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PARIS : La police face à des défis majeurs

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PARIS : La police face à des défis majeurs

Nicolas Samsoen, Maire de Massy (91) et Vice-président du Conseil départemental de l’Essonne.

« Tout le monde déteste la police » : ce slogan, parfois scandé dans des manifestations, dénoterait une « haine du flic à son paroxysme » (Le Figaro, 10/05).

Maire d’une ville populaire, je conteste fortement cette vision d’un désamour général.

D’abord, il est bon de rappeler une évidence : les Français sont attachés à la police. Les attentes des habitants sont fortes. Et cette attente est encore plus forte dans les milieux populaires ! C’est de l’insuffisance des moyens de la police dont les habitants se plaignent, pas d’un « trop de police ».

Pour autant, on ne peut nier l’augmentation des agressions. Il y a les actes de grand banditisme avec encore récemment un drame ; la mort de deux agents pénitentiaires dans l’Eure. Les opérations de maintien de l’ordre public tournent aussi parfois au drame ; la mort d’un jeune gendarme de 22 ans en Nouvelle-Calédonie nous le rappelle tristement.
Et puis il y a les violences du quotidien, quand lors d’interventions plus classiques il arrive que des policiers soient agressés.

Il y a aussi un climat de méfiance qui a pu s’instaurer dans certains quartiers, qu’il faut essayer de comprendre.

La police est objectivement plus « distante » qu’avant ; l’idée de la « police de proximité » s’est perdue. Sortons des clichés : l’objectif n’est pas que policiers et jeunes jouent au foot ensemble. En revanche, il y a besoin de cette présence rassurante, à pied, sur un terrain pas forcément perçu comme hostile, il y a besoin, si j’ose écrire, que la police soit une « force tranquille ». Mais l’augmentation des violences rend cela très difficile, et les effectifs manquent pour assurer ces missions en toute tranquillité. Notre police, de façon légitime, ne se sent pas en sécurité, se protège davantage. Et cette distance nourrit la méfiance.

Cette défiance est aussi entretenue par les contrôles au faciès, qui sont une réalité mesurée. Soyons clairs, je ne crois pas, pas un instant, à des violences policières systémiques. Les Maires qui côtoient la police au quotidien le savent bien. Mais ces pratiques nourrissent inutilement le ressentiment ; il faut les combattre.

Enfin, il y a des gens toujours prêts à jeter de l’huile sur le feu. Il y a la tendance de la presse à « en rajouter ». Les plus anciens se souviennent de Paul Voise et de son impact sur les élections de 2002. Il y a, de plus en plus, une exploitation par une extrême-gauche décomplexée, de chaque usage de la force, même légitime.

Cette défiance peut être surmontée. À Massy, suite à des violences interquartiers, nous avons mené des rencontres entre jeunes des différents quartiers, et entre les jeunes et la police. Concrètement, les deux « mondes » se parlent, essaient de se comprendre, et de renouer avec une certaine confiance. Ne rêvons pas de faire disparaître toute violence, mais l’addition de moyens de prévention et de moyens policiers permet d’atténuer les tensions.

Surtout, nous avons besoin de davantage de moyens de police ; mais c’est une autre affaire !

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