majeures : Galerie Berès, Pierre Cornette de Saint Cyr, Galerie Dominique Hurtebize, la Galerie Bert, la Galerie Messine, la Galerie Najuma, la Galerie Mala, , la galerie Artisyou ou encore Kalisto Fine Art et la galerie Germaine, nouvelles arrivantes. Les galeries espagnoles – Cortina, Calzada – mettront quant à elles en lumière les artistes emblématiques du XXe siècle, de Picasso à Miró, de Dalí à Saura, en passant par Miquel Barceló et Manolo Millarès. Tous ont entretenu un lien fort avec Paris, ville où ils ont vécu, étudié ou trouvé l’inspiration. De Zutter Art Gallery (Knokke-Heist) présentera un ensemble d’œuvres allant de 1945 à nos jours, incluant les groupes CoBrA et Zéro. Certaines galeries du second pavillon prolongeront ce panorama en allant jusqu’aux Nouveaux Réalistes et à la Figuration narrative, avec notamment les Galeries Saltiel, AD Galerie Montpellier, Bertheas, Perahia, David Pluskwa Art Contemporain….
Photographie et art cinétique
La photographie sera représentée par Gadcollection (Paris), spécialisée dans le vintage, et ArtitledContemporary (Pays-Bas), qui défend une photographie figurative au style pictorialiste marqué avec des artistes tels que Tom Blachford et Dean West. L’art cinétique et l’abstraction géométrique seront également à l’honneur, la Galerie Lélia Mordoch, la Galerie Mark Hachem et la Galerie Protée, fidèle à ses grands accrochages colorés et à son engagement auprès des générations d’abstraction depuis plus de 50 ans. La Galerie Jeanne, venue de Munich, participera pour la cinquième fois avec une sélection allant du modernisme classique à l’art contemporain. Les galeries Capazza, Modern Shapes Gallery, P-Sculpture et 1831 ARr Gallery mettront à l’honneur la sculpture moderne et contemporaine ainsi que la céramique.
La scène contemporaine
La partie contemporaine réunira notamment les galeries Ange Monnoyeur, A Tempera, Artima, Nichido et nouvelles venues Estelle Lebas et la galerie Zberro, ainsi que les belges LKFF Art Project, Art22 Gallery. La Galerie GNG présentera comme à son habitude un solo show consacré cette année à Guy Ferrer, artiste français dont l’œuvre, entre peinture et sculpture, explore la mémoire, l’identité et la condition humaine à travers un langage sensible et universel.
Un invité d’honneur :
· Mathias Kiss
Artiste singulier et inclassable, il développe depuis plus de vingt ans une œuvre à la croisée de l’architecture, du design et de l’art contemporain, où se confrontent héritage classique et expérimentations radicales. Ancien compagnon d’art, formé aux savoir-faire ornementaux et à la rigueur des métiers de tradition, Mathias Kiss s’empare des codes décoratifs pour mieux les détourner. Ses œuvres, souvent monumentales, interrogent la notion même d’espace et de perception : miroirs fragmentés, dorures déployées, murs pliés ou paysages de ciel capturés. En défiant la frontière entre fonctionnalité et contemplation, il invente un langage poétique où l’art se fait expérience immersive. Le travail de sculpture nourri de révolte et blessures d’enfance, tente de libérer un cadre, celui de la famille, du déterminisme scolaire et social, de la pensée unique, de le froisser ou le percer retrouvant souvenirs pop des bandes dessinées, papiers froissés ou cadre piétiné correspondant aux premiers désirs de création personnelle et premiers rêves d’évasion, à travers des références communes plus ou moins académiques, l’artiste revendique une liberté de geste, de vision et de lecture, nous faisant redécouvrir un patrimoine libéré de ses codes techniques ou esthétiques…
Des expositions :
· Figures du silence
Exposition photographique avec le Centre d’art La Chapelle de Clairefontaine
L’exposition propose une mise en regard singulière entre deux genres classiques de l’histoire de l’art : le paysage et le portrait. Leur confrontation ouvre un espace de réflexion sur la manière dont l’image construit à la fois une représentation du monde et une projection de soi. Les paysages invitent à la contemplation et à la mémoire collective, tandis que les portraits révèlent la singularité des visages et l’intime. Ensemble, ils tissent un dialogue de correspondances et de contradictions : universalité du paysage face à l’individualité du portrait. Pourtant, dans leurs silences respectifs, ils se rejoignent — miroir intérieur d’un côté, ouverture sur le monde de l’autre. Cette tension invite à repenser le rôle du silence dans l’expérience esthétique : silence de la nature, silence du visage, silence de l’image. Elle questionne aussi notre regard : que dit un paysage de celui qui l’observe ? Que révèle un portrait de son contexte ?
L’exposition invite également à réfléchir à la transformation du médium face aux enjeux du numérique, à travers un ensemble d’œuvres sensibles et conceptuelles qui questionnent l’authenticité, la mémoire et l’image en tant que construction culturelle contemporaine.
Édith Baudrand – L’encre et la peau : une exploration de l’intime
Commissaire d’exposition : Lumir Ardant-Leverd
Lumir Ardant-Leverd, figure engagée de la scène curatoriale, propose ici une lecture monographique du travail d’Édith Baudrand, peintre et plasticienne, connue pour sa collaboration avec le cinéma (Séraphine, At Eternity’s Gate, Bonnard, Pierre et Marthe). Son œuvre personnelle explore la matière picturale, le corps et l’intériorité féminine, à travers une série de peintures sur papier (Albédos) et une première sculpture en verre. Une proposition sensible entre figuration et abstraction.
· « La Légion dans la peau » – Photographies de Victor Ferreira
L’exposition « La Légion dans la peau » présente le travail de Victor Ferreira, ancien adjudant-chef devenu photographe, qui documente depuis plusieurs années les tatouages de ses frères d’armes. Signes d’appartenance, cris muets ou prières gravées dans la chair, ses images capturent une mémoire corporelle intime et silencieuse. Réalisée sans mise en scène, cette série témoigne d’un lien de confiance rare, construit au fil de rencontres dans les régiments, les chambrées ou les temps de repos. Chaque photographie révèle une histoire personnelle, entre loyauté, solitude et fierté. Ce projet est né d’une rencontre avec Vincent Courcelle-Labrousse, avocat, écrivain et petit-fils d’officier de Légion, à l’origine du lien entre l’artiste et la foire.
Conférence et engagement solidaire
Une conférence publique aura lieu pendant la foire, réunissant Victor Ferreira, Vincent Courcelle-Labrousse et d’autres invités pour aborder les liens entre tatouage, mémoire corporelle et identité du soldat. Les œuvres exposées seront mises en vente au profit de Solidarité Légionnaire, en soutien aux anciens légionnaires, blessés et familles endeuillées. En acquérant une œuvre, le visiteur s’associe à un engagement discret mais essentiel, dans l’esprit de fraternité et de fidélité qui fonde la Légion étrangère.
· Jean-Luc Bertini – Regards croisés : Américaines solitudes & Contemplations italiennes
À l’occasion de Moderne Art Fair 2025, Jean-Luc Bertini présentera une sélection de photographies issues de deux séries emblématiques : «Américaines Solitudes» (Actes Sud, 2020) et «Contemplations Italiennes» (Robert Laffont / Le Tripode, 2025).
Photographe indépendant franco-italien né en 1969, Jean-Luc Bertini construit une œuvre où se croisent regard humaniste, exploration des territoires et méditation sur la condition humaine. Auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux États-Unis, il publie en 2020 «Américaines Solitudes», fruit de dix années de voyages. La série a été exposée aux Rencontres de la photographie d’Arles en 2021 et plusieurs de ses images ont rejoint les collections du Département des estampes et de la photographie de la BnF.
Son prochain livre, Contemplations Italiennes, paraîtra à l’automne 2025 aux éditions Robert Laffont / Le Tripode. Réalisé au fil de nombreux voyages, il explore les cimetières monumentaux italiens, véritables musées à ciel ouvert où la sculpture et l’architecture funéraire offrent un dialogue saisissant avec le temps et la mort. Le travail de Jean-Luc Bertini est régulièrement montré dans des festivals et galeries, en France comme à l’international, et témoigne d’une écriture photographique singulière où observation et poésie visuelle s’entrelacent.
· L’art abstrait d’après-guerre en France
À l’occasion de Moderne Art Fair 2025, et en collaboration avec la Galerie Comparative, une exposition inédite met à l’honneur l’art abstrait d’après-guerre en France, courant fondateur de la modernité. Fidèle à son ADN depuis 2008, la foire propose un parcours retraçant l’émergence de la non-figuration et la diversité des voies explorées par les artistes de la seconde moitié du XXe siècle.
Née dans l’effervescence de l’après-guerre, l’abstraction française s’éloigne de la rigueur géométrique pour privilégier le geste, la matière et l’expression de l’intériorité. Entre abstraction lyrique, art informel et tachisme, elle s’impose comme un langage majeur, en dialogue avec l’expressionnisme abstrait américain. Le parcours réunit des œuvres emblématiques de Serge Charchoune, Alberto Magnelli et André Masson, annonçant cette bascule décisive, puis des figures phares des années 1950 telles que Gérard Schneider, Alfred Manessier, Camille Bryen, Arthur Bertrand et Marcelle Ferron. Une pièce monumentale de Toshimitsu Imai rappelle la portée internationale de ce courant, prolongé dans les décennies suivantes par Hans Hartung, Judith Reigl et Olivier Debré. En retraçant cette aventure, Moderne Art Fair et la Galerie Comparative offrent une lecture historique et sensible de l’abstraction française d’après-guerre, dont l’influence continue de nourrir la création contemporaine.


