Skip to main content

PARIS : Le capitaine N’Tchoréré, notre fierté

Print Friendly, PDF & Email
Floriane Dumont
6 Avr 2024

Partager :

PARIS : Le capitaine N’Tchoréré, notre fierté

Mettre en lumière la participation des troupes africaines aux combats contemporains menés par les troupes françaises est dans l’air du temps.

On ne compte plus les livres, les films ou les expositions qui sont consacrés aux « Tirailleurs sénégalais » à un tel point que souvent on en oublie la réalité des chiffres. Les Tirailleurs sénégalais et plus largement les combattants coloniaux ne furent ni en 14/18, ni en 39/45, ni en Indochine, et ni en Algérie, la « chair à canon » que certains dénoncent.

S’il fallait étudier la participation de chaque « région » aux combats des deux guerres mondiales au regard de leurs « Morts pour la France », la Bretagne arriverait largement en tête des régions qui ont le plus donné à la France.

Après ce rappel, deux faits essentiels sont à préciser.

Le premier porte sur les massacres dont les Tirailleurs ont été victimes en 1940 pour des raisons raciales. Lorsque l’on parle de racisme, souvenons-nous de ce que subirent les combattants noirs de nos armées en 1940. Souvenons-nous du capitaine N’Tchoréré froidement abattu à Airaines (Somme) le 7 juin 1940 parce qu’il refusait de croiser les bras au-dessus de sa tête ainsi que devaient le faire les seuls prisonniers africains et de se laisser isoler des officiers métropolitains.

Sorti major de sa promotion en 1922 à l’école des officiers d’Outre-mer de Fréjus, le capitaine N’Tchoréré refusait d’être considéré comme un « Untermensch » (« sous-homme »). Il faisait la fierté de l’armée française.

Rendre hommage à N’Tchoréré, c’est se souvenir de tous ceux qui furent massacrés par les troupes allemandes pour des raisons raciales.

Le capitaine N’Tchoréré est notre fierté partagée.

Le second fait essentiel qui nous oblige à nous souvenir, c’est la nécessité de partager une histoire commune entre la France et l’Afrique. La France et les pays africains, qui constituaient hier l’empire colonial français et qui sont aujourd’hui indépendants, partagent l’histoire des combats menés ensemble pour sauver la liberté des nations européennes. Une histoire partagée dont nous devons rappeler que si elle a des pages d’ombre, elle a aussi des pages de lumière. Une histoire partagée qui est aujourd’hui encore plus nécessaire alors que nombreux pays africains s’éloignent de la France.

Les Tirailleurs sénégalais, sont les témoins d’une histoire qui nous est commune.

A nous de nous en souvenir.

Serge BARCELLINI
Contrôleur Général des Armées (2s)
Président Général de l’association « Le Souvenir Français »

SOURCE : La lettre n°93 du Souvenir Français