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PARIS : Finance – La Banque de France alerte sur la d…

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PARIS : Finance – La Banque de France alerte sur la dette publique et l’exubérance de l’IA

La Banque de France confirme la résilience du système financier mais pointe les risques liés aux déficits publics persistants et aux valorisations tendues du secteur de l’intelligence artificielle.

Dans son « Rapport sur la stabilité financière – Décembre 2025 » publié ce mardi 20 janvier 2026, l’institution monétaire dresse un tableau contrasté de la situation économique. Si le système financier français demeure solide face aux chocs, l’environnement international reste marqué par une forte incertitude, notamment en raison des tensions commerciales et géopolitiques. La Banque de France souligne que la croissance française est attendue à 0,9 % pour l’année passée et devrait atteindre 1 % en 2026.

Le poids de la dette publique sous surveillance

L’un des points d’attention majeurs du rapport concerne la trajectoire budgétaire de la France. L’absence de réduction suffisante du déficit public pourrait peser lourdement sur la stabilité financière. « Le caractère dégradé de la trajectoire budgétaire continue de peser sur les conditions de financement », note le rapport. Si le marché de la dette souveraine française reste liquide et profond, l’institution prévient : en l’absence de réduction du déficit à 5 % ou moins, les facteurs de soutien dont bénéficie la signature française pourraient s’éroder. Une telle situation risquerait d’entraîner une hausse de la volatilité et une détérioration des conditions de financement non seulement pour l’État, mais aussi pour les banques et les entreprises.

L’intelligence artificielle : un risque de correction brutale

Sur les marchés financiers, l’appétit pour le risque reste fort, mais des doutes émergent quant aux niveaux de valorisation, particulièrement aux États-Unis. La performance des marchés actions a été essentiellement tirée par l’optimisme entourant l’intelligence artificielle (IA). Cette concentration extrême des capitaux sur quelques valeurs technologiques américaines expose les marchés mondiaux, et par contagion les marchés européens, à un risque de retournement brutal. « Une révision des perspectives de profitabilité des valeurs technologiques pourrait alimenter une correction brutale des marchés », avertit la Banque de France.

Le boom du crédit privé

Le rapport consacre un chapitre thématique à la recomposition du paysage du crédit. Face au retrait relatif des banques de certains segments, le marché du crédit privé (dette non cotée octroyée par des entités non bancaires) a connu une croissance rapide. Bien que ce marché reste plus modeste en Europe qu’aux États-Unis, la France se situe au deuxième rang européen. Cette classe d’actifs, souvent opaque, génère de nouvelles interconnexions avec les secteurs bancaire et assurantiel. L’institution appelle à une plus grande transparence pour mieux apprécier les vulnérabilités de ce secteur en pleine expansion.

Immobilier et ménages : une stabilisation fragile

Du côté de l’économie réelle, la situation se normalise progressivement. Le marché de l’immobilier résidentiel poursuit sa reprise à la faveur de la stabilisation des taux d’intérêt, avec une production de crédits à l’habitat qui repart à la hausse. Les risques associés restent limités grâce aux normes du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). L’immobilier commercial, quant à lui, connaît une stabilisation fragile, les volumes d’investissement repartant timidement à la hausse, notamment dans le secteur des bureaux.

Banques et assurances : des acteurs résilients

Face à ces défis, le socle financier français tient bon. Les banques françaises affichent des niveaux élevés de fonds propres et de liquidité, avec une rentabilité en progression portée par les activités de marché et la marge nette d’intérêt. Même constat pour les assureurs, qui bénéficient d’une solvabilité solide. L’année 2025 a d’ailleurs été marquée par une collecte exceptionnelle en assurance-vie, atteignant des records historiques, principalement dirigée vers les unités de compte.

Nouveaux risques technologiques et climatiques

Enfin, le rapport insiste sur la persistance de la menace cyber dans un contexte géopolitique tendu, bien que l’entrée en application du règlement DORA en janvier 2025 renforce la résilience du secteur. Sur le front des cryptoactifs, la volatilité reste de mise, et l’essor des « stablecoins » nécessite une vigilance accrue. Le risque climatique, quant à lui, continue de s’intensifier, les scénarios du réseau NGFS illustrant les impacts économiques potentiels d’événements extrêmes.

Le rapport complet est disponible via le site de la Banque de France (https://www.banque-france.fr/fr/nous-trouver/region-provence-alpes-cote-dazur). Vous pouvez également suivre l’actualité de l’institution sur LinkedIn (https://www.linkedin.com/showcase/la-banque-de-france-en-provence-alpes-cote-d-azur/).