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ROUEN : Normandie Impressionniste 2026 – Le festival…

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ROUEN : Normandie Impressionniste 2026 – Le festival célèbre Claude MONET par l’art contemporain

Pour le centenaire de la mort de Claude Monet, le festival Normandie Impressionniste 2026 dévoile une programmation exclusivement contemporaine audacieuse.

C’est une révolution culturelle qui s’annonce en Normandie. Lundi 16 février 2026, l’organisation du festival Normandie Impressionniste a levé le voile sur les contours de sa prochaine édition, prévue du 29 mai au 27 septembre 2026. Alors que le monde de l’art s’apprête à commémorer les cent ans de la disparition de Claude Monet à Giverny, le festival fait le pari audacieux de ne présenter que des œuvres d’art contemporain, délaissant pour cette édition spéciale les toiles impressionnistes du 19ème siècle pour mieux interroger leur héritage.

Sous la direction de Philippe Platel, cette édition baptisée « Un possible jardin » entend faire dialoguer l’histoire et la modernité.

« Nous avons choisi d’inviter des figures de l’art contemporain à porter un regard d’aujourd’hui sur ce que Monet a légué », explique Philippe Platel, directeur général et artistique du festival.

Pour lui, le lien est évident : c’est bien le maître de Giverny qui, par ses Nymphéas, a projeté la peinture vers l’abstraction.

Des stars internationales au chevet de l’impressionnisme.

Le programme s’annonce dense avec 67 projets répartis dans 43 villes normandes. Parmi les têtes d’affiche, le célèbre artiste chinois Ai Weiwei investira le MuMa au Havre. Il y présentera, pour la première fois en France, ses monumentaux « Water Lilies » réalisés en briques LEGO, un hommage pop et politique à son père, le poète Ai Qing, grand admirateur de Monet. L’artiste Cai Guo-Qiang, connu pour ses œuvres explosives, proposera deux interventions spectaculaires. La première prendra la forme d’un feu d’artifice diurne à Vernon lors du week-end d’ouverture, transformant le ciel en jardin aérien. La seconde sera une exposition de peintures réalisées à la poudre à canon, inspirées du jardin de Monet, dans le cadre prestigieux de l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

L’Asie et les femmes à l’honneur.

L’influence du japonisme sur l’impressionnisme trouve ici un écho contemporain vibrant. Outre Cai Guo-Qiang et Ai Weiwei, le festival met en lumière deux grandes artistes japonaises. À Rouen, la photographe Mika Ninagawa illuminera la façade de la cathédrale Notre-Dame avec une projection monumentale, succédant ainsi à Bob Wilson. Figure du mouvement « girlie photography », elle revisitera les variations atmosphériques chères à Monet avec une esthétique saturée de couleurs.

À Honfleur, c’est une pionnière de l’art environnemental, Fujiko Nakaya, âgée de 92 ans, qui créera une sculpture de brouillard inédite dans le parc des Personnalités. Une manière poétique de dialoguer avec l’estuaire de la Seine, là où le jeune Monet a appris à peindre la lumière.

L’écologie au cœur de la démarche artistique.

Le thème du jardin n’est pas qu’esthétique, il est aussi politique et écologique. Le festival s’appuie sur la pensée de la philosophe Donna Haraway pour explorer les relations entre l’homme et le vivant. Lionel Sabatté incarne cette approche à Vernon. L’artiste a récupéré le limon du bassin aux nymphéas de Giverny lors d’un curage pour l’utiliser comme pigment. Il s’en sert pour révéler des images sérigraphiques, créant littéralement ses œuvres avec la boue qui a nourri les fleurs de Monet. À Caen, Céleste Boursier-Mougenot installera son œuvre « Clinamen » en plein air dans le parc de la colline aux oiseaux, tandis que le duo néerlandais DRIFT fera flotter ses sculptures cinétiques dans l’église Sainte-Croix des Pelletiers à Rouen.

Un succès populaire à confirmer.

Après une édition 2024 historique qui a rassemblé 2 millions de visites, l’enjeu est de taille pour 2026. Le festival mise sur la gratuité de 29 événements et une forte présence dans l’espace public pour démocratiser l’accès à l’art contemporain.

« Normandie Impressionniste est un outil formidable et unique en France de démocratisation de la culture », rappelle la direction, soulignant que 500 000 visiteurs de la précédente édition étaient issus du milieu rural.