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PARIS : Droits voisins – DVP affiche une collecte record mais alerte sur la fragilité de la presse

La Société des Droits Voisins de la Presse (DVP) annonce une collecte record mais s’inquiète de la dégradation économique croissante du secteur.

La Société des Droits Voisins de la Presse (DVP) a dévoilé ce vendredi 17 avril 2026 les résultats de son exercice 2025, dressant un tableau contrasté pour l’écosystème médiatique français. Si la montée en puissance de la collecte des droits voisins confirme l’efficacité du modèle, l’organisme de gestion collective (OGC) tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des signaux de crise qui touchent l’ensemble des acteurs de l’information.

Les chiffres financiers témoignent d’une dynamique positive et d’une structuration réussie de la filière. Pour la seule année 2025, DVP a collecté 21,4 millions d’euros, portant le total cumulé sur trois ans à 56,3 millions d’euros. Parallèlement, les sommes reversées aux éditeurs et agences de presse membres ont également atteint des niveaux significatifs, avec 33,1 millions d’euros répartis en 2025, pour un total de 43,1 millions d’euros distribués depuis la mise en place du mécanisme. Ces résultats valident la pertinence d’une réponse collective face aux géants du numérique.

Une représentativité quasi exhaustive du secteur

La force de DVP réside dans sa capacité à fédérer. L’organisme représente aujourd’hui les droits de 940 publications et de 63 agences de presse, couvrant ainsi la quasi-totalité du paysage médiatique national. Cette large représentativité conforte son rôle de pivot dans les négociations visant à valoriser les contenus d’information et à assurer une juste rémunération pour leur utilisation par les plateformes en ligne.

Après avoir conclu des accords structurants avec plusieurs acteurs majeurs du numérique ces dernières années, DVP continue d’étendre son périmètre. L’organisation annonce la signature de nouveaux contrats au premier trimestre 2026 avec les moteurs de recherche Qwant et Lilo. Les discussions se poursuivent activement avec d’autres plateformes pour garantir une application large et équitable du droit voisin.

Des signaux d’alerte sur l’équilibre économique

Malgré ces succès encourageants, DVP exprime une vive inquiétude face à la dégradation du contexte général. L’organisme constate une multiplication des difficultés et des tensions, l’obligeant à activer ou à préparer plusieurs actions en justice pour défendre les intérêts de ses membres. Le terrain contentieux devient une réalité de plus en plus présente pour faire respecter les droits des éditeurs.

Plus alarmant encore, DVP observe une « accélération plus qu’inquiétante des cessions, liquidations et plans sociaux » qui frappent indistinctement toutes les familles de presse. Cette fragilisation économique généralisée menace la pérennité de nombreux titres et, par extension, le pluralisme de l’information. Face à cette situation, DVP appelle à la « mobilisation, l’unité et la cohésion de l’écosystème » pour rééquilibrer un rapport de force qui reste précaire face à la puissance des plateformes numériques.

Le droit voisin, un outil de rééquilibrage

Créée suite à la directive européenne du 17 avril 2019 et sa transposition dans la loi française du 24 juillet 2019, DVP fonctionne comme une société civile à but non lucratif sur le modèle d’une coopérative. Sa mission principale est de négocier, collecter et répartir les rémunérations dues par les services en ligne qui réutilisent les contenus journalistiques. Cet outil est devenu essentiel pour tenter de rétablir un partage de la valeur plus juste entre les créateurs de contenus et ceux qui les diffusent.