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PARIS : Élizabeth TCHOUNGUI : « Les entreprises ont un rôle structurant à jouer dans la réduction des inégalités »
À l’approche du 8 mars, l’association Capital Filles lance un appel aux entreprises pour soutenir l’égalité des chances et l’orientation des jeunes filles.
Alors que la Journée internationale des droits des femmes se profile, la question de l’égalité professionnelle se joue bien en amont du marché du travail. C’est le message martelé ce mardi par l’association Capital Filles, qui lance officiellement sa campagne de mobilisation des entreprises partenaires pour l’année 2026. Créée en 2012 à l’initiative du groupe Orange, l’organisation s’est imposée comme un acteur majeur de l’égalité des chances, œuvrant spécifiquement auprès des jeunes filles issues des quartiers prioritaires de la ville (QPV) et des zones rurales.
Le constat dressé par l’association est sans appel : les stéréotypes de genre continuent de peser lourdement sur les choix d’orientation, créant des inégalités d’accès aux opportunités professionnelles qui se répercutent tout au long de la carrière. « L’orientation genrée et subie est une inégalité à corriger », plaide l’association, rappelant que se priver du potentiel de ces jeunes filles revient à amputer la société de talents et de créativité essentiels pour l’avenir.
Combattre les déterminismes sociaux
Pour Laurence Beldowski, Directrice générale de Capital Filles, le problème ne réside pas dans les capacités des élèves, mais bien dans les freins sociétaux. « Les inégalités d’orientation ne relèvent pas du manque de talent, mais de déterminismes sociaux et culturels persistants », analyse-t-elle. Selon la directrice, le mentorat permet d’agir directement sur ces mécanismes en redonnant le pouvoir d’agir aux principales concernées : « En agissant sur ces mécanismes, le mentorat permet aux filles de redevenir actrices de leurs choix. C’est un levier collectif, qui appelle l’engagement des entreprises ».
Le programme repose sur un dispositif éprouvé : le parrainage de lycéennes par des « marraines », femmes actives issues des entreprises partenaires. Ces bénévoles consacrent environ deux heures par mois à accompagner une filleule. Les échanges, concrets et bienveillants, portent sur la découverte des codes de l’entreprise, la construction du projet professionnel, l’aide à la rédaction de CV, ou encore la navigation sur la plateforme Parcoursup.
Un rôle structurant pour les entreprises
L’appel lancé pour 2026 vise à élargir le cercle des entreprises engagées. Élizabeth Tchoungui, Présidente de Capital Filles et Directrice exécutive RSE du Groupe Orange, insiste sur la responsabilité du monde économique : « Les entreprises ont un rôle structurant à jouer dans la réduction des inégalités d’orientation. En s’engageant aux côtés de Capital Filles, elles interviennent là où se construit l’accès aux opportunités, tout en donnant à leurs collaboratrices un cadre d’engagement utile et durable ».
Actuellement, l’association compte 52 entreprises et institutions adhérentes, parmi lesquelles des géants comme Airbus, L’Oréal, Sanofi, Louis Vuitton, la SNCF, Veolia ou encore Orange. Ce soutien permet non seulement le financement du programme mais surtout la mobilisation des collaboratrices. Pour l’année scolaire 2025-2026, l’association annonce des chiffres records avec 156 lycées partenaires répartis dans 26 académies, en France hexagonale et à La Réunion. Au total, 1 586 filleules sont accompagnées individuellement et plus de 8 200 filles ont été sensibilisées via des ateliers collectifs.
Des résultats scolaires supérieurs à la moyenne
L’efficacité de ce modèle de mentorat est corroborée par une étude d’impact menée avec le cabinet EY sur l’année scolaire 2024-2025. Les résultats démontrent une réelle plus-value pour les bénéficiaires. Ainsi, 95 % des filleules ont obtenu leur baccalauréat, dont 70 % avec une mention. Ce dernier chiffre se situe plus de 11 points au-dessus de la moyenne nationale, soulignant l’excellence des parcours accompagnés.
L’impact se poursuit dans l’enseignement supérieur : 93 % des jeunes femmes suivies poursuivent leurs études, avec une orientation marquée vers des cursus longs, notamment en licence universitaire et en classes préparatoires, filières qu’elles n’auraient souvent pas envisagées seules. Le label « 1 jeune, 1 mentor » attribué par l’État vient reconnaître cette utilité sociale.
Pour l’exercice 2026, Capital Filles invite donc toute femme active, qu’elle soit salariée, indépendante ou membre d’une organisation, à rejoindre le mouvement. Au-delà de l’expertise technique, c’est l’écoute et la capacité à donner confiance qui sont recherchées pour briser le plafond de verre dès le lycée.


