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PARIS : Fondapol – La religion dans les affaires, la…

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PARIS : Fondapol – La religion dans les affaires, la RSE (Responsabilité sociale de l’entreprise)

L’objet de cette note est d’analyser de manière approfondie l’une des dimensions les plus importantes de la notion de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) telle qu’elle s’est développée aux États-Unis, à savoir la dimension religieuse.

Cette dimension a été largement ignorée par la littérature consacrée à la RSE. Ce texte doit mettre en évidence l’importance des religions protestante et catholique dans le processus de construction théorique de cette notion et montrer la façon dont les principes religieux éclairent les logiques qui sous-tendent la diffusion contemporaine de la responsabilité sociale de l’entreprise en Europe comme aux États-Unis. Intimement liée à la manière dont le protestantisme et le catholicisme ont assimilé l’essor du capitalisme, la théorisation de la RSE découle, du côté protestant, de l’idée selon laquelle un contrat implicite lie l’entre- prise et la société, et du côté catholique, de la doctrine sociale de l’Église. Or, à bien comparer ces deux sources doctrinales de la RSE, il semble paradoxal que la notion se soit historiquement développée aux États-Unis et non en Europe, où elle aurait pu constituer un prolongement de la doctrine sociale de l’Église catholique.

C’est notamment cette apparente contradiction que cette note se propose de traiter. En effet, si le développement et la diffusion de la RSE au sein de l’entreprise peut laisser penser que le champ religieux a nécessairement subi une atténuation, voire une laïcisation dans le cas de l’Europe, il convient de nuancer ce propos. En effet, l’aspect religieux conserve en réalité toute sa modernité lorsqu’il rejoint la question du besoin éthique de spiritualité dans le cadre de la gestion. C’est cette quête nouvelle de spiritualité managériale qui semble répondre à une demande de régénération là où l’idéologie « actionnariale » avait pu affaiblir le sens du travail. Se pose alors la double question du remplacement des enjeux moraux par des enjeux managériaux et de l’élaboration d’une notion consensuelle et applicable. C’est donc le rôle sociétal de l’entreprise qui est questionné ici. Comment concilier performance sociale et performance financière ? Comment faire dialoguer éthique et capitalisme ? Enfin, comment faire correspondre ce nouveau code à une pratique viable ?

Aurélien Acquier,

Docteur en sciences de gestion, professeur de management stratégique à l’ESCP Europe.

Jean-Pascal Gond,

Docteur en sciences de gestion, professeur de management à HEC Montréal.

Jacques Igalens,

Professeur des universités, directeur de la Recherche à l’ESC Toulouse.

SOURCE : Fondapol – La Newsletter du 22 mai 2025.