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PARIS : Benoît BAUME : « Fisheye se place résolument du côt…

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PARIS : Benoît BAUME : « Fisheye se place résolument du côté de la culture »

Pour ses 13 ans, Fisheye Magazine se réinvente avec une nouvelle formule qui élargit son champ éditorial à la culture de l’image.

Treize ans après sa création, le magazine de référence de la photographie contemporaine Fisheye opère une mue significative. Avec son numéro 75, disponible en kiosque, le titre inaugure une nouvelle formule pensée pour répondre aux mutations d’un monde où l’image est omniprésente et instantanée. L’ambition est claire : se rapprocher de la noblesse du livre photo et affirmer un positionnement résolument culturel face à la dilution du médium photographique dans les flux numériques.

Une refonte éditoriale et esthétique

Cette transformation se matérialise d’abord par un objet repensé, avec un papier plus dense, une maquette épurée et une couverture où le logo s’efface pour laisser toute sa place à l’œuvre. « Treize ans après sa création en 2013, Fisheye opère une deuxième mue. Si le titre connaît une croissance constante, il se réinvente aujourd’hui pour répondre à un monde en pleine mutation », explique Benoît Baume, directeur de la publication. Il précise la nouvelle ligne directrice, résumée par la baseline « La culture de l’image » : « Peu importe le support – argentique, numérique ou virtuel – nous privilégions le processus créatif et le regard d’auteurs engagés. Face à la dilution de la photographie dans un flux continu, Fisheye se place résolument du côté de la culture ».

L’intelligence artificielle au cœur de la réflexion

Le dossier central de ce numéro pose une question cruciale : « La photographie a-t-elle déjà disparu ? ». Loin de se cantonner à une vision alarmiste, la rédaction explore la manière dont l’intelligence artificielle, souvent perçue comme une menace, peut paradoxalement devenir un outil de réactivation de la mémoire et de réécriture poétique. Face à la « bouillie visuelle » générée par les algorithmes, le magazine met en lumière un puissant retour des artistes à la matière, au tangible et aux techniques anciennes. Cette réflexion sera prolongée par le nouveau festival NOÛS, organisé en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France (BnF). Du 9 au 19 avril 2026, onze artistes y interrogeront les fonds patrimoniaux de l’institution pour proposer de nouvelles formes de transmission des savoirs.

Une nouvelle structure pour décrypter l’image

Pour incarner ce renouveau, la structure du magazine a été réorganisée en cinq séquences distinctes : LE FLUX, qui couvre l’actualité des expositions ; LES PORTFOLIOS, dédiés aux séries d’auteurs ; LE DOSSIER, qui approfondit une thématique centrale ; LES ÉCRANS, qui décryptent la culture visuelle numérique ; et LA LIBRAIRIE, consacrée à l’édition photographique. « Notre volonté : garder l’accessibilité qui fait notre force, tout en approfondissant ces médiums qui fondent la culture de l’image », souligne Fabrice Laroche, rédacteur en chef. L’objectif est d’offrir une lecture plus directe, tout en donnant la parole aux artistes qui font de l’image un « étendard pour exprimer notre singularité ».

Des talents confirmés et des partenariats prestigieux

Ce numéro met à l’honneur des artistes comme Antony Cairns, Salih Basheer ou encore Laura Henno, finaliste du prestigieux prix Marcel Duchamp. Il inclut également un supplément spécial, « Recherche sans filtre », réalisé en partenariat avec Sorbonne Université. Ce projet, baptisé SUAVES (Sorbonne Université Arts visuels et Expériences scientifiques), fait dialoguer photographes et chercheurs pour révéler les coulisses de la science sous un prisme artistique et original.

Fisheye Magazine #75 (166 pages, 8,90 €) est disponible en kiosque et sur abonnement via la boutique en ligne du magazine (http://r.jigsaw.postculture.org/mk/cl/f/sh/7nVU1aA2ng7flkm6M14wCcBaTvTAu6z/Z01670x8fz5V).