PARIS : Afghanistan – La santé des femmes, victime co…
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PARIS : Afghanistan – La santé des femmes, victime collatérale de la perte de leurs droits
La Chaîne de l’Espoir alerte sur la crise sanitaire des Afghanes, conséquence directe des restrictions drastiques de leurs droits.
En cette Journée internationale des droits des femmes, l’ONG La Chaîne de l’Espoir lance un cri d’alarme sur la situation sanitaire dramatique des femmes et des jeunes filles en Afghanistan. S’appuyant sur un rapport récent du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, l’organisation dénonce des restrictions qui non seulement bafouent le droit fondamental à la santé, mais menacent également l’avenir de tout le système médical du pays.
Un système de santé au bord de l’effondrement
Le tableau humanitaire est sombre : aujourd’hui, près de la moitié de la population afghane nécessite une aide humanitaire. Parmi eux, 14,4 millions de personnes ont des besoins de santé urgents. La malnutrition frappe durement les plus vulnérables, avec 3,7 millions d’enfants en état de malnutrition aiguë et 1,2 million de femmes enceintes affectées.
Cette crise est exacerbée par l’effondrement structurel du système de santé. Dépendant jusqu’à 75 % de l’aide internationale, celui-ci a subi des coupes budgétaires drastiques ces dernières années. La conséquence directe est la fermeture de 445 structures de santé, privant des millions de personnes d’un accès vital aux soins, en particulier dans les zones rurales.
Des restrictions qui entravent l’accès aux soins
Au-delà de la crise financière, ce sont les décrets visant spécifiquement les femmes qui aggravent la situation. L’une des mesures les plus restrictives impose aux femmes d’être accompagnées d’un tuteur masculin (`mahram`) pour accéder aux soins, y compris en cas d’urgence médicale. De nombreuses femmes se voient ainsi refuser l’entrée d’un hôpital ou d’un centre de santé faute d’accompagnateur.
Les codes vestimentaires stricts constituent une autre barrière. L’ONG rapporte que dans la province de Hérat, ces contraintes ont provoqué une baisse de 28 % des admissions hospitalières. À cela s’ajoute une contradiction tragique : les femmes doivent être examinées par des professionnelles de santé féminines, mais depuis 2024, il leur est interdit de poursuivre des études de médecine. Cette décision compromet gravement le renouvellement du personnel soignant féminin, créant une pénurie qui s’annonce catastrophique à long terme.
Des conséquences dévastatrices pour les femmes et les enfants
Ces barrières à l’accès aux soins ont des effets directs et mesurables. Les diagnostics sont retardés, les traitements interrompus et l’accès à la contraception est en chute libre, ce qui entraîne une augmentation des grossesses non désirées et à haut risque. Le phénomène des mariages précoces et des grossesses adolescentes est également en hausse, aggravant les risques sanitaires pour les mères et les nouveau-nés. Enfin, la crise humanitaire et la perte de libertés fondamentales provoquent une détresse psychologique immense chez de nombreuses femmes et jeunes filles.
La Chaîne de l’Espoir en première ligne
Face à ce contexte, La Chaîne de l’Espoir maintient et renforce son action sur le terrain. L’ONG, fondée en 1994 et présente dans 26 pays, a pour mission de renforcer les systèmes de santé pour offrir à tous les mêmes chances de survie. En 2025, ses équipes ont pris en charge 2 760 femmes et enfants en Afghanistan.
L’association concentre ses efforts sur la santé maternelle en soutenant quatre centres de santé publics ouverts 24h/24. Les chiffres de 2025 témoignent de l’impact de cette action : 3 859 consultations prénatales, 1 433 consultations postnatales, 42 césariennes et 8 039 échographies pour la détection précoce de complications. La formation reste une priorité : la même année, 78 professionnels de santé afghans, femmes et hommes, ont été formés lors de huit missions médicales.
L’organisation alerte cependant que sans un soutien international durable et la levée de l’interdiction de formation pour les femmes, le pays risque de perdre une génération entière de professionnelles de santé, condamnant des millions de femmes et d’enfants.
Pour en savoir plus sur les actions de l’ONG : www.chainedelespoir.org.
Film de présentation : https://www.youtube.com/watch?v=9dmlWoOSrvE&t=49s


