PARIS : Laetitia NIAUDEAU : « Les écarts de rémunération en…
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PARIS : Laetitia NIAUDEAU : « Les écarts de rémunération entre femmes et hommes persistent »
L’Apec révèle que les inégalités salariales stagnent et que 40 % des femmes cadres craignent d’utiliser le futur droit à la transparence.
C’est un constat qui peine à évoluer. L’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publie ce mardi 3 mars 2026 son baromètre annuel sur les disparités de revenus. Alors que la Journée internationale des droits des femmes approche, les chiffres restent préoccupants : en 2025, les hommes cadres ont perçu en moyenne 16 % de plus que leurs homologues féminines, avec une rémunération brute annuelle de 58 000 euros contre 50 000 euros.
Une inégalité qui résiste à l’analyse
Si une partie de cet écart s’explique par une sous-représentation des femmes dans les fonctions les plus rémunératrices comme la direction d’entreprise ou l’industrie, la discrimination pure demeure. À poste et profil strictement équivalents, l’écart salarial s’établit encore à 6,8 %. Ce fossé se creuse avec l’âge, atteignant 12 % après 55 ans.
« Les chiffres de l’Apec montrent que les écarts de rémunération entre femmes et hommes persistent. La directive sur la transparence peut constituer un levier essentiel pour réduire les inégalités salariales, mais ce nouveau droit ne sera efficace que si toutes et tous se sentent en confiance pour l’exercer », a déclaré Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec.
Le malaise face à la transparence
L’étude met en lumière un frein psychologique majeur à l’approche de la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale. Bien que ce texte vise à réduire les écarts, 40 % des femmes cadres ne se sentent pas à l’aise à l’idée de demander à leur employeur les rémunérations moyennes des postes équivalents au leur.
La crainte d’être mal perçue par la hiérarchie ou de créer des tensions paralyse l’exercice de ce futur droit. Pourtant, le besoin de clarté est réel : la moitié des cadres déclarent mal connaître les niveaux de salaires pratiqués dans leur entreprise et jugent leur organisation opaque sur le sujet.
Un sentiment d’injustice validé par les faits
Le ressenti des femmes cadres corrobore les statistiques. Elles sont 40 % à estimer avoir moins de chances de réussite que les hommes, contre seulement 16 % pour ces derniers. Plus inquiétant, lorsqu’elles sollicitent une augmentation, elles obtiennent moins souvent satisfaction que leurs collègues masculins.
« Il faut continuer les efforts pour changer les regards et accompagner cette évolution réglementaire par des pratiques managériales et salariales réellement plus équitables », a ajouté Laetitia Niaudeau.
Mobilisation dans les territoires
Pour tenter d’inverser la tendance, l’Apec multiplie les actions de terrain durant ce mois de mars. Des événements sont organisés partout en France, notamment « L’emploi cadre au féminin » en Nouvelle-Aquitaine (du 3 au 12 mars), « Mars au féminin » dans les Hauts-de-France (du 4 au 27 mars) et les « WOmen Apec Weeks » en Auvergne-Rhône-Alpes (du 9 au 26 mars).
L’association propose également des outils concrets comme le simulateur de salaire ou les ateliers « NégoTraining », conçus pour aider les femmes à négocier leur rémunération avec plus d’assurance.
Pour les entreprises et les cadres souhaitant approfondir le sujet, l’étude complète et les outils sont accessibles sur le site de l’Apec (corporate.apec.fr).


