PARIS : Elisabeth ELKRIEF : « Comment renforcer les exigenc…
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PARIS : Elisabeth ELKRIEF : « Comment renforcer les exigences en orthographe sans creuser les inégalités ? »
Pour Elisabeth Elkrief (Fondation AlphaOmega), durcir l’orthographe au bac et au brevet risque de renforcer les inégalités sociales.
Alors que le gouvernement envisage de renforcer le poids de l’orthographe dans l’obtention du brevet et du baccalauréat, la Fondation AlphaOmega, par la voix de sa directrice générale Elisabeth Elkrief, tire la sonnette d’alarme. Si l’intention est louable, la mesure pourrait, selon elle, accentuer les fractures sociales au lieu de les réduire. L’orthographe, plus qu’un simple enjeu scolaire, demeure en France un puissant marqueur social.
Dans une tribune datée du 16 juin, Elisabeth Elkrief analyse la situation actuelle, fruit de décennies d’évolutions.
« Avec la massification de l’enseignement, et l’objectif d’atteindre un taux de 85% au bac dans les années 80, on a mesuré en parallèle une baisse constante du niveau d’orthographe », rappelle-t-elle.
Cette baisse a entraîné un assouplissement progressif des notations pour ne pas pénaliser les élèves. La directrice générale cite l’interpellation du sénateur Bernard Murat en 2000, qui mettait en lumière l’écart abyssal entre les épreuves d’antan et celles du début du 21ème siècle. En 1970, la dictée du brevet comptait 283 mots et cinq fautes valaient un zéro. En 2000, elle ne comptait plus que 63 mots, avec un barème beaucoup plus clément.
Un marqueur social et une baisse de niveau continue
Plusieurs facteurs expliquent ce déclin selon la fondation. Outre la complexité reconnue de la langue française, l’omniprésence des écrans joue un rôle majeur. Le temps de lecture diminue au profit des contenus vidéo, et les communications écrites, comme les SMS, cèdent la place aux messages vocaux, jugés plus directs et rapides. Face à ce constat, durcir les critères d’évaluation sans proposer un accompagnement adapté risquerait de sanctionner les élèves issus de milieux moins favorisés, pour qui l’accès à la culture de l’écrit est souvent plus limité.
« Soyons lucides, les distractions sont nombreuses, mais développer le plaisir de lire et d’écrire de manière ludique peut aussi devenir un moyen de faire reculer les écrans », souligne Elisabeth Elkrief.
Elle ajoute que la lecture favorise la concentration et diminue le stress, des compétences essentielles à la réussite scolaire et personnelle.
Cinq pistes concrètes pour inverser la tendance
Loin de se contenter d’un simple constat, la Fondation AlphaOmega propose cinq axes de travail concrets pour aider les jeunes à progresser :
- Lire et écrire quotidiennement : Mémoriser la forme des mots et les tournures de phrases par la lecture, et s’exercer à écrire régulièrement (résumés, journal intime).
- Pratiquer des dictées courtes : Des séances de 10 minutes, deux à trois fois par semaine, sont jugées plus efficaces qu’une longue dictée ponctuelle. Des outils en ligne comme Orthophore ou Twictée sont recommandés.
- Tenir un carnet d’erreurs personnelles : Cet outil permet de cibler ses propres difficultés récurrentes plutôt que de revoir des règles générales déjà maîtrisées.
- Apprendre à se relire méthodiquement : Une relecture en trois passages (accords dans le groupe nominal, accords sujet-verbe, homophones) offre une routine efficace.
- Utiliser des entraînements adaptatifs : Des plateformes comme Le Projet Voltaire (https://www.projet-voltaire.fr/) permettent un apprentissage personnalisé grâce à l’intelligence artificielle et débouchent sur le Certificat Voltaire, valorisable dans un parcours scolaire ou professionnel.
Le tissu associatif, un levier essentiel
La fondation met également en avant le rôle crucial des associations qui œuvrent sur le terrain pour redonner le goût de la lecture et de l’initiative aux jeunes. Plusieurs exemples récents illustrent cette dynamique.
L’association Coup de Pouce, en partenariat avec la chaîne Gulli, a organisé le 10 juin la cérémonie du « Prix des Premières Lectures », un concours national qui a mobilisé plus de 6200 enfants de CP pour élire leur livre préféré.
De son côté, l’association Entreprendre Pour Apprendre a tenu le 9 juin son Mini-festival national au stade Charléty à Paris, réunissant plus de 400 collégiens et lycéens venus présenter les produits de leurs « Mini-Entreprises® ».
Enfin, le 6 juin dernier, les jeunes de la Mission locale de Paris ont présenté le spectacle « Que jeunesse se raconte » au Théâtre de la Concorde. Cette création, qui mêle éloquence, stand-up et slam, sera présentée cet été au Festival d’Avignon, offrant une tribune exceptionnelle à ces jeunes talents. Pour Elisabeth Elkrief, ces initiatives prouvent qu’il est possible de mobiliser la jeunesse en donnant du sens aux apprentissages et en valorisant leurs compétences.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

