Passer au contenu principal

PARIS : Le « doomscrolling » génère fatigue, anxiété et iso…

Partager :

PARIS : Le « doomscrolling » génère fatigue, anxiété et isolement chez les internautes

Une enquête de PlayersTime révèle que l’hyperconnexion engendre épuisement mental et physique pour une majorité d’utilisateurs.

À l’ère de l’hyperconnexion, où la vie numérique est devenue une extension quasi permanente de notre quotidien, une nouvelle forme de lassitude s’installe. Le « doomscrolling », cette consultation compulsive et prolongée de contenus souvent négatifs, laisse des traces profondes sur le bien-être des internautes. Une vaste enquête menée en avril par PlayersTime auprès de 1 509 adultes en Amérique du Nord et en Europe dresse un tableau préoccupant des conséquences de notre temps d’écran excessif : fatigue chronique, épuisement émotionnel et sentiment d’isolement sont désormais le lot d’une part significative de la population.

Un constat d’épuisement généralisé

Les chiffres de l’étude sont sans appel : loin d’être une source de détente, les longues sessions en ligne sont devenues synonymes d’épuisement. Près des deux tiers des répondants (64,4 %) déclarent se sentir fatigués et épuisés après avoir passé beaucoup de temps sur Internet. Plus de la moitié (56,5 %) avouent également se sentir dépassés, en situation de burnout ou incapables de se concentrer.

Cette fatigue n’est pas seulement mentale. Elle se manifeste aussi physiquement, avec 37,8 % des participants rapportant des maux de tête ou les yeux secs. L’impact psychologique est également très marqué : 45,7 % se sentent émotionnellement vidés et 18,2 % se disent même déprimés ou démotivés. À l’inverse, les retours positifs sont quasi inexistants. Seuls 2,5 % des sondés se sentent heureux ou satisfaits, et à peine 1,5 % se disent alertes et productifs après une longue période de connexion.

Le paradoxe de l’hyperconnexion : plus connecté, plus seul

Alors que les plateformes sociales ont été conçues pour rapprocher les individus, l’étude met en lumière un effet paradoxal. Plus d’un quart des personnes interrogées (27,7 %) affirment se sentir seules ou déconnectées des autres après avoir navigué en ligne. L’enquête suggère que la comparaison sociale permanente, les cycles d’actualités anxiogènes et la surstimulation contribuent à un sentiment croissant de solitude et d’épuisement émotionnel. Cette réalité contraste fortement avec la promesse initiale d’un monde plus interconnecté et solidaire.

Une spirale entretenue par les algorithmes

Pour les analystes, ce phénomène n’a rien d’un hasard. Il est le fruit d’une mécanique bien rodée, conçue pour capter notre temps et notre énergie émotionnelle. « Le « doomscrolling » a peut-être commencé comme une activité de loisir, mais il est maintenant évident qu’il est une source de fatigue mentale. Les plateformes numériques ne se contentent plus de rivaliser pour l’attention des utilisateurs, mais pour une part aussi grande que possible de leur temps et de leur énergie émotionnelle. Les fonctionnalités conçues pour maximiser l’engagement récompensent souvent l’indignation, l’anxiété ou la surstimulation, car ces émotions maintiennent les gens en train de faire défiler les contenus plus longtemps », analyse Aleksandra Dimitrova, analyste de données et auteure chez PlayersTime.

Des habitudes ancrées et une volonté de changement

L’étude révèle à quel point ces habitudes sont devenues la norme. Près de 78 % des participants passent cinq heures ou plus en ligne chaque jour, et 46 % admettent consulter leur téléphone dès le réveil. La fracture générationnelle est frappante : 78,6 % des membres de la génération Z (18-29 ans) passent plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux, contre seulement 7,5 % des baby-boomers.

Pourtant, une prise de conscience semble émerger. Une écrasante majorité des sondés (près de 90 %) souhaitent changer leurs habitudes numériques. 64,1 % voudraient cesser de « scroller » sans réfléchir et 61 % aimeraient passer moins de temps en ligne mais n’y parviennent pas. Ce désir de déconnexion se heurte à des mécanismes addictifs puissants, laissant de nombreux utilisateurs dans un sentiment d’impuissance face à une technologie qui semble avoir pris le contrôle.

L’étude complète et les données brutes sont accessibles au public pour une consultation détaillée.

– Rapport complet : https://www.playerstime.com/reports/doomscrolling-survey/

– Données de l’enquête : https://docs.google.com/spreadsheets/d/1rU_XFEu2BCKXyRzONWIbo5oSyeun2Ax7_nKPAoXHzKk/edit?gid=86565799#gid=86565799