PARIS : Jonathan DENIS : « Il est temps que nos élus aient…
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PARIS : Jonathan DENIS : « Il est temps que nos élus aient le courage d’agir »
Face à l’obstruction parlementaire, l’ADMD somme les élus de garantir l’adoption définitive du droit à l’aide à mourir avant l’été 2026.
L’heure est grave pour les partisans du droit à mourir dans la dignité. Alors que l’examen en seconde lecture des propositions de loi relatives à la fin de vie a débuté hier, lundi 16 février 2026, à l’Assemblée nationale, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) tire la sonnette d’alarme. L’association redoute que les manœuvres politiques et le calendrier parlementaire ne viennent enterrer l’une des réformes sociétales les plus attendues par les Français.
Une stratégie d’obstruction assumée.
Le retour des textes dans l’hémicycle ne se fait pas sous les meilleurs auspices pour les défenseurs de l’aide à mourir. L’ADMD pointe du doigt une véritable « stratégie de l’échec » orchestrée, selon elle, par les forces conservatrices du Parlement. Le constat chiffré est éloquent : plus de 2 000 amendements ont été déposés sur le seul texte relatif au droit à l’aide à mourir. Pour l’association, cette avalanche d’amendements ne vise pas à enrichir le débat, mais relève d’une obstruction délibérée de la part des opposants. L’objectif semble clair : ralentir les discussions jusqu’à l’asphyxie, alors que le temps législatif est désormais compté.
La menace d’une dissociation des textes.
Au-delà de l’obstruction technique, c’est une manœuvre politique de plus grande ampleur qui inquiète l’ADMD. L’association craint que la stratégie de dissociation des deux textes – celui sur les soins palliatifs et celui sur l’aide à mourir – prônée par François Bayrou, ne finisse par s’imposer. Ces craintes ont été renforcées par la tenue d’une réunion au sommet, ce lundi 16 février, au Sénat. Cette rencontre, qui a rassemblé le ministre des Armées Sébastien Lecornu, le président du Sénat Gérard Larcher et plusieurs présidents de groupe, aurait, selon les informations relayées par l’ADMD, envisagé un scénario pessimiste pour les partisans de l’aide active à mourir : le retour, au mois d’avril, de la seule proposition de loi relative aux soins palliatifs, laissant de côté le volet sur l’aide à mourir.
Un appel à la responsabilité des élus.
Face à ce risque d’enlisement, Jonathan Denis, président de l’ADMD, interpelle directement les parlementaires et l’exécutif. Il refuse que le débat soit confisqué par des considérations tactiques ou des pressions extérieures.
« Il est désormais de la responsabilité pleine et entière de tous les parlementaires, ainsi que du Premier ministre, de permettre l’aboutissement de ce texte. En laissant perdurer les blocages et les manœuvres dilatoires, ils permettent de facto à des autorités religieuses et à une minorité de médecins paternalistes d’imposer leur vision à l’ensemble de la société, prolongeant ainsi un pouvoir sur nos corps et nos souffrances », a déclaré Jonathan Denis, président de l’ADMD.
Le président de l’association insiste sur la dimension républicaine et laïque de cette revendication, estimant que les convictions personnelles ou religieuses des uns ne doivent pas restreindre les libertés des autres. « Il est temps que nos élus aient le courage d’agir. Nul principe dans la République ne devrait nous contraindre à subir des souffrances que l’on juge insupportables au nom de convictions qui ne sont pas les nôtres », a ajouté Jonathan Denis.
L’échéance de l’été 2026.
Pour l’association, il n’est plus question de reporter cette réforme sine die. L’ADMD lance donc un appel solennel aux parlementaires ainsi qu’au Premier ministre. La demande est claire : il faut garantir l’aboutissement des deux propositions de loi – tant celle sur les soins palliatifs que celle sur l’aide à mourir – avant l’été.
L’association continue de mobiliser l’opinion publique et invite les citoyens à s’informer sur ses actions via son site internet (https://www.admd.org/).
Pour l’ADMD, l’urgence est réelle et l’attente des Français ne peut plus être ignorée face aux jeux d’appareils politiques.


