PARIS : José CASTANO : « Former ici pour reconstruire là-ba…
Partager :

PARIS : José CASTANO : « Former ici pour reconstruire là-bas »
Dans une tribune, José Castano plaide pour le retour des compétences, seule voie selon lui pour un développement durable des pays du Sud.
Dans une tribune intitulée « Former ici pour reconstruire là-bas », José Castano prend le contre-pied des discours dominants sur l’immigration, qu’il juge fondés sur une « culpabilité ritualisée ». Il avance une thèse forte : la véritable aide au développement ne réside pas dans l’accueil massif, mais dans la formation et le retour des compétences dans les pays d’origine. « Former ici pour reconstruire là-bas, c’est refuser que le savoir s’égare dans l’exil et choisir de le rendre à la terre qui en a le plus besoin », affirme-t-il en préambule.
Le mythe humanitaire de l’exil durable
Selon l’auteur, la politique d’accueil massive, souvent présentée comme un « acte de charité », est une « illusion morale ». Il dénonce ce qu’il nomme « le mythe humanitaire de l’immigration salvatrice », arguant qu’elle offre principalement « l’assistanat, la marginalité ou l’économie informelle » aux nouveaux arrivants. Pour lui, il s’agit d’un « trompe-l’œil » et d’un « faux humanisme de l’exil durable ». Il soutient que les ressources investies pour un seul immigré en France pourraient permettre de « faire vivre, travailler et former utilement des dizaines de personnes dans leur pays d’origine », soulignant que l’exil massif affaiblit les nations qui se vident de leurs forces vives au lieu de les enrichir.
Des transferts financiers à l’efficacité limitée
José Castano remet également en cause l’efficacité des transferts d’argent des migrants vers leur pays. Loin d’être une planche de salut, ces fonds alimenteraient une « économie de façade ». Il décrit des « maisons (la plupart du temps inachevées) ceinturant les capitales africaines » et une consommation de biens importés qui « étouffent la production locale ». Il prend l’exemple symbolique du pain blanc, qui a supplanté les céréales traditionnelles, « ruinant des filières agricoles entières ». Dans la même veine, il critique certaines politiques d’aide alimentaire qui, sous des dehors bienveillants, ont déstabilisé des économies fragiles et accéléré l’exode rural.
L’immigration choisie, un pillage des compétences
Le raisonnement s’étend à l’immigration dite « choisie », qu’il considère comme la plus dommageable. Cette politique, selon lui, « prive les pays du Sud d’initiateurs, d’ingénieurs, d’enseignants, de cadres, de médecins dont ils auraient désespérément besoin pour bâtir leur avenir ». La « fuite des élites » est ainsi qualifiée de « plus grave des pertes ». Pour José Castano, le constat est sans appel : « Une nation ne se développe pas quand ses forces les plus compétentes la quittent durablement ». Le développement, insiste-t-il, ne se construit pas dans l’exil mais lorsque les compétences circulent avant de revenir « irriguer le tissu local ».
Faire du retour le moteur d’un développement autonome
Face à ce qu’il décrit comme une impasse, José Castano défend une alternative centrée sur la responsabilité et l’enracinement. La solution serait de former les individus pour qu’ils puissent ensuite transmettre leur savoir dans leur propre pays. L’immigré formé qui retourne chez lui cesse d’être un exilé pour devenir « passeur, bâtisseur, créateur d’emplois, multiplicateur de compétences ». Cette transmission est, à ses yeux, la clé d’un progrès authentique. « Un métier transmis vaut plus qu’un salaire expatrié », conclut-il, affirmant que « le retour des compétences demeure la seule voie d’un développement réel, autonome et durable ».


