Skip to main content

PARIS : Crise agricole – La Fondation pour la Natur…

Print Friendly, PDF & Email
Gilles Carvoyeur
1 Fév 2024

Partager :

PARIS : Crise agricole – La Fondation pour la Nature et l’Homme dénonce un détricotage opportuniste

Suite aux annonces du gouvernement, Thomas Uthayakumar, le directeur des programmes et du plaidoyer de la Fondation pour la Nature et l’Homme réagit. 

La Fondation pour la Nature et l’Homme dénonce un détricotage opportuniste des acquis environnementaux, à rebours de la nécessaire transition agroécologique et des problématiques socio-économiques des agriculteurs.

Le Premier ministre vient de réaliser un certain nombre de nouvelles annonces pour répondre à la crise agricole actuelle. Si certains éléments sont intéressants, et dans l’attente de leur mise en application concrète (refus ferme de l’accord UE-Mercosur, détermination sur les mesures-miroirs, volonté de faire respecter la loi EGAlim, augmentation du budget à l’accompagnement de l’installation-transmission), la FNH déplore fortement les reculs environnementaux en cours, à rebours de la nécessaire transition agroécologique pour être plus résilients.

Nous déplorons en particulier les reculs suivants :

  • La “mise à l’arrêt” du plan Ecophyto et de nouvelles attaques contre l’ANSES. La nécessité de réduire les pesticides n’est pas une question d’indicateur mais bien d’ambition à changer de modèle et à donner des moyens aux agriculteurs pour y parvenir. En ce sens, le gouvernement se trompe de réponse à apporter. Au motif d’éviter des “sur-transpositions”, qui restent à démontrer, il met en péril notre agriculture face aux bouleversements à venir.
  • La réduction du peu de conditionnalités environnementales existantes pour obtenir des subventions de la PAC, que ce soit sur : 

-> Le minimum de surfaces d’intérêt écologique qu’une exploitation doit comporter (alors que les jachères ne représentent en réalité moins d’1% de la surface agricole utile et sont présentes en majorité dans les grandes cultures). 

-> Le non-retournement des prairies alors que celles-ci constituent des puits de carbone et des réserves de biodiversité indispensables aux atteintes de nos objectifs environnementaux.

  • Les discussions en cours pour amoindrir encore l’ambition de la directive sur les émissions industrielles (IED) sur les élevages les plus intensifs de porcs et volailles. Pourtant, face aux importations de viande croissantes, la solution n’est pas l’industrialisation de la production mais l’adoption d’une politique alimentaire ambitieuse pour consommer “moins et mieux de viande”.
  • L’opacité sur la révision des arrêtés au niveau local entre les préfets et les agriculteurs.

Enfin, la FNH tient à insister sur le fait que souveraineté alimentaire et transition agroécologique vont de paire et que seul un partage de la valeur équitable au sein des filières agroalimentaires permettra de sortir de la crise en prenant réellement en compte la problématique du revenu des agriculteurs. Pour cela, nous avons plus que jamais besoin d’une Europe verte, ambitieuse, avec des normes exigeantes et harmonisées ainsi que des moyens pour accompagner les agriculteurs dans cette transition agroécologique ».