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PARIS : MaPrimeAdapt’ – Des délais de traitement qui explosent et une France à deux vitesses

L’aide MaPrimeAdapt’ voit ses délais d’instruction doubler, créant des inégalités territoriales extrêmes, alerte l’opérateur Logiadapt.

Destinée à favoriser le maintien à domicile des seniors et des personnes en situation de handicap, l’aide MaPrimeAdapt’ est victime de son succès et de lourdeurs administratives. Selon Logiadapt, un opérateur agréé par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) présent dans 74 départements, les délais de traitement des dossiers s’allongent dangereusement, créant une situation critique pour des milliers de bénéficiaires fragilisés. L’entreprise, qui accompagne chaque année de nombreux demandeurs, tire la sonnette d’alarme sur des disparités devenues intenables.

Un délai médian qui a doublé en un an

Le premier constat chiffré est sans appel : le délai médian de notification d’accord a presque doublé entre 2024 et 2025, passant de 52 à 101 jours. Une tendance qui, selon l’opérateur, se poursuit à la hausse en 2026. Or, cette notification écrite est le sésame indispensable avant de pouvoir engager le moindre chantier. « Aucun travail ne peut commencer avant cet accord écrit : chaque jour d’attente est un jour de risque supplémentaire pour des bénéficiaires souvent fragilisés », souligne Logiadapt. Derrière ces statistiques se cachent des situations humaines complexes, où des travaux urgents pour prévenir les chutes ou adapter une salle de bain sont suspendus à une décision administrative.

Des disparités territoriales alarmantes

Plus inquiétant encore, l’analyse des données révèle une France à plusieurs vitesses. L’écart entre les territoires les plus performants et ceux les plus engorgés dépasse un facteur 30. D’un côté, des services traitent les dossiers en quelques semaines à peine, comme la Communauté d’Agglomération du Muretain (14 jours), l’ANAH des Alpes-de-Haute-Provence (28 jours) ou celle de la Creuse (31 jours). De l’autre, l’attente se compte en mois, voire en années. Les services de l’ANAH dans le Var affichent un délai record de 480 jours, suivis par ceux de la Vienne (322 jours) et de la Communauté d’Agglomération de Draguignan (234 jours).

« Selon où vous vivez, le même dossier est traité en deux semaines ou en un an et demi », résume l’entreprise.

Ces écarts s’expliqueraient par des raisons structurelles comme le manque de personnel dans les services instructeurs, la complexité des dossiers ou encore le renforcement des mesures de lutte contre la fraude. Pour illustrer ces inégalités, Logiadapt a développé la première carte interactive de France recensant ces délais par département.

Rappel du dispositif MaPrimeAdapt’

Lancée en janvier 2024, MaPrimeAdapt’ est une aide financière unique qui a remplacé trois anciens dispositifs (« Habiter facile » de l’Anah, le crédit d’impôt autonomie et les aides de la Cnav). Son objectif est de permettre aux personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap de financer les travaux nécessaires pour continuer à vivre dans leur logement en toute sécurité. L’aide s’adresse aux personnes de 70 ans et plus, à celles de 60 à 69 ans en situation de perte d’autonomie précoce (GIR de 1 à 6), ainsi qu’aux personnes en situation de handicap justifiant d’un taux d’incapacité d’au moins 50 %.

Quels travaux et pour quel montant ?

MaPrimeAdapt’ peut financer 50 % ou 70 % du montant des travaux, selon les revenus du foyer, dans la limite d’un plafond de 22 000 euros hors taxes. Les aménagements concernés sont variés : installation d’un monte-escalier, remplacement d’une baignoire par une douche à l’italienne, pose de barres d’appui, élargissement des portes, création d’une rampe d’accès extérieure ou encore aménagement d’une place de stationnement PMR. L’aide est accessible aux propriétaires occupants et aux locataires du parc privé, sous conditions de ressources, mais également aux propriétaires bailleurs et aux syndicats de copropriétaires pour l’aménagement des parties communes.

Un parcours utilisateur encadré

Pour solliciter l’aide, les demandeurs doivent obligatoirement se faire accompagner par un Assistant à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) habilité, qui réalise un diagnostic, aide à définir le projet de travaux et à constituer le dossier. Le point d’entrée se fait généralement via un conseiller France Rénov’ (disponible sur le site France-renov.gouv.fr) ou un guichet autonomie. Il est important de rappeler que la loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques interdit strictement tout démarchage non sollicité concernant ces travaux, afin de protéger les publics vulnérables.

Une fois le dossier validé et les travaux réalisés, la subvention est versée au bénéficiaire.

via Press Agence.