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PARIS : Alexis BOEGLIN : « Les cryptomonnaies des ados, un risque fiscal insoupçonné pour les parents »
Face à l’engouement des adolescents pour les cryptomonnaies, de nombreux parents s’exposent sans le savoir à des sanctions fiscales lourdes.
L’achat de Bitcoin, d’Ethereum ou d’autres crypto-actifs n’est plus l’apanage des experts financiers. Avec la démocratisation des plateformes d’échange en ligne, les adolescents sont de plus en plus nombreux à s’aventurer sur ce marché volatil et numérique. Mais derrière cette activité qui peut sembler anodine se cache une réalité fiscale complexe, dont les conséquences retombent directement sur leurs parents, souvent dans l’ignorance la plus totale. C’est l’alerte que lance Alexis Boeglin, directeur des opérations (COO) de la plateforme CrypCool, spécialisée dans les crypto-actifs.
Un phénomène numérique aux conséquences bien réelles
Le scénario est de plus en plus courant : un adolescent, rattaché au foyer fiscal de ses parents, utilise son argent de poche ou de petits boulots pour ouvrir un compte sur une plateforme d’échange de cryptomonnaies. En quelques clics, il achète, vend, et spécule. Pour lui, il s’agit d’un univers virtuel, déconnecté des contraintes administratives du monde adulte. Or, la loi française est très claire : tout gain en capital et tout compte détenu à l’étranger, même numérique, doivent être déclarés à l’administration fiscale.
« De nombreux parents ignorent que les comptes de cryptomonnaies ouverts par leurs enfants mineurs, souvent sur des plateformes dont le siège social est à l’étranger, doivent être déclarés au même titre qu’un compte bancaire classique hors de France », explique Alexis Boeglin. « L’oubli, même involontaire, peut être considéré par le fisc comme une fraude et entraîner des pénalités significatives ».
L’oubli de déclaration : des amendes et un risque de redressement
Le risque pour les parents est double. D’une part, l’omission de déclarer un compte d’actifs numériques détenu à l’étranger via le formulaire n°3916-bis est passible d’une amende forfaitaire. D’autre part, si l’adolescent réalise des plus-values en revendant ses cryptomonnaies contre des euros, ces gains sont imposables. Intégrés dans la déclaration de revenus des parents, ils sont soumis à la « flat tax » de 30 % (prélèvement forfaitaire unique).
En cas de contrôle fiscal, le rattrapage peut être douloureux. L’administration peut remonter sur plusieurs années et appliquer des majorations aux montants non déclarés, transformant les petits gains d’un adolescent en une dette fiscale conséquente pour sa famille. « Le problème majeur est le manque d’information. Les parents ne pensent pas à interroger leurs enfants sur ce type d’activité financière et les jeunes ne mesurent absolument pas les implications fiscales de leurs investissements », poursuit le COO de CrypCool (https://crypcool.com/).
Dialogue et pédagogie pour éviter les écueils
Face à ce risque grandissant, la prévention et la communication au sein de la famille sont essentielles. Il ne s’agit pas nécessairement d’interdire cette pratique, mais de l’encadrer et de se conformer aux obligations légales. Les experts recommandent aux parents d’engager un dialogue ouvert avec leurs adolescents sur leurs activités en ligne, y compris financières.
Il convient de vérifier si des comptes ont été ouverts, de rassembler l’historique des transactions et, le cas échéant, de régulariser la situation lors de la prochaine déclaration de revenus. « La première étape est la prise de conscience. Il faut démystifier le sujet et l’aborder sereinement. Mieux vaut être proactif et déclarer correctement les comptes et les éventuels gains plutôt que d’attendre un contrôle fiscal qui peut s’avérer complexe et coûteux. L’anticipation est la meilleure protection », conclut Alexis Boeglin. Un avertissement qui invite les parents à la plus grande vigilance face aux nouvelles habitudes financières de leurs enfants.
