PARIS : UDI – Loi d’urgence agricole, écoutons…
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PARIS : UDI – Loi d’urgence agricole, écoutons le terrain
Bénigne Colson, Maire de Frénois (21), Président de la Communauté de Communes Forêts, Seine et Suzon et récent retraité-agriculteur.
Depuis des années, j’ai vu nos agriculteurs avancer contre le vent, parfois même contre la tempête. J’ai été agriculteur, et j’ai connu ces situations ubuesques où l’on demande à ceux qui nourrissent la France de justifier chaque geste, chaque tâche, chaque parcelle cultivée.
Aujourd’hui, alors que notre balance commerciale agricole est déficitaire pour la première fois depuis des décennies, nous n’avons plus le droit de détourner le regard. La souveraineté alimentaire n’est pas un slogan : c’est la responsabilité de tous.
Le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole arrive à un moment décisif. Il ne s’agit pas d’un texte de circonstance, mais d’un texte de survie. Survie pour nos exploitations, pour nos territoires, pour notre capacité collective à produire ce que nous consommons. Les agriculteurs ne demandent pas des privilèges : ils demandent simplement de pouvoir travailler, investir, transmettre, innover, sans être entravés par des normes qui s’empilent plus vite que les récoltes ne poussent.
Nous devons redonner de la lisibilité, de la stabilité et de la confiance. Cela passe par une simplification réelle, pas de façade. Par une protection commerciale cohérente, qui ne laisse pas entrer sur notre territoire des produits que nous interdisons de produire chez nous. Par l’arrêt des injonctions contradictoires et des surtranspositions normatives françaises. Par une valorisation du métier, de la formation, de l’installation, car sans jeune agriculteur, il n’y aura plus d’agriculture du tout.
Ces quelques mots doivent aussi rappeler une évidence : l’agriculture n’est pas un problème à gérer, c’est une solution à renforcer. Une solution pour l’économie, pour l’aménagement du territoire, pour la transition écologique, notamment à l’heure de la décarbonation… Chaque fois qu’une ferme disparaît, ce n’est pas seulement une entreprise qui s’éteint : c’est un savoir-faire, un paysage, un équilibre social.
Je le dis avec la force de l’expérience : soutenir nos agriculteurs, ce n’est pas soutenir une catégorie. C’est soutenir nos territoires, c’est soutenir la France. Et c’est maintenant que cela se joue.
SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.

