PARIS : Antony DERBES : « Un appel non enregistré n’est pas…
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PARIS : Antony DERBES : « Un appel non enregistré n’est pas un oubli, c’est une faille »
Le président d’Open Lake Technology alerte sur l’illusion de la conformité des enregistrements vocaux en entreprise, une faille juridique majeure.
Dans une tribune publiée ce jour, Antony Derbes, Président d’Open Lake Technology, dénonce un paradoxe majeur et coûteux pour les entreprises des secteurs régulés : alors que tout est tracé, audité et contrôlé, les communications vocales restent un angle mort. Selon lui, considérer la téléphonie comme un simple canal opérationnel est une « erreur stratégique » et une « prise de risque majeure », car chaque appel peut engager juridiquement, exposer réglementairement ou, au contraire, protéger une organisation.
« Un appel non enregistré n’est pas un oubli. C’est une faille », martèle-t-il, pointant du doigt un enjeu de conformité largement sous-estimé dans des domaines comme la finance, l’assurance ou l’énergie.
L’illusion d’une conformité réelle
Le problème, selon Antony Derbes, n’est plus technologique. Les solutions d’enregistrement existent et sont déployées. Pourtant, la réalité est tout autre. « Dans une immense majorité d’organisations, personne n’est capable d’affirmer, preuve à l’appui, que 100 % des communications critiques sont réellement enregistrées, de bout en bout, sans interruption », explique-t-il.
La cause réside dans la complexité des infrastructures modernes, véritables chaînes composées de téléphonie hybride, d’outils collaboratifs comme Teams ou Zoom, d’API et de services cloud. Les défaillances sont souvent des « ruptures silencieuses » et invisibles : un flux qui s’interrompt après une mise à jour, un collaborateur non couvert par le système après une réorganisation, ou un enregistrement devenu inexploitable. Antony Derbes souligne que « dans 80 % des cas, ces anomalies ne sont découvertes qu’au pire moment : audit, litige, contrôle ». Autrement dit, lorsqu’il est trop tard.
Déployer n’est pas être conforme
Le président d’Open Lake Technology met en garde contre un biais courant : croire que l’installation d’une solution garantit la conformité. Il rappelle que les environnements informatiques évoluent constamment (mises à jour, changements d’infrastructure, mouvements d’équipes), rendant la conformité non pas un état de fait, mais « une démonstration continue ».
« L’absence d’alerte n’est pas une preuve de bon fonctionnement. C’est souvent la preuve que personne ne regarde au bon endroit », insiste l’expert. La seule question qui vaille pour les dirigeants devrait être : « Pouvez-vous prouver, aujourd’hui, immédiatement, que 100 % de vos communications critiques sont enregistrées, correctement, sans rupture ? ». Une question à laquelle, selon lui, très peu peuvent répondre par l’affirmative sans réserve.
Passer de la croyance à la preuve
Pour reprendre le contrôle, Antony Derbes préconise un changement de paradigme. Il ne s’agit plus de croire en la fiabilité des outils, mais de piloter activement la conformité. Cela passe par trois étapes clés : superviser la réalité technique des flux, mettre en place des systèmes pour détecter les défaillances invisibles et anticiper les risques liés à chaque transition technologique ou organisationnelle.
Il conclut en rappelant que la maîtrise des communications n’est plus un simple sujet technique, mais une question de responsabilité. « Le régulateur ne juge pas vos intentions. Il juge vos preuves », prévient-il. Dans un monde où tout est traçable, la voix est devenue un point de bascule critique du risque en entreprise.
Cette analyse est portée par Open Lake Technology (https://www.open-lake.com), une société fondée en 2018 qui a développé une suite logicielle pour aider les entreprises à forte exigence réglementaire à superviser leurs communications critiques et à automatiser leur conformité sur les systèmes de téléphonie unifiée.


