PARIS : Manon PELLAT : « Avec l’IA, la fraude peut avoir la…
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PARIS : Manon PELLAT : « Avec l’IA, la fraude peut avoir la voix de votre directeur général »
Face à l’essor des fraudes par IA, Manon Pellat, directrice de Cybersup, débattra des nouvelles menaces lors d’un petit-déjeuner presse le 26 mai.
Le paysage de la cybercriminalité connaît une mutation profonde et inquiétante. L’époque où une simple faute d’orthographe permettait de déceler un courriel frauduleux semble révolue. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle générative offre aux criminels un arsenal d’une sophistication inédite, capable de tromper les collaborateurs les plus vigilants. « Pendant longtemps, les entreprises apprenaient à repérer les fautes d’orthographe ou les mails suspects. Aujourd’hui, avec les deepfakes vocaux et l’IA générative, la fraude peut avoir la voix de votre directeur général », analyse Manon Pellat, directrice de Cybersup.
Pour décrypter ces nouvelles menaces et esquisser les stratégies de défense, une rencontre se tiendra à Paris le 26 mai prochain, réunissant des experts autour de cette question critique : l’IA est-elle en train de réinventer la fraude en entreprise ?
Une menace d’un nouveau genre : la fraude augmentée par l’IA
Les techniques traditionnelles de fraude, comme la célèbre « arnaque au président », sont désormais démultipliées par la puissance de l’intelligence artificielle. Les cybercriminels peuvent désormais générer des `deepfakes` vocaux, des imitations quasi parfaites de la voix d’un dirigeant, pour donner des ordres de virement frauduleux par téléphone. Ces usurpations d’identité, d’un réalisme confondant, contournent les barrières psychologiques et les protocoles de sécurité habituels.
Au-delà des imitations vocales, l’IA permet d’automatiser et de personnaliser les attaques à grande échelle. Les messages de `phishing` (hameçonnage) sont mieux rédigés, plus ciblés et ne contiennent plus les erreurs grossières d’antan. Cette industrialisation de la fraude rend les entreprises françaises particulièrement vulnérables, quel que soit leur secteur d’activité ou leur taille. L’enjeu n’est plus seulement de se prémunir contre des attaques informatiques, mais contre des manipulations psychologiques savamment orchestrées par des algorithmes.
L’humain, maillon faible et première ligne de défense
Face à cette vague technologique, le facteur humain reste au cœur du dispositif de fraude. Les criminels exploitent moins les failles des systèmes informatiques que les biais cognitifs, le stress ou la pression hiérarchique des employés. Un appel d’un prétendu PDG, dont la voix est familière, demandant un virement urgent et confidentiel, met à rude épreuve les procédures internes.
La discussion animée par Manon Pellat mettra en lumière les erreurs humaines les plus couramment exploitées et soulignera l’urgence de repenser la sensibilisation des équipes. La formation ne doit plus se limiter à la reconnaissance de menaces techniques, mais intégrer la dimension psychologique de la manipulation et encourager un réflexe de vérification systématique, même lorsque l’ordre semble émaner du plus haut niveau de l’entreprise.
Former les experts de demain pour une nouvelle ère de la cybersécurité
Pour contrer des menaces pilotées par l’IA, les entreprises doivent se doter d’une nouvelle génération d’experts. L’événement sera l’occasion d’aborder les compétences qui deviennent indispensables pour protéger les organisations. Il ne s’agit plus seulement de maîtriser les pare-feux et les antivirus, mais de développer une expertise pointue dans des domaines comme la `Cyber Threat Intelligence` (renseignement sur la menace), l’OSINT (`Open Source Intelligence`, renseignement en sources ouvertes) pour détecter les préparatifs d’attaques, ou encore l’analyse des fuites de données.
Manon Pellat, à la tête de Cybersup, l’école spécialisée en cybersécurité, IA, data et droit du numérique du groupe Lefebvre Dalloz, insistera sur la nécessité de former des directeurs de la cybersécurité capables de comprendre la logique des attaquants et de mener des investigations post-incident complexes. La défense doit devenir proactive, anticipant les menaces avant qu’elles ne se matérialisent.
Rencontre et informations pratiques
Ces enjeux cruciaux seront au cœur d’un petit-déjeuner presse qui se tiendra dans un format restreint pour favoriser les échanges.
L’événement aura lieu le mardi 26 mai 2026, de 9h30 à 11h00, à l’Hôtel Madame Rêve, situé au 48 rue du Louvre dans le 1er arrondissement de Paris. Il sera entièrement animé par Manon Pellat, directrice de Cybersup.


